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Pour ce nouveau Track-by-track, un album d'AC/DC, groupe qui n'avait pas encore été abordé dans la catégorie. Et pas n'importe quel album, hein, mais rien de moins que le meilleur album de la première période (Bon Scott au chant) du groupe, j'ai nommé Powerage, sorti en 1978. Un des albums préférés de Keith Richards des Stones, et, il me semble, l'album du groupe que Bon Scott disait préférer (il aura le temps, encore, d'en faire un, Highway To Hell en 1979, plus le live If You Want Blood...You've Got It de 1978, avant de mourir connement à l'arrière d'une voiture, en pleine hiver, à Londres, d'une cuite mortelle en février 1980). Sous sa pochette rigolote montrant Angus se mettre au courant (humour), Powerage est le dernier album d'AC/DC à ne pas utiliser le fameux logo (la première fois du logo, ce fut pour Let There Be Rock, en 1977). C'est le premier album avec le bassiste Cliff Williams, qui ne partira dès lors plus (le line-up, ici, mis à part pour le décès de Bon, ne bougera pas jusqu'à 1983, et est le même de nos jours, avec Brian Johnson à la place de Bon depuis 1980).

Rock'n'Roll Damnation : Un des classiques du groupe, indéniablement, qui s'ouvre sur un riff parfait. Certaines des éditions européennes de l'album, en vinyle, ne proposaient pas cette chanson (mais, en revanche, offraient Cold Hearted Man, chanson absente de l'édition australienne initiale, édition également sortie aux USA et, depuis, utilisée pour le CD international). C'est simple, bourrin, efficace, pas original, mais franchement jouissif. Bon Scott en état de grâce, enfin, quasiment, car il chante magnifiquement bien, dans son registre, sur tout le disque, alors...

Down Payment Blues : Chanson la plus longue de l'album (6,15 minutes) et également la meilleure. Down Payment Blues est parfaite : riff parfait en intro, bien sanguinaire et violent, qui est répété, en mode plus sobre (et un peu oppressant), avant d'exploser carrément dès l'arrivée de la rythmique (basse/batterie). tata-tata-tata-tataaa, tata-tata-tata-tataaa... La voix de Bon déboule, et le morceau s'installe, durablement, dans la tête de l'auditeur. I got myself a Cadillac/But I can't afford the gasoline/I got holes in my shoes/And I'm way overdue/Down payment blues. On y parle d'endettement, avec tout ce qu'il faut d'humour et de causticité pour ne pas déprimer l'auditeur. Où comment faire tripper avec la misère ! Une chanson bluesy et heavy en même temps, un des sommets du groupe.

Gimme A Bullet : Plus sobre et banal que le précédent titre, mais tout de même très très efficace et sympathique, ce Gimme A Bullet, sur lequel, sur la version européenne, ne se trouvaient pas les choeurs dans le refrain (choeurs de Malcolm Young et Cliff Williams). Gimme a bullet to bite on/Something to chew/Gimme a bullet to bite on/And I'll make believe, I'll make believe it's you. Une chanson classique, dans le plus pur style AC/DC, pas follement original, pas trop longue aussi, un peu décevante car placée entre deux monstres, mais tout de même excellente !

Riff Raff : Chanson préférée (du moins, une des chansons préférées) de Slash, des Guns'n'Roses et Velvet Revolver. Riff Raff mérite bien son titre, car son riff (raff... ah ah ah !) est démentiel. En live, voir If You Want Blood...You've Got It, c'est encore plus démentiel ! Bon, les paroles sont co-connes, hein, mais on n'écoute pas AC/DC pour le plaisir d'avoir des paroles chiadées sur des problèmes sociaux ou des oeuvres littéraires adaptées en chanson. Ici, c'est du lourd, du bourrin pur et dur, du hard-rock teigneux de lad en furie, qui nous offre un grand moment d'intensité rock. Angus Young au sommet, Bon Scott aussi, et quelle rythmique ! Bref, immense. La face A se finit avec élégance....

Sin City : ...Et la face B s'ouvre, aussi, avec élégance, avec ce Sin City (Las Vegas ? En tout cas, pas le Sin City des comic-books de Frank Miller, car ils n'existaient pas encore) démentiel, intro diabolique, riff teigneux, chant parfait, durée idéale, et des paroles aussi efficaces que possible.I'm gonna land to Sin City. Une des meilleures chansons de l'album, mais aussi d'AC/DC, indéniablement, une chanson puissante, furieuse, jouissive, jubilatoire, et si vous trouvez d'autres superlatifs de ce genre, continuez, je vous en prie ! Immense !

What's Next To The Moon : Chanson préférée d'Angus Young (c'est lui-même qui l'a dit, il y à longtemps, enfin, une dizaine d'années au moins), What's Next To The Moon permet de l'entendre un tout petit peu chanter, au cours d'un des couplets (en choeurs avec son frangin), le dernier couplet, si je ne m'abuse. It's your love that I want/It's your love that I need... et ce riff, aussi efficace que simple, classique, du pur AC/DC, mais en mode un peu bluesy, comme Down Payment Blues. Seul défaut de la chanson, elle est courte, moins de 4 minutes, mais bon...on fait avec !

Gone Shootin' : Bluesy, sobre, élégant, racé, calme, comme Ride On sur Dirty Deeds Done Dirt Cheap (en plus énergique quand même). C'est plus du rock pur que du hard-rock, en fait, et c'est totalement réussi. Gone Shootin', de plus, s'étend bien sur sa durée, qui est assez longue, plus de 5 minutes, et, croyez-moi, ce n'est pas trop long, bien au contraire ! Avec Down Payment Blues et Sin City, c'est la meilleure performance vocale de Bon sur Powerage, une chanson un peu à part sur le disque, mais une des toutes meilleures !

Up To My Neck In You : Excellente chanson, bien bourrine et nerveuse, interprétée à la perfection. Après deux chansons aussi bluesy et 'lentes' que What's Next To The Moon et surtout Gone Shootin', ça fait du bien (même si ces deux chansons sont immenses) de revenir à des sonorités plus heavy et violentes. Là, c'est du AC/DC au haut niveau, et même si la chanson n'est pas aussi quintessentielle que, par exemple, Riff Raff ou Rock'n'Roll Damnation, c'est quand même excellent !

Kicked In The Teeth : C'est probablement la chanson qui me plaît le moins sur Powerage, mais elle n'en demeure pas moins à la hauteur de son titre ('frappé dans les dents'), autrement dit, bourrine, efficace, nerveuse, bien heavy. Le chant de Bon Scott est, comme toujours, parfait, et les frangins Young sont en forme. Bref, si c'est loin d'être original, si c'est aussi loin d'être la meilleure de l'album et du groupe, Kicked In The Teeth est pas mal du tout. C'est juste que, comparée aux précédentes, je l'aime moins, voilà !

Dans l'ensemble, du long de ses presque 40 minutes, Powerage (quel titre efficace !) est un monstre de hard-rock. Parfois contesté par certains fans, le disque étant un peu controversé, l'album est vraiment le sommet de la première période du groupe, meilleur que le très culte mais un peu inégal Highway To Hell, dont l'aura est cependant vraiment puissante (à cause du fait que c'est le dernier avec Bon). Après, Back In Black, de 1980, premier album avec Brian Johnson, est supérieur à tous les autres disques studio d'AC/DC, mais Powerage vient en deuxième selon moi. Un disque ultra-puissant, donc, rempli de grandes chansons, et très très bien produit !