Supertramp___1977___Even_in_the_Quietest_Moments

Track-by-track un peu particulier, aujourd'hui, puisque je vais aborder un disque contreversé: place à un Supertramp, mais pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit du Even In The Quietest Moments, le 5ème album du groupe, sorti en 1977. Cet album, avec ses sept titres pour 43 minutes (donc, des titres longs) a pour don de diviser: certains le considèrent comme un chef d'oeuvre, d'autres, à l'image de mon confrère ClashDoherty, le jugent inégal et longuet. Personnellement, je fais partie de la première catégorie, et je juge même que ce disque à la pochette cultissime et non-truquée... est le sommet absolu du groupe, plus encore qu'un Crime Of The Century ou un Breakfast In America... Alors, pourquoi ? Bah, je vais tenter de vous expliquer cela, avec ce track-by-track d'un de mes albums de chevet, définitivement, et qui mérite d'être réhabilité. C'est parti !

Give A Little Bit : Quoi de mieux qu'un tube pour ouvrir un disque ? Là, c'est le cas, puisque T'as Une Petite Give A Little Bit en est un gros, et même un des plus gros. Quoi de mieux, pour ouvrir un disque, que de la fraîcheur ? Une belle chanson pop, comme Supertramp savait si bien les faire... Bref, ces 4 minutes chantées par Hogdson sont franchement agréables, font sensation d'air frais en cette année punk, et, 30 ans après, paraissent toujours autant détendues, relax. C'est une chanson qui, à chaque fois qu'on l'écoute, rend heureux. Bref, une merveille !

Lover Boy : Davies s'offre trois chansons sur l'album, celle-ci est la première. D'une durée déjà bien plus importante que la précédente, presque 7 minutes, Lover Boy n'est pas la meilleure chanson de l'album. Je dirais même que c'est la moins bonne. Elle a un peu mal vieilli (côté un peu niais qu'elle n'avait sans doute pas à sa sortie), et s'éternise, franchement. Mais bon, c'est loin d'être de la merde, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, et Davies prouve encore une fois qu'il est un très bon compositeur et pianiste. Le titre mineur de l'album, mais quand même une petite réussite !

Even In The Quietest Moments : Attention, pure merveille. En effet, cette ballade acoustique éponyme est un pur chef d'oeuvre signé Hogdson. De son début fait de chants d'oiseaux, jusqu'à sa fin lancinante, en passant bien sûr par l'apothéose du morceau: les couplets qui sont juste remarquables niveau mélodie et chant de Hodgson, cette chanson, malgré sa longueur (6'30) passe comme une lettre à la poste. Sublimissime !

Downstream : Signé Davies à 200%, puisque sur cette chanson, la plus courte de l'album, et qui referme la face A, le pianiste de Supertramp chante et tient tous les instruments, puisqu'il n'y en a qu'un: le piano. Résultat, Downstream est une ballade admirable, reposante. Sans faire partie du meilleur de l'album, un excellent morceau !

Babaji : La face B démarre fort avec cette merveille absolue de Hodgson, Babaji. Tout y est grandiose, de son intro calme à l'explosion du refrain, par ailleurs d'une beauté rare. Rien à redire, cette chanson est une splendeur pop-rock, plaintive mais pas trop... Juste ce qu'il faut pour en faire une des meilleures chansons de l'album.

From Now On : Dernier morceau signé Davies sur l'album. Classique relatif, From Now On est comme la quasi-intégralité de l'album: un chef d'oeuvre ! Une ballade franchement déchirante, où le piano de Davies est omniprésent. Ce morceau, divisé en plusieurs parties, pourrait presque être qualifié de pop progressive, pour son ambiance, avec les thèmes changeant souvent... Mais jamais un thème n'est décevant, c'est toujours incroyablement beau, et ce n'est pas ce final très ricain de l'époque qui me contredira. Encore une fois, c'est sublime.

Fool's Overture : Et on en vient à la grosse chose, au grand final. Un des morceaux les plus longs de Supertramp, avec ses 11 minutes, Fool's Overture à de quoi diviser. Il est vrai que, comme ça, à première écoute, la pièce peut paraître un peu fouillie, voire longuette. Mais au final, une oreille avisée ne regrettera pas ce morceau finalement très riche musicalement. Intro au piano absolument magnifique, puis bruitages d'époque (je crois que l'on entend Churchill à un moment, je crois), et le thème principal arrive, pour laisser place aux superbes envolées de Hodgson, avant de repartir en sens inverse... Ce titre est un joyau un peu progressif sur les bords, et, si ce n'est pas mon morceau préféré de Supertramp (lequel est Hide In Your Shell, sur le fantastique Crime Of The Century), ça reste quand même, qui s'en étonnera, le sommet de l'album, et une des meilleures chansons du groupe.

Voilà ce que donne Even In The Quietest Moments: un album superbe en tous points, jamais décevant même si un titre est moins fantastique que le reste (Lover Boy), et, dans l'absolu, mon préféré du groupe, et même sans doute leur dernier grand chef d'oeuvre absolu (Breakfast In America et Famous Last Words seront très bons, sans pour autant mériter le statut de chef d'oeuvre, quant à ce qui a suivi après le départ d'Hodgson, passez votre chemin). Si tous leurs albums de 1970 à 1982 sont très recommandables, c'est quand même celui-là qu'il faut écouter en priorité, avec bien sûr Crime Of The Century, que j'aborderai sûrement en track-by-track un de ces jours !