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Après trois albums oscillant entre la folk et la pop rock mélancolique, Eels a besoin de varier sa palette musicale. Preuve en est avec Souljacker, sorti en 2001. Le principal (pour ne pas dire unique) compositeur du groupe, Mark Oliver Everett, alias Mister E, a besoin de changer d'air et signe un album beaucoup plus rock que les précédents.
C'est un pari pour le moins risqué. En effet, les fans de la première heure risquent d'être désarçonnés par ce changement de cap.

En effet, avec les trois précédents albums, Eels nous avait habitué à une musique à la fois douce, mélancolique, torturée et romantique. Le fait de retrouver Mister E derrière une guitare électrique et des morceaux énervés est pour le moins inhabituel.
En même temps, la pochette du disque nous présente un Mister E "new look". En effet, la pochette de Souljacker nous montre un Mister E barbu portant son chien sur un fond rouge (plutôt horrible par ailleurs).

Vous l'avez donc compris: la pochette du disque n'est pas vraiment le gros point fort de Souljacker. Pour le reste, le disque s'étale sur une durée de 40 minutes et trente secondes environ et se décompose en 12 titres. Pas de composition à rallonge ici, puisque le morceau le plus court dure 1.58 minutes, alors que le plus long dure 4.44 minutes. Maintenant reste à savoir ce que nous propose cet album rock 'n' roll. Dog Faced Boy ouvre les hostilités et rassure tout de suite l'auditeur.
Oui, Mister E tire son épingle du jeu dans le registre électrique et énervé.

Mieux encore, Eels offre un second morceau riche en puissance et aux diverses sonorités avec l'excellent That's Not Really Funny. Contre toute attente, Souljacker semble tenir les promesses annoncées. Pourtant, par la suite, Souljacker se montre particulièrement inégal.
Preuve en est avec les deux titres suivants, donc Fresh Feeling et Woman driving, man sleeping qui, sans être foncièrement nuls, sont assez lisses et quelconques. Paradoxalement, ce sont aussi deux morceaux calmes. Ce qui est assez étonnant de la part de Mister E, plutôt à l'aise dans ce registre par le passé.

Quant au premier single choisi pour répresenter l'album, donc Souljacker pt. I, ce morceau a le mérite de résumer parfaitement le disque, à savoir une livraison plus que correcte mais pas irréprochable non plus. Certes, Eels a le mérite de varier sa palette musicale en proposant un album davantage électrique. Néanmoins, pour certains titres plus énervés qu'à l'accoutumée, la musique proposée est de facture classique. C'est par exemple le cas de Souljacker pt. I.
Sur le fond, Souljacker pt. I est juste un morceau très rock, limite criard parfois, mais qui souffre d'un sérieux air de "déjà entendu".

Ensuite, sur la forme, Souljacker se révèle peu attachant. Contrairement aux albums précédents qui dégageaient un souffle, une âme, une tristesse et une personnalité, Souljacker ne dégage pas grand chose, si ce n'est celui d'un disque certes de facture honnête, mais qui ne risque pas de marquer sur la durée. Seule exception, le superbe Bus Stop Boxer.
A la rigueur, rien que pour ce titre, absolument superbe, Souljacker justifie son achat. Toutefois, comparé à ses prédécesseurs, Souljacker reste un disque assez décevant, pas nul non plus. C'est même (et je le répète) un disque plus que correct, qui offre aussi de bons moments, entre autres, Teenage Witch ou encore Friendly Ghost.

Liste des titres:

Dog faced boy
That's Not really funny
Fresh feeling
Woman driving, man sleeping
Souljacker pt. I
Friendly Ghost
Teenage witch
Bus stop boxer
Jungle telegraph
World of shit
Souljacker pt. II
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