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Attention, c'est du lourd, là ! La discographie studio de mister Gainsbourg ! Ca a fait 20 ans, hier, qu'il nous a quitté...

47401687Du Chant A La Une ! (1958) : Premier album, et comme tous ses autres albums de la période 1958/1968, il est on ne peut plus court (même pas 25 minutes pour 10 titres). Franchement pas son meilleur, mais il contient quand même Le Poinçonneur Des Lilas, Du Jazz Dans Le Ravin, La Jambe De Bois Friedland et Douze Belles Dans La Peau. Pour un début, c'est assez correct, en somme...

47401690N°2 (1959) : Un chouia plus long dans sa version 12-titres (28 minutes), car il est aussi sorti, à l'époque, en version 8-titres. Honnêtement, un de ses moins bons du début de sa carrière, avec une ou deux chansons très intéressantes et réussies (Le Claqueur De Doigts, Jeunes Femmes Et Vieux Messieurs) pour pas mal d'autres qui sont, comment dire, insignifiantes (L'Anthracite, Cha Cha Cha Du Loup). Très mineur.

47401693L'Etonnant Serge Gainsbourg (1961) : 25 minutes, 10 titres, et au moins deux immenses chansons ici (les deux premières, La Chanson De Prévert et En Relisant Ta Lettre). Pochette immonde d'un Serge qui pose de trois-quarts, lui qui ne se trouvait pas beau était, désolé de le dire, plus beau vers le milieu et la fin de sa vie qu'au début de sa carrière. Le côté négligé (mal rasé, etc) lui allait bien, mais le contraire, en revanche, non ! Pour en revenir au disque, il est largement meilleur que les deux premiers, et surtout N°2. Pas un sommet intégral, mais sans doute son premier disque écoutable à 100%. Néanmoins, je préfère largement ce qu'il fera par la suite.

47401696N°4 (1962) : C'est sur ce disque au titre paresseux (N°4) qu'on trouve La Javanaise, Intoxicated Man et Ce Grand Méchant Vous, trois immenses chansons de Serge. Sinon, l'album, d'une durée approximative de 27 minutes (pour 12 titres...), avec sa superbe pochette, n'est pas un triomphe total, mais c'est tout de même un disque hautement appréciable, comme L'Etonnant Serge Gainsbourg précédent. J'avoue ne pas l'avoir écouté très souvent, et je ne sais pas trop pourquoi, en plus (on ne peut pas tous les écouter en même temps, il faut bien choisir, et le début de carrière de Serge n'est définitivement pas ma période préférée de lui).

47401697Gainsbourg Confidentiel (1963) : Presque 30 minutes pour celui-là (dans les 29 minutes, en gros, pour 12 titres), et là, attention, c'est le premier sommet absolu de sa carrière, rien que ça ! Avec un lot de classiques tels que Chez Les Yé-Yé, Scenic Railway, Sait-On Jamais Où Va Une Femme Quand Elle Vous Quitte (son titre de chanson le plus long ?), No No Thanks No ou Elaeudanla Téitéia. Ce dernier titre est une chanson sur une certaine Laetitia, et le titre ne fait que prononcer, en l'épelant, le prénom, l-a-e dans l'a-t-i-t-i-a. Un disque tout sauf confidentiel, malgré son titre, superbement interprété, à écouter d'urgence ! 

6Gainsbourg Percussions (1964) : 28 minutes, 12 titres, et parmi ces chansons, les inusables Quand Mon 6.35 Me Fait Les Yeux Doux, Coco And Co, Couleur Café, Pauvre Lola, Ces Petits Riens, Joanna... Ce Percussions est, encore une fois, on l'aura compris bien assez vite, un album indispensable, sans doute même l'est-il plus encore que Confidentiel. Même si, selon moi, la suite est encore plus fantastique.

