Z11

Pour ce nouveau Track-by-track, un live, double à sa sortie, en toujours en CD (surtout qu'une édition collector offrant 6 bonus-tracks et un son amélioré existe depuis quelques années), album qui fut pendant longtemps le seul album live officiel de Led Zeppelin : The Song Remains The Same. Par ailleurs, ce live est aussi la musique du film du même nom, datant de 1976 (comme l'album, même si le concert dessus est un live de 1973, au Madison Square Garden de New York), film montrant le groupe en live, au court de ce concert de 1973, et agrémenté de séquences psychédéliques mettant en scène les différents membres du groupe. Un film culte, que j'adore, malgré ses défauts. Mais revenons au live, que j'adore aussi, et ce, malgré, également, des défauts ! A noter que c'est la version initiale (sans les bonus-tracks) que j'aborde ici :

CD 1 :

Rock And Roll : D'emblée, ce qui frappe (sauf si vous écoutez la version remastérisée collector avec bonus-tracks), c'est le son. A l'époque, il était correct, mais depuis, il a vieilli, et c'est peu de le dire. Ce n'est pas une prise de son pourrie à la Earthbound (King Crimson) ou Genesis Live (Genesis), ou Between Nothingness And Eternity (Mahavishnu Orchestra), mais bon, il y à mieux, même à l'époque ! Sinon, ce live commence assez bien, la version ici présente de Rock And Roll est efficace, même si Robert Plant, curieusement, ne la chante pas d'une vois aussi élevée que sur d'autres interprétations live (ou que la version studio de 1971). Oui, Plant ne la chante pas aussi bien que d'ordinaire (premier morceau du concert, et Plant ne s'était pas vraiment échauffé, sans doute). Mais dans l'ensemble, cette version pas trop longue (4 minutes) est correcte !

Celebration Day : Là aussi, chanson pas trop longue (moins de 4 minutes), ce qui va rapidement changer. Celebration Day, originellement issue du troisième album (1970), est ici dans une très bonne interprétation, bien efficace. Plant chante, déjà, mieux, et dans l'ensemble, c'est une version d'un très très bon niveau, même meilleure que l'originale studio (enfin, en tout cas, d'un niveau égal). Bref, dans l'ensemble, excellent, comme l'ensemble du live.

The Song Remains The Same : Ca semblait évident qu'un album live du nom de The Song Remains The Same contienne la fameuse chanson du même nom, issue de Houses Of The Holy, à l'époque de l'enregistrement de ce live le dernier album du groupe (mais au moment de la sortie du live, Physical Graffiti et Presence étaient sortis). Longue de 6 minutes, soit pas grand chose de plus par rapport à la version studio, cette interprétation live est excellente, avec un petit speech de Plant en intro, disant bonsoir au public et présentant la chanson. Un des meilleurs moments du live, indissociable, comme pour Houses Of The Holy, du morceau suivant. L'enchaînement des deux est d'ailleurs sublimissime, enfin, je trouve.

The Rain Song : 7,30 minutes dans sa version studio, une minute de plus (environ) dans sa version live, qui est encore plus belle que la studio. The Rain Song (créditée sans le 'The' sur la pochette) est un moment de douceur, de fraîcheur, de mélancolie magnifique, sublime, un des plus grands moments du double live. Et puis, comme je l'ai dit plus haut, l'enchaînement entre le précédent titre et celui-ci (qui, sur Houses Of The Holy, se suivent déjà dans l'ordre des morceaux) est magistral, vocalise de Plant, qui montre très haut, s'évapore, et se fond dans l'intro de The Rain Song... Grandiose. Et durant ce passage, dans le film, on voit Plant en Viking débarquant sur une plage, entre autres...

Dazed And Confused : Mon Dieu que c'est long. 27 minutes en tout, toute la face B (on s'en serait douté, en même temps, qu'il n'y aait que ce titre, sur la face B, vu la longueur). Déjà qu'à la base, Dazed And Confused n'est pas une de mes préférées de Led Zeppelin (mais c'est une chanson que je trouve très réussie, cependant), inutile de dire, donc, que je trouve que 27 minutes, c'est TROP. Mais le groupe a toujours déliré sur cette chanson, entre longs passages harmoniques expérimentaux avec le fameux archet, vocalises de Plant, duel guitare/voix, reprises diverses placées dans un petit medley, et chanson en elle-même, bien entendu. Il y à de bons passages (le passage San Francisco, le passage de l'archet), mais dans l'ensemble, c'est trop long, TROP long, trop LONG, TROP LONG. Le pire : sur la version remastérisée avec bonus-tracks, deux minutes ont été rajoutées, faisant, donc, passer ce morceau de 27 à 29 minutes, aargh... Marrant, en revanche, que la version live de How The West Was Won, bien que d'une durée de 25 minutes et également trop longue, soit nettement meilleure, et passe bien mieux l'écoute que celle de The Song Remains The Same !

