Q

Pour ce 87ème Track-by-track, un sommet de hard-rock, j'ai nommé In Rock, sorti en 1970 sous une très emblématique et un peu prétentieuse pochette (disons qu'elle est mégalomaniaque... elle est superbe, aussi), et premier vrai album de hard-rock de Deep Purple après quelques disques assez chelous et psychédéliques. C'est le premier album de la Mark II (MkII) du groupe, le line-up historique qui tiendra jusqu'à 1973 : Ian Gillan au chant, Ritchie Blackmore à la guitare, Roger Glover à la basse, Jon Lord aux claviers, Ian Paice à la batterie. L'album est fantastique, seulement 7 titres (ce qui sera aussi le cas des deux autres albums du groupe, plus le double live, 7 morceaux aussi...ils étaient abonnés à ce nombre ?), mais rien à jeter. Ce disque, le voili-le voilou :

Speed King : Intro assez étrange, d'abord violente (gros son qui explose dans les oreilles), puis plus apaisée, avec l'orgue de Lord, qui joue presque un air classique (Lord est 'responsable' du Concerto For Group And Orchestra de 1969, enregistré live au Royal Albert Hall avec un orchestre classique, et dont le bide sera tel qu'il mettra le groupe quasiment en faillite... In Rock a permis au groupe de se refaire une santé). Puis, le riff déboule, Gillan aussi, et la chanson démarre (cette intro ne se trouvait pas sur certaines éditions de l'époque, tout dépend des pays, la précision est donnée dans le livret CD de la meilleure réédition, celle de l'"anniversaire" avec les autographes sur le boîtier). Et là, que dire ? C'est surpuissant, violent, agressif et sans aucun répit. Speed King est juste grandiose ! Je sais, j'en parle mal, mais, je me répète, que dire ici ? Il suffit d'écouter, tout simplement.

Bloodsucker : A particularly nasty sort of fellow, there are lots of us... Telle est la manière dont le groupe décrit cette chanson dans l'intérieur de la pochette vinyle (une petite phrase pour définir chaque chanson). Bloodsucker n'est pas la meilleure de l'album, ni la plus connue, elle se fait bouffer un peu par sa place ingrate sur le disque (coincée entre deux joyaux), mais elle est cependant fantastique, avec son riff bien rond et efficace, son chant agressif, son refrain instrumental remarquable, son superbe solo de guitare... Bref, pas un classique, mais elle le mériterait, vraiment ! J'adore !

Child In Time : Sommet absolu de l'album, et chanson la plus longue aussi (10 minutes), Child In Time permet à Ian Gillan de briller comme jamais, performance vocale incroyable, qui monte très très haut dans les aigus dans les refrains (et en live, sur le Made In Japan, version plus longue de 2 minutes et encore plus belle !). Ambiance un petit peu orientalisante au départ (la partition d'orgue de Jon Lord est très asiatique), chanson pas spécialement rapide au départ, mais ça s'emballe dans son centre, avec une section instrumentale juste imparable (Blackmore, Glover, Paice, quels tueurs dans leurs domaines !). A l'arrivée, un morceau monstrueux.

Flight Of The Rat : La face B s'ouvrait en fanfare avec le riff galopant de Flight Of The Rat, morceau imparable et assez long, un des meilleurs de l'album. Tout est parfait ici, encore une fois, de la guitare à la batterie en passant par la basse, les claviers, le chant... Les paroles sont assez connes, mais sympathiques. Le genre de morceau pour lequel il n'y à pas grand chose à dire : il suffit de l'écouter, et généralement, l'évidence se fait pour l'auditeur : ce morceau, c'est de la bonne grosse bombasse atomique renvoyant celles d'Hiroshima et de Nagasaki au pâquerettes !

Into The Fire : Chanson assez explosive, d'apparence assez trompeuse : pas un classique, ni un tube, peu connue sauf des fans du Pourpre, Into The Fire a tout d'une petite, mais est, en fait, franchement bien foutue. Certes, c'est peu original, c'est pas grandiose non plus (ce n'est pas mauvais, hein, juste très bon), incomparable avec Speed King ou Flight Of The Rat. Mais dans son genre, c'est du très bon, surtout le riff et le chant de Gillan !

Living Wreck : Riff tueur, chant parfait, Living Wreck est une réussite de plus pour le groupe. Même si la chanson est aussi peu connue (sauf des fans et de ceux possédant le disque) que la précédente ou que Bloodsucker. Mais elle est, comme elles, très réussie, pas trop bourrine (mais pas gentillette non plus !), et assurant totalement. On ne s'emmerde pas pendant l'écoute de cette chanson pas originale, mais follement attachante et efficace !

Hard Lovin' Man : Plus de 7 minutes infernales, dernière cavalcade pour les Purples, une chanson aussi galopante que son riff (oui, 'galopant' est un terme qui convient à merveille pour décrire ce son de guitare, chapeau Blackmore). Honnêtement, pas ma préférée de l'album, mais c'est tout relatif. J'adore tous les titres de In Rock et mon préféré, je l'ai dit plus haut, est Child In Time. Mais Hard Lovin' Man, put..., c'est juste puissant ! Entre la rythmique incessante, les multiples breaks, le chant surpuissant de Gillan (dans le livret, il y à une photocopie d'un article de journal anglais où un lecteur posait à Gillan la question suivante : "comment faisez-vous pour chanter si haut ?" Et Gillan répond que c'est sans doute parce qu'il porte des jeans très très serrés à l'entrejambe ! Humour !)...bref, entre tout ça et bien d'autres choses, rien à dire sur ce morceau. Sublime.

Leir producteur ayant prétexté que, si l'album était excellent, il ne possédait pas de tube, le groupe s'enfilera une autre séance d'enregistrement en studio et accouchera, facilement, d'une chanson, Black Night, qui sortira en single et se trouve sur les rééditions CD de l'album (mais elle ne fait pas partie de l'album), une chanson puisée dans plusieurs autres chansons, d'ailleurs. Sinon, ce In Rock est tout simplement fantastique, rempli de classiques, aucune mauvaise chanson... Bref, un monstre du hard-rock !