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Magnifique album que ce Rumours, sorti en 1977 par Fleetwood Mac (groupe anglo-américain de pop/rock), une des plus grosses ventes de disque au monde ! En tant que tel, l'album se devait d'être abordé dans le Track-by-track, dont acte, et en dixième de la rubrique, en plus ! Le groupe est alors constitué de Stevie Nicks (chant), son mari Lindsay Buckingham (guitare, chant), Christine McVie (claviers, chant), son mari John McVie (basse) et Mick Fleetwood (batterie). Sur la pochette, Fleetwood et Nicks. Et dans la pochette, un disque tout simplement immortel, que voici, donc, détaillé track-by-track :

Second Hand News : Tout comme les Eagles, Toto et les Doobie Brothers (trois autres groupe de pop/rock califnorniens, coïncidence ?), Fleetwood Mac est un groupe démocratique : le chant est alterné entre le guitariste, la claviériste et la chanteuse principale. Second Hand News, avec sa mélodie légère et son refrain en vocalises, est une des chansons interprétées par le guitariste, Lindsay Buckingham. Ce n'est pas le sommet absolu de l'album, mais il faut reconnaître que Rumours ne contient aucune mauvaise chanson. En tant que morceau d'ouverture, ce titre court (moins de 3 minutes) est idéal.

Dreams : Interprété par Stevie Nicks (une des plus belles voix féminines du rock), Dreams est un des 4 ou 5 tubes (Rumours en est gavé) de l'album. Que dire ? En 4 minutes, Dreams, qui mérite bien son titre, embarque l'auditeur dans un tourbillon de douceur (la voix, la mélodie riche en arpèges, le clavier de Christine McVie, qui est littéralement planant...), un océan d'éther, un petit nuage. Une chanson qu'on ne se lasse jamais d'écouter et de réécouter, et qui symbolise probablement la perfection en matière de ballade rock. Inoubliable.

Never Going Back Again : Retour de Buckingham pour une chanson acoustique (lui et sa guitare) de toute beauté. Never Going Back Again prouve par A+B=C-D (ah ah ah) qu'il n'y à pas besoin de grands artifices pour faire une grande chanson. Ici, en à peine 2 petites minutes, seul avec sa guitare sèche, Lindsay nous offre une chanson aussi belle qu'amère. Comme je le dis en final d'article, les différents membres du groupe, en couples, se séparaient au moment d'enregistrer ce disque, ou venaient de se séparer. En résulte un enregistrement difficile, entre coups de gueules et brouilles, dans un brouillard de coke, et on ressent cette tension non pas dans la musique, mais dans les paroles. Pour cette chanson, c'est assez évident, on parle de rupture.

Don't Stop : Premier des trois duos de l'album, et le seul à être signé Buckingham et Christine McVie (les deux autres sont de Buckingham et Nicks). Un des 5 tubes de l'album que ce Don't Stop admirable bénéficiant d'un beau solo de guitare en son centre. Alternance de chant, très bien arrangée, entre Buckingham et McVie (ce n'est pas la première fois qu'ils chantent ensemble sur un album du groupe, voir World Turning en 1975), pour, au final, un classique, même si les deux chansons suivantes sont supérieures quand même. Mais c'est très très grand !

Go Your Own Way : Immense tube, sans doute LE tube numéro 1 de Rumours, et c'est dire, car les autres classiques sont également très connus et cartonneurs. Chanté par Buckingham, Go Your Own Way, avec son solo de guitare final et ses refrains aussi simples qu'immédiatement retenus (c'est, vraiment, une chanson qui rend accro), est l'archétype du tube pop/rock californien des années 70. Un seul mot convient : perfection. Un autre : absolue.

Songbird : Je vais être franc : cette ballade achevant la face A est une des rarissimes chansons à m'avoir toujours donné les larmes aux yeux (les autres sont Hurt de Nine Inch Nails dans sa reprise par Johnny Cash - mais aussi dans sa version de NIN - , Entangled de Genesis et la première partie de Fade To Black de Metallica, avant que le morceau ne s'emballe). Songbird, enregistrée par Christine McVie seule au piano, est l'emblème de la pureté faite musique. Une splendeur absolue qu'il est urgent d'écouter (si vous ne la connaissez pas encore), afin de ne pas vieillir idiot. Une chanson triste (disons plutôt, mélancolique) mais aussi pleine d'espoir. Rien à dire d'autre, c'est juste immortel et au-delà des mots, en fait.

