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Vous vous êtes sans doute rendu compte qu'on était en plein dans un cycle Nino Ferrer, en ce moment, sur le blog. Nouvelles chroniques d'albums ayant déjà été abordés ici, chroniques d'albums ne l'ayant jamais été auparavant... En l'occurrence, ici, on va reparler d'un disque qui avait été abordé en 2011, Métronomie, un album sorti en 1971 et comptant parmi les sommets du chanteur/musicien italo-français (né à Gênes, ayant passé son enfance en Nouvelle-Calédonie, et sa vie en France, et mort à Montcuq, dans le Lot). Un des rares albums du bonhomme à pouvoir être trouvé en vinyle réédité (pour les autres, walou, même si on les trouve tous en CD via le coffret intégrale de 2013, et un autre coffret, un peu moins complet, de 2004), Métronomie est un disque culte qui nous rend fier d'être frouzes, si je peux le dire ainsi. C'est un disque de rock progressif (j'avais d'ailleurs autrefois classé cet article dans cette catégorie, je l'ai depuis remis en 'chanson et rock français'), parfois assez recherché, et parfois très sobre et simple. Un disque très court : 32 minutes, pour seulement 8 chansons. Un disque, enfin, dont une bonne partie (6 des 8 titres) avait déjà été interprété par Nino, dans la langue de Dante (et, donc, sa langue maternelle), un an plus tôt, sur le live méconnu (et sorti, à l'époque, uniquement en Italie, un disque devenu rarissime, mais se trouvant dans le coffret intégrale depuis) Rats And Roll's, qui en est ni plus ni moins qu'une version embryonnique (avec une poignée de chansons qui ne se retrouveront pas sur Métronomie). Ayant abordé Rats And Roll's récemment (et pour la première fois), il me fallait passer directement à sa version française et définitive pour la chronique suivante concernant Nino !

METRONOMIE 1

Une magnifique pochette (une peinture de Claude Verlinde, baptisée Le Métronome, c'est assez logique) pour un disque qui ne l'est pas moins. Si on excepte un morceau assez moyen (et encore...moyen par rapport au reste !), en l'occurrence Freak (un morceau qui ne se trouvait pas en version live et italienne sur Rats And Roll's), Métronomie force le respect, déjà grâce aux 9 minutes du morceau-titre, instrumental frappé et riche en ambiances et changements de rythmes. Instrumental dont une courte seconde partie (Métronomie II, évidemment) achève la face A, faisant d'elle une sorte de concept avec une chanson (Les Enfants De La Patrie, et sa mélodie qui semble imbriquer les hymnes nationaux des deux pays de coeur de Nino, l'Italie et la France) remarquable entre les deux parties, chanson sortie en single et ayant été un succès (l'album, lui, a foiré au hit-parade : ce premier vrai album de Ferrer, après plusieurs disques essentiellement constitués de singles mis ensemble, était trop aventureux et recherché pour les foules). A noter que la face B du single Les Enfants De La Patrie (image ci-dessous pour la pochette du 45-tours, on voit que niveau visuel, on ne s'est pas cassé le Q, c'est la pochette de l'album ! Comme souvent...) est une autre chanson de l'album, et non des moindres, car c'est probablement la plus connue à l'heure actuelle de Métronomie : La Maison Près De La Fontaine. Une pure splendeur sur le modernisme, une chanson douce-amère, tristounette, vaguement jazzy avec ses cuivres discrets, chantée avec douceur et nostalgie par un Nino concerné. Parlez au gens de Nino Ferrer, ils vous citeront Le Sud, Mirza, Le Téléfon... Parlez-leur de Métronomie, beaucoup, sans doute, vous diront qu'ils ne connaissent pas l'album. Citez cette chanson, et ces mêmes personnes vous diront ah mais oui, ça, je connais. C'est sans doute la plus belle de l'album (pourtant, Pour Oublier Qu'On S'Est Aimé, qui achève le disque, chanson que Nino avait déjà chanté autrefois et qu'il refera par la suite, est loin d'être moche ! Quelle chanson ! Sur Rats And Roll's, on la trouvait déjà, en français aussi, d'ailleurs, comme si Nino n'avait pas osé l'adapter, de peur de la dénaturer), mais ne pensez pas que l'album ne vaudrait rien sans elle.

METRONOMIE 3

Car on trouve aussi Cannabis (chanson rigolote sur diverses manières de se défoncer) et Isabelle (et son final en crash aérien, bruitiste), même si ces deux chansons sont au final plus modestes qu'autre chose. Il est vrai que Métronomie vaut essentiellement pour sa face A anthologique et pour La Maison Près De La Fontaine et Pour Oublier Qu'On S'Est Aimé sur la B, soit 5 de ses 8 titres (belle moyenne, surtout que, réunis, ces 5 titres font 23 minutes sur les 32 de l'album ! En effet, si Cannabis atteint presque les 5 minutes, Isabelle et Freak font respectivement 2,30 et 1,30 minute, c'est négligeable). Mais même si on a quelques rares et courts titres (car Cannabis, sincèrement, est très bon) un chouia moins réussis que le reste, il n'en reste pas moins que Métronomie est un chef d'oeuvre, un album quintessentiel, un des meilleurs de Nino Ferrer, juste derrière Blanat (le meilleur absolu selon moi), et devant Nino Ferrer And Leggs et La Désabusion. Et quand on sait que Ferrer a aussi fait Suite En Oeuf, Nino And Radiah, Véritables Variétés Verdâtres, Rats And Roll's (qu'un fan de Métronomie se doit d'écouter) et cet album de 1966 connement baptisé Enregistrement Public (alors que ce n'est pas du tout un live), cet album avec Nino posant sur une terrasse extérieure, un verre à la main (et son groupe derrière lui), album contenant notamment Les Cornichons et La Bande A Ferrer, quand on sait que Nino a aussi fait tout ça, on se dit qu'il serait dommage de ne pas poursuivre sa découverte de l'oeuvre de ce musicien trop méconnu (et ayant souffert toute sa vie du manque de reconnaissance du public, la majorité de ses albums ayant été des bides commerciaux).

FACE A

Métronomie

Les Enfants De La Patrie

Métronomie II

FACE B

Cannabis

La Maison Près De La Fontaine

Isabelle

Freak

Pour Oublier Qu'On S'Est Aimé