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Non, ce n'est pas un poisson d'avril, bien au contraire, malgré la concordance de date. Ce cinquième volet de la série Track-by-track va bien parler d'un album de Toto, datant de 1984, Isolation, leur cinquième opus studio, et accessoirement, et je suis on ne peut plus sérieux, un de mes disques préférés au monde (et, forcément, mon chouchou de Toto, groupe malheureusement pas apprécié à sa juste valeur). C'est un disque remarquable, très orienté dans le registre du hard-FM à la Foreigner, assez différent des précédents (et de pas mal des suivants) albums de Toto, qui sont plus pop/rock classique. Là, c'est essentiellement assez rock, notamment grâce au chanteur officiant ici pour la seule et unique fois dans le groupe : Fergie Frederiksen. Dommage qu'il n'ait plus chanté, par la suite, au sein de Toto...

Carmen : La première chanson d'un album est toujours importante : démarrer un disque par une chanson ratée est, en effet, dommageable, car ça peut donner une fausse première impression négative sur l'album. L'inverse est aussi valable ! En ce qui concerne Isolation, il a le mérite de commencer par Carmen (une des nombreuses chansons de Toto ayant un nom de prénom de féminin), qui n'est ni la meilleure absolue de l'album, ni une des moins réussies. C'est une chanson efficace et entraînante interprétée en duo par Fergie Frederiksen et le claviériste David Paich (Fergie fait les refrains et la fin des couplets, Paich fait le reste). C'est aussi, avec 3,25 minutes, la plus courte de l'album, et elle fait la bonne durée. Parfait pour lancer l'action !

Lion : D'entrée de jeu, le riff de guitare (du très talentueux Steve Lukather) vient nous cueillir. Lion commence sur les chapeaux de roue, il faut bien l'avouer. Les refrains sont excellents (la chanson est interprétée par Frederiksen), les parties musicales (un court solo de guitare) sont bonnes ; seul le refrain me déçoit un petit peu, mais rien de grave (ce sont surtout les paroles qui me gênent : Lying in a sweat/Trying to forget/All of my love is for you girl). Dans l'ensemble, Lion assure dans le registre cher à l'album, à savoir du hard-FM sans prétention aucune.

Stranger In Town : J'ai découvert Isolation en 1995, j'avais 13 ans, c'était donc il y à 16 ans à peu près. Avant d'écouter ce disque, je connaissais déjà Toto (j'avais un best-of). Sur ce best-of, il n'y avait qu'une chanson de Isolation, ce Stranger In Town, et le choix de cette chanson est logique : ce fut le tube de l'album, le classique, sorti en single (avec Change Of Heart en face B ; d'autres singles sortiront, mais sans beaucoup de succès), ayant même probablement bénéficié d'un clip. Chose cruelle pour Fergie Frederiksen, pourtant chanteur officiel de Toto à l'époque : ce tube n'est pas interprété par lui, mais par David Paich (Fergie fait quand même des voix dans le final). Pourquoi ? Sans doute parce que Paich, membre fondateur de Toto, était plus bankable pour les pontes de CBS... Quoi qu'il en soit, Stranger In Town est une excellente chanson, un classique, le classique de l'album même. A noter que trois autres singles seront tirés de l'album, et sur les trois autres chansons utilisées en face A de singles, une seule est interprétée par Fergie...

Angel Don't Cry : Ne vous fiez pas au titre assez gentillet ('ne pleure pas mon ange') qui pourrait laisser présager d'un slow dégoulinant à la I'll Be Over You (que Toto fera subir à ses fans deux ans plus tard). Angel Don't Cry, interprété par Fergie Frederiksen, est au contraire un rock bien teigneux, en témoigne le riff d'intro. J'adore le refrain, j'adore les couplets, j'adore...tout sur cette chanson efficace, une des meilleures de l'album. Fergie chante à merveille, même si sa voix ne plaira pas à tous (elle est, en effet, assez particulière).

