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Sorti en 1993, La Désabusion est l'ultime album de Nino Ferrer, très grand artiste français ayant au compteur des chansons mémorables telles que Le Sud, et s'étant malheureusement suicidé en 1998. On tient donc, avec La Désabusion, son épitaphe musical, et aussi son sommet absolu avec le Métronomie de 1971. La Désabusion est un disque que Nino Ferrer a sorti après sept ans d'absence studio, tout de même. Et dans ce disque, on sent un Nino Ferrer vraiment... désabusé. Ce disque porte vraiment bien son nom (nom inventé par ailleurs, Désabusion n'est pas un mot de la langue française!). Et ce disque, c'est avant tout 50 minutes et des poussières magistrales, et malheureusement passées trop inaperçues.

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Enregistré en plus avec des musiciens talentueux (Micky Finn à la guitare, tout de même, n'oublions pas qu'il a travaillé avec Jimmy Page, Murray Head et Jacques Higelin), l'album, malgré quelques petites notes de travers (Le Bonheur, Marcel Et Roger qui ne contient que des prénoms dans ses paroles), est musicalement parfait. On y trouve dedans une reprise de plus de sept minutes d'une ancienne chanson du chanteur, Ma Vie Pour Rien, reprise remarquable. Mais La Désabusion, c'est aussi et surtout Blues En Fin Du Monde, La Danse De La Pluie, Trapèze Volant, Arriba Santana et l'inoubliable morceau titre. Malgré le faible succès commercial, ce disque est tout simplement ravissant. On peut donc pardonner une chanson comme Le Bonheur, mineure par rapport aux autres chansons de l'album, ou encore le morceau d'ouverture Notre Chère Russie, pas sensastionnel non plus.

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Voilà, pardonnez-moi pour cet article qui est en somme un peu court, mais parfois, les mots ne servent pas à grand chose... Quoiqu'il en soit, même si vous n'aimez pas Nino Ferrer, écoutez La Désabusion, album tout à fait superbe, et un de mes 10 albums français favoris. C'est en tout cas tout ce que je puis vous conseiller.

Critique complémentaire de ClashDoherty :

D'abord, merci à Koamae de m'avoir permis, non pas de découvrir cet album (car je l'avais déjà entendu plusieurs fois il y à longtemps ; j'avais le CD, autrefois...), mais de le redécouvrir. Ayant perdu le CD (ou m'en étant débarrassé sans trop savoir pour quelle raison), je n'avais plus réécouté La Désabusion, dernier album de Nino Ferrer (dernier album studio), sorti en 1993, depuis des années, et je ne m'en souvenais quasiment plus. Merci donc à toi, Koamae, de me l'avoir envoyé ! Il faut dire ce qui est, ce disque magnifique est aujourd'hui difficile à trouver, en tout cas à prix raisonnable, et toujours en occasion, pas en 'état neuf'. Sans doute, un jour, me le paierai-je en CD, si je le trouve pas cher, mais en attendant, vraiment merci à toi, Koa !

Bon, retour la critique proprement dite. Et là, que dire ? Sous une pochette assez belle et quelque peu prémonitoire (Ferrer, 5 ans plus tard, traumatisé par le décès, quelques mois plus tôt, de sa chère mère avec qui il vivait, se tuera, une balle dans le coeur, dans un champ, non loin de son domicile périgourdin de Montcuq ; et on voit un champ sur cette pochette...), La Désabusion est un des meilleurs albums de Nino Ferrer, définitivement plus connu (et c'est dommage, vraiment dommage) pour ses chansonnettes gentilles et comiques de ses débuts que pour ses albums rock des années 70 (certains ont été abordés ici dernièrement, je ne saurais trop vous conseiller de les écouter séance tenante ; mais après avoir lu cette chronique, d'accord ?).Très triste, sombre, l'album mérite bien son nom, néologisme très réussi. Il aligne les merveilles en une cinquantaine de minutes qui, clairement, passent trop vite : La Danse De La Pluie, La Désabusion, L'Année Mozart, Blues En Fin Du Monde, Arriba Santana, Ma Vie Pour Rien...

Oui, comme Koamae le dit plus haut dans sa chronique, Le Bonheur, Marcel Et Roger et Notre Chère Russie (même si, pour cette dernière, j'aime assez) sont moins réussies, ce qui n'empêche pas La Désabusion de se classer assez haut dans les meilleurs albums de chanson française et des années 90, et de ces 40 dernières années, tout simplement. En résumé, on a ici un disque réellement envoûtant, triste et mélancolique, quasiment parfait, jamais chiant, jamais pompeux, enregistré avec d'excellent musiciens (Micky Finn, notamment, un fidèle depuis 1973), très bien produit...C'est vraiment scandaleux qu'un tel sommet ne soit pas aussi connu ! Même si, dans un sens, tant mieux, aussi, car ça accentue son statut culte, et ça rend chaque possesseur de l'album un peu unique, un peu exceptionnel - du style moi, au moins, je connais ce disque. Encore une fois, merci Koamae !

Notre Chère Russie

La Désabusion

Le Bonheur

Blues En Fin Du Monde

Arriba Santana

La Danse De La Pluie

Marcel Et Roger

Trapèze Volant

Piano Jazzy

Ma Vie Pour Rien

L'Année Mozart