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Best-seller de l'année 1968, Cheap Thrills, deuxième album de Big Brother & The Holding Company (et le seul bon disque de ce groupe connu exclusivement pour avoir accueilli en son sein Janis Joplin, ce fut même son premier groupe, sa première fois) est un des meilleurs albums de rock de l'histoire, et un des plus cultes aussi (en partie parce qu'il est tout simplement admirable, et en partie, aussi, pour sa pochette en forme de comics, dessinée par Robert Crumb, et qui, à la base, aurait du être le verso de pochette). L'album ne contient que 7 titres, pour environ 36 minutes. Je ne pouvais pas ne pas aborder ce chef d'oeuvre dans les Track-by-track, dont acte !

Combination Of The Two : Une jam insensée en ouverture, interprétée en duo, même si Janis a la part du lion ici (vocalises, etc), par Janis Joplin et Sam Andrews. Morceau inaugural d'un faux live enregistré en studio (les notes de pochette du CD trahissent ce statut de faux live, on y apprend que les chansons studio placées en bonus sont enregistrées pendant les sessions d'enregistrement de l'album ; or, il n'y à pas de sessions d'enregistrement, pour un live, juste un concert qui est enregistré...), qui n'en est pas moins immense. Combination Of The Two, qui a nécessité une vingtaine (voire plus, je crois) de prises, est une des meilleures de l'album, mais pas ma préférée.

I Need A Man To Love : Ma préférée, la voici, I Need A Man To Love, chanson admirable, imparable, interprétée de voix de maître par une Janis qui, à mon humble avis, et à l'exception du morceau suivant et de son Kozmik Blues, ne chantera jamais plus aussi bien par la suite. C'est un blues beau à en chialer, doté d'un riff remarquable en intro, et servi par une interprétation à la hauteur de la part du groupe. IMMENSE !

Summertime : Reprise du classique des frangins Gershwin (George et Ira), issu de l'opérette Porgy & Bess. Summertime est ici sublimée au possible par Janis, et honnêtement, mis à part 'écoutez ce morceau - et cet album', je ne vois pas quoi dire dessus. La perfection se passe de commentaire.

Piece Of My Heart : Reprise admirable (non, en fait, elle n'est pas admirable, elle est simplement ADMIRABLE, et même AD-MI-RA-BLE !) d'une chanson de Jerry Ragovoy et Bert Berns, initialement chantée par Erma Franklin (1967). Cette reprise de Piece Of My Heart, chanson qui sera par la suite reprise par d'autres artistes (Faith Hill, New York Dolls, Dusty Springfield...) est incontestablement la meilleure. Le riff d'intro est saisissant, et Janis nous offre ici un condensé de son meilleur absolu, sa voix est immense.

Turtle Blues : Ouvrant la face B, ce blues terminal à base de piano est juste sublime, Janis l'interprète avec une conviction rare. C'est d'ailleurs elle qui, toute seule, a signé ce Turtle Blues magnifique, une des meilleures de l'album. Je ne vois pas grand chose à dire, si ce n'est qu'ici, Janis tutoie le talent des plus grandes chanteuses de blues. Immense.

Oh, Sweet Mary : Ce n'est pas exactement le point faible de l'album, mais ce duo entre Janis et le guitariste Sam Andrews n'est clairement pas une grande chanson. Bon, Janis est en forme, rien à dire, ses hurlements sont parfaits, et la rythmique, aussi, est très bonne. Mais Oh, Sweet Mary n'est pas aussi immense que Summertime ou que la chanson suivante. Bref, pas une mauvaise chanson, mais sûrement pas une grande réussite.

Ball & Chain : Là, la Janis est en hyper forme. 9 minutes imparables, un des plus grands moment de sa carrière, pour cette remarquable reprise d'une chanson de Big Mama Thornton, débutant par un faux départ. Comme je l'ai déjà dit plus haut, et comme je le redis une dernière fois plus bas, Cheap Thrills est un faux live (ce que les gens ne savaient pas à l'époque, évidemment), ce qui ne l'empêche pas de fonctionner totalement en tant que tel. Mais les applaudissements sont rajoutés, et le faux départ est bidon. N'empêche, ce morceau est d'une diabolique efficacité !Idéal pour achever l'album.

Pour finir, ce faux live (contrairement à ce qui est indiqué sur la pochette, ce n'est pas un live, il a été enregistré en studio, dans les conditions du live, et des applaudissements ont été rajoutés par la suite), malgré l'arnaque qu'il soit, justement, un faux live, est une réussite absolue. Vous voyez une mauvaise chanson, vous ? Non, n'est-ce pas ? Cheap Thrills fait partie des albums rigoureusement indispensables, et s'il ne vous fallait qu'un disque de ou avec Janis (quelle chanteuse !), prenez celui-là plutôt que Pearl (son dernier album, posthume, 1971), qui est pourtant très bon.