CD 2 :

No Quarter  : 12 minutes au Paradis. Presque deux fois plus longue que la version studio, cette interprétation de No Quarter ouvre à merveille le deuxième disque. Grande place, ici, pour le moog de John Paul Jones (normal, Jones, aussi bassiste, a des crédits d'auteur importants sur cette chanson - dans le film, il apparaît, durant cette chanson, en chevalier étrange, ambiance gothique), qui livre des ambiances sépulcrales, oppressantes et remarquables, tout du long. Un des plus grands moments de toute la carrière de Led Zeppelin, et un des meilleurs moments du live, évidemment. Rien à jeter ici.

Stairway To Heaven : Ma chanson préférée de Led Zeppelin, et du live (même si No Quarter et The Rain Song se battent en duel contre Stairway To Heaven pour la place de meilleur moment du live). Quasiment 11 minutes sublimes, même si je préfèrerai toujours la version studio de cette chanson à n'importe laquelle des versions live existant. N'empêche, malgré des ah, you know, ah, wait a minute, ah, I guess so et autres interventions vocales inutiles de Plant, malgré ça, donc, cette version live est sublime. Et c'est tout ce que j'ai à dire à ce sujet, car face à cette chanson, que dire d'autre ? Si ce n'est que dans le film, pendant ce passage, on voit Page en ermite, un peu comme celui de la pochette interne du quatrième album...

Moby Dick : Qui dit Moby Dick ne dit pas uniquement 'le roman de Herman Melville' ou 'le film de Huston avec Gregory Peck, basé sur ce roman de Melville'. Pour un fan de rock, Moby Dick, c'est un instrumental de Led Zeppelin présent sur leur deuxième album, et constitué d'un riff bien teigneux de Page et, surtout, d'un solo de batterie frappant de Bonham, qui joue avec ses poings, sans baguettes, pendant un passage quasiment obligé du morceau. Cette version live dure quasiment 13 minutes, elle ouvrait la face D, et si ce n'est pas la version la plus longue du morceau en live (sur How The West Was Won, elle dure 19 minutes, et il paraît que, parfois, le groupe tenait une demi-heure !), ce n'est franchement pas la meilleure. Et puis, il faut aimer les soli de batterie, parce que là, c'est ran, plan, plaf, plan kling, pan, plaf, paf, plan, rapataplan, skling, plan, pendant un long, interminable moment. Bonham, OK, était un immense batteur, mais quand même, on est contents d'entendre le rappel du groupe en final du morceau ! Au fait, pendant ce passage, dans le film, on voit Bonham essayer un bolide de course...

Whole Lotta Love : Quasiment 15 minutes achevant l'album, une version correcte mais parfois impersonnelle de Whole Lotta Love, classique absolu du groupe issu du même album que Moby Dick (Led Zeppelin II, 1969), et ici, comme souvent, agrémenté de reprises bluesy. Un petit medley, en somme, assez correctement foutu, mais ce n'est pas, loin s'en faut, le meilleur morceau de ce double live ! En fait, après les 13 minutes (environ...un petit peu moins, en fait) de Moby Dick, inutile de dire que l'auditeur, qui vient aussi de s'enquiller l'intégralité du CD 1 et le reste, ensuite, du CD 2, est quelque peu fatigué (le double live fait quand même 1h40 en tout, pour 9 morceaux). Bref, ce morceau final, parfois, n'est pas écouté avec autant d'attention qu'il le mériterait. Mais, en même temps, ce n'est pas la meilleure interprétation live de ce morceau (là aussi, sur How The West Was Won, bien qu'elle dure 8 minutes de plus - soit 23 minutes -, la version est meilleure).

 Au final, The Song Remains The Same est un très bon live, certes miné par des défauts assez imposants (version épouvantablement longue pour Dazed And Confused, un solo de batterie interminable sur Moby Dick, une prise de son qui a vieilli, et le groupe lui-même n'était pas en super grande forme selon Jimmy Page, qui estimera l'album et le film comme représentatifs d'une "honnête prestation médiocre"), mais tout de même offrant de superbes passages. Dans l'ensemble, c'est dommage que les fans du groupe n'aient eu, pendant des années, que ce live à se coller entre les dents, pour se satisfaire (si on excepte les bootlegs que certains parvenaient à se procurer, évidemment - je parle ici d'albums officiels live, et cet album sera pendant longtemps le seul officiel du groupe). Sinon, honnêtement, il reste très très correct, et je l'ai toujours adoré !