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Pour ce nouveau Track-by-track, mon album préféré des Beatles, et le premier de ce groupe mythique dans cette catégorie (il y en aura d'autres) : Magical Mystery Tour, sorti en 1967, musique du TVfilm du même nom. Un TVfilm totalement psychédélique, qui sera un bide (le premier du groupe), mais l'album, lui, se vendra bien. C'est l'album le plus psychédélique des Beatles, et leur dernier album de ce genre musical. Il sortira en Angleterre sous la forme d'un mini-album de 6 titres, double 45-tours, et, aux USA et dans le reste du monde, dans une édition 11 titres, aujourd'hui trouvable partout en CD, de 36 minutes. Les 6 titres de la version originale britannique sont la face A, et la musique du TVfilm, tandis que la face B est constituée de singles et faces B de singles de l'époque, mais ne se trouvant pas dans le TVfilm (les autres albums de musique de films des Beatles sont faits de la même manière, sauf Yellow Submarine). Allez, on commence ?

Magical Mystery Tour : Les gars de ma génération (né en 1982) et des plus anciennes se souviendront sans doute de cette musique, en plus d'être la chanson-titre de l'album et la musique du générique du TVfilm, comme de la musique d'une émission de TV française, Va Savoir, qui était présentée par Gérard Klein (à l'époque, pas encore L'Instit), et diffusée sur la Cinquième (depuis, France 5). Klein embarquait des enfants, à bord d'un mini-bus scolaire, à la découverte de la nature, de l'artisanat, de l'Histoire, etc. Cette chanson en était, donc, la musique de générique. Amusant, mais aussi logique, car le TVfilm des Beatles raconte l'histoire d'un voyage magique dans un mini-bus jaune, qui embarque les voyageurs (parmi eux, les Beatles), dans un univers psychédélique total. Pour en revenir à la chanson, elle est fantastique, une sorte de fanfare psychédélique qui file la patate !

The Fool On The Hill : Magnifique chanson sur laquelle Macca est en état de grâce, dans cette histoire d'un jeune homme assis en haut d'une colline, immobile, à regarder le soleil se coucher, et que tout le monde croit fou. Mais lui, il pense que ce sont les autres qui sont fous, et pas lui. Le clip de la chanson, dans le TVfilm, est riche en symboles concernant cette prétendue légende urbaine concernant McCartney. Musicalement, proche de la berceuse, The Fool On The Hill est une petite merveille apaisante, douce et amère en même temps. Mélancolique, et magnifique !

Flying : Morceau assez à part chez les Beatles, car Flying est un instrumental (il y en à peu, dans le répertoire du groupe : Revolution 9...). Très très psychédélique, ce morceau, sur lequel on entend quand même des vocalises du groupe, est prenant. On s'imagine vraiment en train de planer, de voler, à l'écoute de ce morceau aérien, léger, totalement kitsch désormais, mais franchement sympathique (et très court, 2,15 minutes, ce qui est la durée idéale). Un morceau globalement assez mal-aimé, mais pas par moi !

Blue Jay Way : Morceau étrange, interprété et écrit par George Harrison (son moment de gloire de l'album). Harrison, fringué comme un mage sur certaines des photos de pochette (dans la pochette vinyle, et dans la réédition CD remastérisée, un livret de dessins avec légendes, sorte de comic-strip résumant le scénario du TVfilm, avec photos, aussi). La chanson est assez lente, longue (4 minutes et des poussières, une des plus longues avec I Am The Walrus), parfois oppressante, un climat assez froid et sombre, un chant, aussi, assez froid et distant. Blue Jay Way est une chanson étonnante, très réussie, que j'aime énormément.

Your Mother Should Know : C'est la chanson du final du TVfilm, courte (moins de 3 minutes), mais sympa comme tout, et interprétée par Paul McCartney. Pour dire franchement, des 6 titres de la face A, c'est celui qui me plaît le moins, je le trouve un peu niais et redondant, mais c'est un avis personnel. Your Mother Should Know, en fait, est vraiment sympa et agréable ! Typique de ce que les Beatles faisaient à l'époque.

I Am The Walrus : Immense chanson achevant la partie musique de film de l'album. Musique psychédélique, parfois oppressante, et chant parfait de Lennon, sans oublier les paroles, le plus souvent bien timbrées, comme Sitting in a cornflake/Waiting for the van to come ('Assis sur un flocon de maïs, j'attends l'arrivée du van') ou Seminola pilchard climbing up the Eiffel Tower ('Pilchard séminole escaladant la Tour Eiffel'), sans oublier le cultissime refrain, I am the eggman, they are the eggmen, I am the Walrus ! GOO GOO GOO JOOB ! Dans l'ensemble, c'est tellement beau, réussi et culte que c'est au-delà des mots. GOO GOO GOO JOOB !!

