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Sorti en 1985, The Dream Of The Blue Turtles, objet de ce 25ème Track-by-track, est le premier album solo de Sting, ex-bassiste et chanteur de The Police (qui s'est séparé en 1983). C'est un de ses meilleurs albums, et aussi mon préféré, même si, je le sais et l'admets, ...Nothing Like The Sun (1987, son suivant) est supérieur. Mais il y à un je-ne-sais-quoi sur ce disque qui fait que je l'adore plus que les autres disques de Sting (et certains, comme The Soul Cages, sont juste admirables), et qui fait aussi que ce disque est très important pour moi. L'aborder ici était donc évident !

If You Love Somebody Set Them Free : Un des tubes de l'album, et une sorte de réponse à la chanson Every Breath You Take que Sting avait fait, en 1983, au sein de The Police. La chanson des flics parlait d'un homme qui, par amour, contrôlait sa bien-aimée, la surveillait, l'oppressait. If You Love Somebody Set Them Free, elle, explique que, si on aime quelqu'un, il faut savoir, aussi, lui lâcher la bride, le laisser tranquille quand il/elle le demande. En quelque sorte, pas mal de gens ont ainsi pigé le sens de la chanson de The Police (qui a été mal interprétée comme une chanson d'amour pure) en écoutant celle-là, qui remettait les pendules à l'heure. Une excellente chanson, bien efficace !

Love Is The Seventh Wave : Un petit calypso sur lequel Sting et ses musiciens (Darryl Jones, Benny Kirkland, Omar Hakim, Brandford Marsalis) se sont apparemment fait plaisir. On y entend, dans le final, en fade, quelques paroles de Every Breath You Take (décidément), qui sont d'ailleurs dans les paroles de la chanson, dans le livret. Une chanson excellente, un peu répétitive, mais très agréable, un moment de douceur, de fraîcheur, avant une plongée, en deux chansons, dans un univers nettement plus sombre et triste.

Russians : En partie basée sur un air de Prokofiev (Sting ne s'en cache pas, il écrit même la partition, sur une clé de sol, sur la pochette, dans les notes), Russians est un des tubes de l'album, et même, il me semble, le plus connu (quoi que la première chanson du disque soit également ultra célèbre. Très sombre (le clip me foutait les jetons à l'époque, et continue de rendre mal à l'aise parfois), elle parle des relations entre le bloc de l'Est et le bloc de l'Ouest. La phrase qui revient en leitmotiv, I hope that Russians love their children too est marquante. En effet, il faut espérer que les Russes aiment suffisamment leurs enfants pour ne pas les envoyer faire la guerre contre les USA ou le reste du monde... La chanson est magnifique, et même si le message, aujourd'hui, est périmé (plus de bloc de l'Est, plus de guerre froide), elle le restera encore longtemps - magnifique.

Children's Crusade : Là, c'est le frisson assuré. Elle me file le frisson et me donne limite envie de chialer, cette chanson. C'est à la fois la douceur et la tristesse, la mélancolie de la musique, et la voix, très douce et triste, de Sting. Les paroles, marquantes, parlent de la guerre, de jeunes hommes, à peine adultes, envoyés au front, pendant la première guerre mondiale. On leur bousille leur vie, leur avenir, leurs espoirs, on les envoie à la mort... Le récit d'une génération sacrifiée, purement magnifique et, en même temps, tragiquement vrai. 

Shadows In The Rain : Une reprise efficace, plus rythmée que l'originale, d'une chanson de... The Police, issue de Zenyatta Mondatta de 1980.  J'ai d'abord connu cette reprise avant de connaître l'originale, qui est également une pure merveille, mais plus lente et sombre. Je préfère, c'est sans doute une hérésie mais qu'importe, cette reprise très swingante et en même temps très rock à l'originale. Une chanson qui achève à merveille une très réussie première face !

We Work The Black Seam : 5,40 minutes qui, en ce qui me concerne, sont toujours passées comme une lettre à la Poste (c'est la chanson la plus longue de l'album), je ne me suis jamais rendu compte de sa longueur ! Une chanson admirable, parfaite, qui parle de la pollution, de la Terre qui part en couilles. Sting a toujours été, et sera toujours un homme engagé, pour la Terre, contre la guerre et les inégalités, et il le prouve avec cette chanson (et d'autres de l'album et d'autres albums). Une pure réussite sur laquelle peu de choses sont à dire, il suffit d'écouter. Le refrain, plus que jamais, file le frisson : One day in a nuclear age/They may understand our rage/They build machines that they can't control...

Consider Me Gone : Je vais être clair, Consider Me Gone, bien que sympa, est le morceau qui me plaît le moins ici. C'est un peu longuet, morne, un peu chiant, ça ne décolle pas, ou alors assez tardivement. Et puis, aussi, après un tel déluge (la chanson précédente, celles de la première face), elle déçoit beaucoup, celle-là... Pas un ratage, mais la moins réussie de l'album, c'est sûr.

The Dream Of The Blue Turtles : Une minute et des poussières, très sympathique instrumental aux accents calypso (un peu comme Love Is The Seventh Wave) et surtout jazzy, qui a donné son très étrange nom à l'album. Dire que c'est un grand moment serait exagéré, mais, franchement, c'est aussi frais que sympathique. A ne pas zapper, donc !

Moon Over Bourbon Street : Une chanson très lente, sombre et jazzy, inspirée par le roman Entretien Avec Un Vampire (qui n'avait pas encore été adapté au cinéma, ça sera le cas 10 ans plus tard environ) de Anne Rice. Bourbon Street, c'est une des rues de la Nouvelle Orléans, ville de Louisiane où se passe l'action du roman, comme ceux qui ont lu le livre ou vu le film (ou fait les deux, recommandé) le savent. Une chanson qui fait partie des meilleures de l'album, mais qui n'est pas une de mes préférées. Mais il faut l'admettre, et je le fais sans problème, elle est sublime !

Fortress Around Your Heart : Là, on touche, selon moi, au sublime, catégorie pop/rock. Un tube qui achève à merveille l'album, et qui est incontestablement ma préférée, avec Children's CrusadeRussians et We Work The Black Seam (mais devant ces trois chansons) de l'album. Rien que le refrain me file le frisson à chaque fois, mais Fortress Around Your Heart, dans l'ensemble, est une pure petite perfection, une merveille d'horlogerie pop. Là, je ne vois rien d'autre à dire, si ce n'est que, donc, j'adore littéralement, depuis longtemps, et encore pour longtemps ! Il y à des fois où je m'écoute l'album uniquement pour cette chanson.

 Un pur petit chef d'oeuvre, voilà comment définir, donc, ce premier opus solo du Dard. The Dream Of The Blue Turtles est superbement bien produit, il ne contient aucune mauvaise chanson, tout au plus, on l'a vu, l'une d'entre elles est moins efficace que les autres (instrumental compris). A l'arrivée, si vous aimez la pop/rock et Sting, si vous aimez The Police aussi, vous devriez aimer, voire adorer, cet album !