The Chain : Ouverture de la face B avec un duo, de Nicks et Buckingham, The Chain. Chanson assez lente, du moins dans ses couplets (le refrain est plus mouvementé et rock), et assez sombre (encore une fois, on y parle de rupture, de divorce, il y à des comptes qui se règlent...), avec un final anthologique permettant à John McVie (basse) de briller avec un court solo...avant une cavalcade rock remarquable, joli solo de Buckingham et duo final en semi-improvisation sur les paroles (Running with the shadows). Grandiose !

You Make Loving Fun : Christine McVie en forme pour cette chanson entraînante, très pop, un des tubes de l'album, You Make Loving Fun. McVie était plus à l'aise, je crois, avec les ballades et complaintes, mais ici, c'est une totale réussite, agrémentée de son piano électrique et de beaux arpèges de guitare de Buckingham. La voix de Christine est juste superbe, pas aussi belle que celle de Stevie Nicks (enfin, pas dans le même style du tout, en fait), mais elle correspond bien à la chanson. Excellent !

I Don't Want To Know : Avec la suivante, I Don't Want To Know est la seule chanson de Rumours a ne pas avoir été placée, par la suite, sur un best-of du Mac. Enfin, pour Oh Daddy (la suivante), je n'en suis pas sûr. Mais je le suis pour cette neuvième chanson, dernier des duos de l'album, et signé, comme le précédent, par Nicks et Buckingham. Autant le dire, I Don't Want To Know est la chanson la moins réussie de tout le disque, ce qui ne l'empêche pas d'être hautement sympathique. Mais c'est le titre qui m'a toujours le moins plu, et ce, dès la première écoute, et il faut bien dire qu'elle n'est pas aussi marquante que, par exemple, Go Your Own Way ou The Chain. Pas un ratage, mais le titre un peu mineur (mais quand même sympa) de l'album, donc ! Le fait qu'elle n'ait jamais été mis sur un best-of est donc totalement justifié.

Oh Daddy : Une des rarissimes chansons de l'album à ne pas avoir été placée sur un best-of, du moins à ma connaissance (pour l'autre, I Don't Want To Know, comme je l'ai dit plus haut, je sais qu'elle n'a jamais été placée sur une compilation du groupe). Oh Daddy, chantée par Christine McVie, est pourtant magnifique, très sombre mais inoubliable, et n'aurait pas démérité une place sur un best-of (d'autant que sur les 11 titres de l'album, 9 ont été mis sur des best-ofs, ce qui est assez incroyable et en dit long sur le niveau du disque). La chanson est juste magnifique, même si, chez Christine McVie, je préfère encore plus, comme je l'ai dit plus haut, Songbird (et Warm Ways sur l'album blanc de 1975). Mais il faudrait être fou pour ignorer telle chanson (et tel album) !

Gold Dust Woman : Une pure splendeur (et un tube) pour achever l'album, c'est Gold Dust Woman, de Stevie Nicks, chanson la plus longue de l'album (presque - presque seulement ! - 5 minutes). Encore une fois, mais on commence à avoir l'habitude, la voix de Stevie nous embarque. Contrairement à Dreams, Gold Dust Woman n'est pas aussi douce et apaisante. C'est, ici, plus sombre, avec un final assez étendu, et des paroles, franchement, cyniques par moments, assez sombres (Did she make you cry/Make you breakdown/Shatter you illusions of love/Is it over now/Do you know how/Pick up the pieces and go home). Un des sommets d'un album qui en est rempli !

Enregistré en pleine période punk, alors que le monde entier a plus les oreilles rivées sur les Sex Pistols, Clash, Damned et autres Heartbreakers, et alors que les différents couples formés dans le groupe (John McVie/Christine McVie, Stevie Nicks/Lindsay Buckingham), ainsi que le batteur Mick Fleetwood de son côté,étaient en procédures de divorce, Rumours est un disque sombre, malgré des mélodies légères et une avalanche de tubes. C'est aussi, on vient de le voir, un authentique sommet de pop/rock, à écouter absolument, un disque indispensable !