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Dix-septième Track-by-track, déjà ! Et j'ai choisi un disque imparable mais au final peu connu, pour ce dix-septième volet : Doremi Fasol Latido, album de 1972, du groupe de space-rock Hawkwind, un groupe de hard-rock psychédélique en fait, qui a accueilli en son sein le bassiste Lemmy Kilmister, de 1972 à 1976 (il sera viré, et une fois viré, fondera son groupe de hard-rock/heavy-metal, Motörhead). Pour en revenir à Doremi Fasol Latido, c'est un disque, vous allez le voir, imparable, grandiose. Et on commence ! :

Brainstorm : 11 minutes de folie furieuse, un morceau hallucinant qui embarque les auditeurs dans un voyage intergalactique fantastique, digne du meilleur de Métal Hurlant (magazine de BD français malheureusement défunt depuis longtemps). Une sorte de Pink Floyd en version hard, en quelque sorte. Basse vrombissante (Lemmy est un dieu de cet instrument), guitares hurlantes, rythmique hallucinante, aucune longueur, Brainstorm est un morceau dévastateur ! Dans un sens, dommage qu'il ouvre le bal : il est tellement puissant qu'il aurait pu atomiser le reste de l'album (heureusement, ce n'est pas le cas)...

Space Is Deep : On passe à un morceau nettement plus court (enfin, il fait quand même 6 minutes... et l'album, lui, en fait 42) et, surtout, relaxant, Space Is Deep, qui mérite bien son nom. Une sorte d'album-concept, ce Doremi Fasol Latido : après le décollage de Brainstorm, on est dans l'espace, en train de flotter dans les immensités profondes, noires, glaciales de l'espace avec ce titre faussement reposant (quelques belles envolées de guitare). Un titre franchement réussi, sans être le sommet de l'album non plus.

One Change : Que dire ? 50 secondes en tout, un instrumental ne servant à rien, sauf à préciser qu'une fois le morceau fini, il fallait changer de face (l'explication du titre, sans aucun doute). Un intermède sans grand intérêt, donc, pas mauvais, pas réussi...seulement insignifiant.

Lord Of Light : La face B s'ouvrait sur une tuerie pure et dure, pour moi le meilleur morceau de l'album : les 7 minutes de Lord Of Light, ahurissante cavalcade heavy-rock sur laquelle la basse de Lemy est allègrement violée, malmenée jusqu'à l'explosion. dying is flying is dying... La voix de Robert Calvert, la guitare, la basse, les claviers, tout concourt à faire de ce morceau un classique. Qui, en live (voir le double Space Ritual de 1973 sur lequel quasiment tout l'album est joué), sera encore plus fort. Immense.

Down Through The Night : 3 petites minutes à la fois planantes et folk, une de mes préférées du disque, une pure merveille acoustique qui repose agréablement l'auditeur après la folie de Lord Of Light, et, surtout, avant les 9 minutes hallucinantes du prochain morceau. Doremi Fasol Latido, c'est un peu comme des montagnes russes : violence, apaisement, violence, apaisement... Pour moi, Down Through The Night est, mélodiquement parlant, le plus beau de l'album.

Time We Left This World Today : 9 minutes remarquables, bien que très répétitives (le mantra du titre de la chanson est répété à outrance), et sur lequel Lemmy fait encore une fois bien vrombir sa basse, comme un moteur d'avion n'attendant plus que le décollage. Le morceau a beau être long, le deuxième plus long de l'album, il n'en demeure pas moins une incontestable réussite, bien que ça ne soit pas mon préféré ici. Le groupe en forme olympique, pour un morceau tétanisant de space-rock.

The Watcher : Chanson très calme, lente, hypnotique, plutôt courte (4 minutes), interprétée par Lemmy, qui ne chante, d'ailleurs, que sur cette chanson en tant que chanteur principal. Le but principal de The Watcher, et il est totalement atteint, et d'achever l'album sur une note apaisante et en même temps oppressante ; planante, psychédélique, et envoûtante. La voix de Lemmy, assez lente, et le rythme de la chanson y sont pour beaucoup, mais ce titre, comme le disque, fait vraiment voyager, et pas besoin de fumer un pétard ou d'avaler un buvard de LSD pour ça. Seulement, là où l'album fait planer avec des sons assez heavy, cette chanson, elle, est du pur Pink Floyd, en fait. Grande réussite de plus pour Doremi Fasol Latido, on n'aurait pu rêver d'un meilleur final.

Au final, on a donc un disque grandiose, malgré une prise de son qui a un petit peu pris du plomb dans l'aile (mais rien de grave) et un morceau, One Change, qui ne sert à rien (sauf, en vinyle, à préparer l'auditeur à changer de face, c'est la seule explication, comme je l'ai dit plus haut, du titre du morceau, d'ailleurs). Sinon, sans aucun doute le meilleur album studio (et tout court) d'un groupe très culte !