How Does It Feel : Achevant la face A, How Does It Feel est, si on veut, la seule ballade de l'album. En tout cas, slow ou pas (j'ai un petit peu de mal à la voir comme un vrai slow, malgré la musique parfois dégoulinante - le final), cette chanson est la plus lente et douce de l'album, et la seule à être interprétée, non pas par Fergie ou Paich, mais par Steve Lukather (guitare), qui l'a également entièrement écrite et composée. Une chanson triste, bénéficiant d'orchestrations de James Newton Howard et Paich, donnant un petit coté symphonique à l'ensemble (là encore, le final). Change Of Heart, dans un autre registre, sera aussi orchestré par Newton Howard et Paich. J'adore cette chanson !

Endless : How Does It Feel avait fait ralentir le tempo en fin de face A, il convient à la face B, plus courte d'une minute (l'album, en tout, dure 42 minutes), de relancer l'action. Endless démarre très bien avec une petite intro synthétique, et se poursuit en fanfare avec couplets très bien foutus, refrain accrocheur, bridge efficace et rock (petit solo de Lukather, pas virtuose mais assez sympa) et final hurlant et remarquable. Bien entendu, Fergie interprète ce morceau, ainsi que le suivant. En fait, mis à part un titre, il chante sur toute la face B, qui est la sienne propre (là où la A proposait des titres en duo ou par d'autres membres du groupe).

Isolation : La chanson-titre, qui démarre doucement par une petite ligne de piano bien gentillette, avanrt d'offrir un riff assez rock. Pour moi, la meilleure de l'album, tout simplement, cette chanson offre à Frederiksen une occasion parfaite pour démontrer qu'il est un grand chanteur, passant de l'aigu très élevé (les fins de couplets) à un registre plus classique. Immense solo de guitare de Lukather dans le final, pour une chanson tout simplement exceptionnelle, oui, c'est le mot !!

Mr Friendly : Malgré un bridge assez moyen (la voix de David Paich, modifiée par vocoder ou autre chose, glapissant des paroles telles que No one can save you nooooooooow), Mr Friendly est une de mes préférées de l'album, tout simplement. La voix de Fergie est excellente (il chante tout le titre mis à part, donc, le bridge central), le morceau est entraînant, les paroles, certes, ne vont pas taper très haut, mais on n'écoute pas Isolation et Toto en général pour la beauté des plumes des auteurs du groupe. Dans l'ensemble, cette chanson est une des meilleures de l'album.

Change Of Heart : Un rock bien rythmé, même si Change Of Heart, il faut le reconnaître, n'est pas aussi grandiose que la majorité des autres chansons de l'album. Encore une fois, la voix de Fergie Friederiksen passe ou casse, c'est selon ce que vous en penserez. Le bridge est très réussi, le refrain aussi, mais ce que je préfère ici, ce sont les couplets. Sans doute un petit peu trop longue (même si, avec 4, 08 minutes, ce n'est largement pas la plus longue ici ; paradoxal, non ?), elle est efficace, mais peut lasser. J'aime bien, mais pas autant que les 8 précédentes, quoi ! A noter, les orchestrations de Paich et James Newton Howard, assez sympathiques (le bridge), mais pas essentielles au vu du morceau.

Holyanna : Je vais être franc, cette chanson interprétée en totalité par David Paich n'est absolument pas ma préférée sur l'album. En fait, Holyanna est même la chanson qui me plaît le moins, et c'est d'autant plus dommage car elle achève le disque ! C'est sans doute parce qu'elle est totalement différente du reste du disque, et plus proche de ce que le groupe a fait auparavant (Toto IV) ou fera par la suite (Fahrenheit). Et Paich n'a jamais été mon chanteur préféré de Toto, il a a son compte des merveilles (Africa), mais aussi des trucs nuls (Manuela Run, Rockmaker). Là, c'est pop, suave, gentillet, avec son piano assez passe-partout, et comme de juste, ça sortira en single. Mouais, c'est pas mal, mais trop à part, elle n'a pas grand chose à faire sur Isolation ! Bref, l'album se finit moyennement, il faut bien l'avouer...

Voilà pour Isolation, soit 42 minutes franchement réussies et jouissives pour qui aime le hard-FM. Certes, c'est pas l'album du siècle, ni de la décennie 80, mais c'est un des meilleurs de Toto, et il vaut vraiment le coup ! D'ailleurs, Koamae (message personnel), faudra me dire ce que tu en a pensé !