Z21

Pour ce nouveau Track-by-track, un disque qui me tient à coeur, vraiment, et ce, depuis, oh, allez, on va dire 15 ans environ. J'ai nommé Animal Magnetism, des Scorpions, album sorti en 1980, produit par leur fidèle Dieter Dierks, et pour moi un des sommets absolus de ce groupe de hard-rock allemand (tendance rock psychédélique aux débuts, puis hard, puis hard-FM et heavy metal). Line-up historique (Klaus Meine - chant, Matthias Jabbs et Rudolf Schenker - guitares, Hermann Rarebell - batterie et Francis Buchholz - basse) pour ce disque puissant et métallique, sorti sous une pochette très sexy, osée, scabreuse, provocatrice et machiste (et drôle, aussi, rien que par la présence du chien). Ce disque, le voici :

Make It Real : Un tube pour commencer, et sans doute le seul tube de l'album en fait (Animal Magnetism contient des classiques, mais vraiment une seule chanson pour laquelle on peut parler de tube). Chanson entêtante, refrain fédérateur, bridge parfait, chant posé et énergique, riff efficace, rythmique très réussie, le seul point faible vient, mais ça concerne tout le disque, de sa production, pas mauvaise, mais ayant vieilli (hey, l'album date de 1980, quand même, il a donc 31 ans !). Mis à part le son un peu plat, rien à dire sur Make It Real, la chanson est sans doute un petit peu entêtante, mais en même temps, c'est son but. Mélodie immédiatement retenable, en tête. Dans l'ensemble, bourrin et efficace !

Don't Make No Promises (Your Body Can't Keep) : Bourrin à outrance, certes, mais une chanson très efficace ! Courte (un peu moins de 3 minutes), elle permet à Klaus Meine (lequel commençait à souffrir de polypes de la gorge, il fut opéré, et pendant quelques mois, sera stressé de savoir s'il pourra rechanter à nouveau ou pas, la réponse sera heureusement positive) de briller, avec une voix très aigue, bien qu'un peu rauque. Chanson simpliste, refrain très con (Whoaaaaah nooo, don't make no promises/Whoaaaaaah nooo, your body can't keep), très speedée et sympathique ! 

Hold Me Tight : Plus lente et lourde que les précédentes, Hold Me Tight offre un riff assez sombre en intro et une performance vocale assez saccadée et énorme de la part de Meine. Sa voix sur les refrains est imparable, il monte, ici, très haut dans les aigus. S'il souffrait de polypes, çe ne l'empêchait pas de bien chanter, même s'il chantera encore mieux sur l'album suivant, Blackout (1982). Excellentissime petite chanson, une de mes préférées de l'album, pour tout dire.

Twentieth Century Man : Remarquable riff en intro, chant parfait de Klaus, refrain assez fédérateur, le genre de refrain à chanter en choeur dans les stades, assez répétitif dans sa mélodie mais très sympathique. Twentieth Century Man ne prépare pas à la chanson suivante, qui est sublime, mais ne dépare pas dans l'ensemble de l'album. C'est une de mes préférées, avec un excellent solo de guitare !

Lady Starlight : Chanson la plus longue (un petit peu plus de 6 minutes), et le slow de l'album par la même occasion. Lady Starlight, qui se finit sur un solo de guitare (de Schenker, du moins il me semble), est une sorte de Still Loving You avec quatre ans d'avance. C'est le même principe, un slow de hard-rock, un peu dégoulinant, mais tout de même fantastique et mélodiquement magnifique. Allez, je peux même le dire, je préfère cette chanson, une de mes préférées de l'album, à Still Loving You !

Falling In Love : La face B s'ouvrait sur une petite pépite, assez méconnue, pas grandiose, mais on ne peut plus sympathique, ce Falling In Love s'ouvrant sur un riff assez trépidant et possédant un refrain on ne peut plus remarquable et jubilatoire (attention, ça reste du hard-rock pur et dur, bourrin). La chanson n'est pas le sommet de l'album, ni de la face B, mais franchement, c'est très très bien foutu !

Only A Man : La chanson la moins époustouflante de l'album selon moi, en tout cas, celle qui me branche le moins, mais son refrain est quand même excellentissime, malgré des paroles très prévisibles (on n'écoute pas Scorpions pour leurs textes, pareil que pour Kiss, AC/DC ou Motörhead). Début de chanson assez étrange, Klaus Meine chante d'une voix plus rauque et basse, un peu menaçante, mais ça change vite. Only A Man est une chanson un peu machiste, assez sympa, mais mineure.

The Zoo : Mon morceau préféré de l'album, ça l'a toujours été, de la première écoute (album emprunté à une médiathèque, j'avais dans les 13 ans environ...souvenirs...) à maintenant. Que dire au sujet de The Zoo, chanson qui raconte les souvenirs du groupe au cours d'un passage dans New York, après un concert ? Cette chanson est une des plus emblématiques des Scorp's, ils l'ont souvent jouée live, quasiment à chaque concert, en fait, c'est vous dire si elle fait partie de la légende du groupe teuton. Riff de la mort en intro, rythmique martiale, chant distancié, refrain fédérateur, final en wah-wah inoubliable, durée (5,30 minutes) parfaite... Grandiose !! Aucun autre terme ne convient !

Animal Magnetism : Indéniablement, Animal Magnetism (6 minutes ahurissantes), est un rappel de la première période du groupe, laquelle était très psychédélique (Lonesome Crow, Fly To The Rainbow). Démarrant lentement, le morceau commence par un riff assez sombre et lent, space, et se poursuit dans une ambiance à la Hawkwind, chant étrange de Meine, mélodie hypnotique, lysergique... On se sent planer, même si l'ambiance du morceau, malgré des paroles assez sexuelles, est peu joyeuse (elle est un petit peu inquiétante). En tant que final de l'album qui lui doit son nom, cette chanson est incroyable et très originale. J'ai mis du temps à l'aimer, autrefois, car elle détonne vraiment, mais c'est un des sommets de l'album. Franchement bluffant.

Dans l'ensemble, ce disque est franchement excellent, même si je sais que je ne suis pas très objectif, l'adorant totalement (il est ancré en moi depuis pas mal d'années, je n'ai même plus besoin de l'écouter, en fait, tellement je le connais par coeur) ! Animal Magnetism fait suite à un Lovedrive fantastique, lequel faisait suite à deux remarquables albums (Virgin Killer, Taken By Force, avec l'ancien guitariste Ulrich 'Uli' Roth), et il sera suivi d'un Blackout fantastique. La période 1976/1984 du groupe est indéniablement la meilleure, celle des tubes (surtout 1978/1984), et cet album est mon préféré du groupe, clairement, définitivement !