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Jean-Louis Murat est un des artistes musicaux français les plus atypiques avec Hubert-Félix Thiéfaine. Comme Thiéfaine, il est profondément ancré dans sa région natale (Thiéfaine pour la Franche-Comté), étant natif de l'Auvergne. Globalement très peu connu, ne passant jamais à la télévision ou à la radio, ne faisant jamais parler de lui dans les médias (tiens, comme Thiéfaine !), Murat est aussi assez prolifique. Du moins, il l'a été pendant quelques années, offrant environ un disque par an. Lilith, sorti en 2003, est un de ceux-là, et il est double, en plus ! L'album a été enregistré avec Murat tenant guitares, bouzouki, harmonica, piano et divers claviers (Fender Rhodes, Mini-Moog), avec Fred Jimenez à la basse, batterie et Fender Rhodes, et Stéphane Reynaud à la batterie et percussions. La chanteuse Camille participe au choeurs, on notera aussi pas mal d'arrangements de cordes.

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Malgré qu'il soit double, Lilith est, dans un sens, court (le premier disque atteint la cinquantaine de minutes, et le deuxième dure moins longtemps encore, 45 minutes). Murat a eu la présence d'esprit de ne pas gaver les disques avec des morceaux interminables (quatre titres, deux par CD, dépassent 6 minutes, mais rien de grave, rien de plombant non plus), ou avec trop de morceaux. Heureusement, parce que sans être mauvais, Lilith n'est clairement pas un chef d'oeuvre. Je ne connaissais pas Jean-Louis Murat (enfin, sin mais de nom seulement) avant d'écouter ce disque, que j'ai emprunté dans une médiathèque proche de chez moi (j'ai aussi emprunté un autre de ses disques, Mokba/Moscou, que j'aborderai ici bientôt), et ma découverte de l'univers de Murat fut assez contrastée dans l'ensemble.

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Il y à franchement de très bonnes chansons ici, et les textes, bien que parfois alambiqués ou au contraire trop naïfs, sont dans l'ensemble loin d'être honteux. Le Salaud, L'Absence De Vraie Vie, Lilith, Gel Et Rosée, Emotion, La Nature Du Genre assurent vraiment. Bien mieux que La Maladie D'Amour (ce n'est pas une reprise de Sardou malgré le titre !) sur lequel Murat sonne horriblement faux dans la peau d'un vieux séducteur - sa manière de chanter, Le Contentement De La Lady ou Zibeline Tang, sans parler de Le Mou Du Chat, dont rien que le titre ne donne pas vraiment envie de l'écouter. Sorti sous une pochette, de plus, assez abominable et criarde, Lilith souffre de ce qui atteint pas mal de double albums : il est longuet, pas parfait du tout, contenant des trucs dont on aurait pu se passer et, ainsi, faire de ce disque un album simple nettement supérieur (Mokba/Moscou est simple, d'ailleurs, et nettement meilleur, mais j'y reviendrai ultérieurement ici). Dans l'ensemble, c'est correct, mais spécial. Murat's style, quoi ! Original, on ne saurait dire le contraire, mais il faut aimer. Je ne suis pas encore sûr d'aimer (je sais que je ne déteste pas, c'est déjà ça), personnellement...

CD 1

Les Jours Du Jaguar

A La Morte Fontaine

La Maladie D'Amour

Le Mou Du Chat

Tant La Vie Demande A Mourir

Le Cri Du Papillon

Zibeline Tang

Lilith

C'Est L'Âme Qu'On Nous Arrache

De La Coupe Aux Lèvres

On Ne Peut Rien En Dire

Le Revolver Nommé Désir

CD 2

Se Mettre Aux Anges

Qui Est Cette Fille ?

Emotion

Le Contentement De La Lady

Le Voleur De Rhubarbe

Le Désarmement Intérieur

Elle Pleure

Le Salaud

La Nature Du Genre

Gel Et Rosée

L'Absence De Vraie Vie