Hello, Goodbye : Ouverture de la face B, la face 'singles indépendants' de Magical Mystery Tour, avec Hello, Goodbye, chanson admirable qui sortira en single avec I Am The Walrus en face B. On entend, en fait, cette chanson, dans le générique de fin du TVfilm (en toute fin), donc elle aurait, en fait, très bien pu se trouver sur la face A, mais ça aurait cependant été difficile, manque de place (les limites du vinyle...). Une grande chanson, au refrain que certains trouvent un peu répétitif et énervant, mais pas moi. I don't know why you say goodbye, I say hello. En un mot, j'adore ! Simple, direct, efficace, pop.

Strawberry Fields Forever : Puissant. Entre l'intro à base de moog (que les Stones reprendront un peu pour Sing This All Together (See What Happens) sur leur Their Satanic Majesties Request sorti fin 1967), atmosphérique, et le chant de Lennon, admirable...entre les paroles, totalement psychédéliques, et le final à rallonge, avec ce fameux I buried Paul distant, que l'on entend dans le fade-up final, et qui, en fait, est Cranberry sauce (vous connaissez la fameuse rumeur, la fameuse légende urbaine sur la prétendue mort de McCartney, remplacé ensuite par un sosie ? Des tonnes d'indices abracadabrantesques se trouveraient dans les albums du groupe, et ce I buried Paul en serait un ; l'oreille n'entend que ce qu'on lui dit d'entendre...), entre tout ça, donc, Strawberry Fields Forever est un joyau brut. Les mots me manquent. En fait, je ne vais même pas essayer de décortiquer ce titre, c'est mon préféré du groupe, et il est au-delà des mots, il est tellement immense...

Penny Lane : Le single qui contenait Strawberry Fields Forever contenait aussi Penny Lane, et il était constitué de deux face A, au lieu du système face A/face B, histoire de dire qu'aucune des deux chansons ne se démarque de l'autre, qu'aucune ne mérite une place de face B au détriment de l'autre. Il faut dire que c'est probablement un des plus grands singles de l'histoire. Si je préfère Strawberry Fields Forever (ma chanson préférée du groupe, devant tant d'autres en même temps), Penny Lane est cependant un immense chanson, l'histoire, entre autres, d'un banquier roulant dans sa belle bagnole, dans Penny Lane ('l'allée de l'argent', grosso modo), et se faisant moquer de lui par des enfants le suivant. Dire de cette chanson qu'elle est belle serait être encore loin de la vérité. Elle est, juste, grandiose. Intouchable. Indispensable à tout amateur de pop. Comment vivre sans elle ?

Baby You're A Rich Man : Des chansons de la face B, c'est la moins connue, et la seule à avoir été une face B de single au lieu d'une face A (rappelons que le single Penny Lane/Strawberry Fields Forever fut un single particulier, contenant deux face A, comme je l'ai dit plus haut). En l'occurence, la face B de All You Need Is Love. N'allez cependant pas croire que cette chanson est moyenne, mauvaise, mineure. Oh, non ! Baby You're A Rich Man est une chanson très sympathique, très psychédélique, agréable comme tout, et pour tout dire, je la préfère nettement à la chanson dont elle était la face B de single (et que l'on retrouve en final de cet album) !

All You Need Is Love : Quand on parle des Beatles, qu'on demande à quelqu'un de citer quelques chansons du groupe, All You Need Is Love a de grandes, grandes chances d'être citée. Démarrant par la Marseillaise, cette chanson est, on peut le dire, universelle, même si elle n'est chantée que dans la langue des Beatles. Chanson d'amour, on n'a besoin que de l'amour pour vivre. Certes, le message est niais, mièvre, gentillet, et la musique aussi est un peu susucre. Mais bon, la chanson, même si je l'ai trop souvent entendue et qu'elle me sort parfois par les yeux, reste ce qu'elle est, un classique, un intouchable beatlesien parmi tant d'autres. Et belle manière d'achever l'album, aussi.

 Pour finir, que dire, donc ? Une seule mauvaise chose peut être dite au sujet de ce disque : sa pochette est réellement immonde, une des pires que je connaisse ! Basée sur le clip de I Am The Walrus (dans lequel les Beatles sont déguisés comme sur la photo), elle est vraiment craignos. A noter que les Stones la reprendront à leur goût, en la mêlant un petit peu à celle de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (sorti avant dans la même année 1967), pour leur Their Satanic Majesties Request, sorti en fin d'année 1967. C'est surtout évident pour la bordure de couleur et aux allures nuageuses. Mis à part cette pochette affreuse (la pire du groupe), rien à dire, cet album, bien que bancal (une face de musique de film, une face de singles indépendants), est parfait !