B_CBonnie And Clyde (1968) : Moins connu, sans doute (du moins de nos jours) que l'album suivant, c'est un disque enregistré avec Brigitte Bardot, et contenant, évidemment, la fameuse chanson sur ce duo de gangsters de la Grande Dépression. On y trouve aussi Comic Strip, La Javanaise, L'Eau A La Bouche, Docteur Jekyll And Mister Hyde, La Madrague, Pauvre Lola, Intoxicated Man, Bubble Gum...En tout, 30 minutes, 12 titres, et, certes, des doublons (les interprétations sont les mêmes ; par contre, Bardot chante pas mal ici), notamment trois titres qui se retrouveront sur le Initials B.B. de la même année. Mais, quoi qu'on en dise, un album remarquable !

7Initials B.B. (1968) : Que dire sur un tel album ? Même si, aujourd'hui, la voix féminine (une anglaise ou une américaine, au vu de l'accent épouvantable) m'insupporte totalement sur Bloody Jack, Ford Mustang (ses bang ! sont à chier) ou sur Hold-Up, rien à dire sur l'album, qui aligne 12 merveilles, et parmi elles, Initials B.B., Comic Strip, Bonnie And Clyde (avec Brigitte Bardot, évidemment), Ford Mustang (autre version du morceau-titre, paroles différentes), Qui Est "In" Qui Est "Out" ou Torrey Canyon. Bon, après, c'est vrai que Shu Ba Du Ba Loo Ba n'est pas du même niveau que le reste, mais on pardonnera à Serge. 31 superbes minutes, sinon. Et, en CD, parmi les bonus-tracks, le fameux Requiem Pour Un Con, juste immense (en revanche, pas mal de doublons de titres avec les bonus). J'ajoute, pour finir, que la chanson Initials B.B. est, selon moi, la meilleure de Serge, point barre.

49602830_pJane Birkin - Serge Gainsbourg (1969) : Album scellant la rencontre et le début de la vie commune de Serge et Jane Birkin. Un disque magnifique, qui vient d'être enfin réédité en CD (il était introuvable ou presque depuis des années), contenant 69 Année Erotique, L'Anamour, Sous Le Soleil Exactement, Je T'Aime Moi Non Plus, Elisa, Les Sucettes... Les chansons furent quasiment toutes écrites pour d'autres, à la base (Anna Karina, Françoise Hardy, Brigitte Bardot, France Gall), mais les réinterprétations de Serge ou Jane sont juste sublimes. Un disque franchement superbe.

melody_grd_1Histoire De Melody Nelson (1971) : Pour beaucoup, le sommet de Serge. Mon deuxième préféré derrière le suivant (et je trouve le suivant un petit peu supérieur, mais le style est différent, aussi), avec des arrangements magnifiques, 7 remarquables titres, 28 minutes de pur bonheur. Rock et chansons, album conceptuel qui sera adapté en TVfilm musical en 1971, si je ne m'abuse. Une oeuvre totalement (et de manière très justifiée) culte.

42308820_pVu De L'Extérieur (1973) : Mon préféré de Gainsbourg, 28 magistrales minutes. Un disque fait après sa première crise cardiaque, et contenant des chansons faussement scatologiques (Des Vents, Des Pets, Des Poums, Titicaca) et sexuelles (Panpan Cucul, Pamela Popo, L'Hippopodame), mais cachant en fait un coeur brisé (Je Suis Venu Te Dire Que Je M'En Vais). Tout en jouant sur les mots, tout en faisant des chansonnettes grivoises et scato, Serge nous parle de déception amoureuse, de crise, de jalousie, de solitude sentimentale. Un disque assez sombre et intime. Sans doute son plus grand, tout compte fait.

42505216_pRock Around The Bunker (1975) : 30 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, il fallait bien que quelqu'un s'y colle. Et c'est un juif qui s'y colle, en plus ! Album scandaleux de par son sujet, la manière dont il est traité. Un disque très réussi, court (28 minutes), controversé, pas le meilleur de Serge (l'ambiance bastringue, l'omniprésence des choeurs féminins, tout ça rend l'ensemble un peu monotone, parfois), mais de superbes chansons, comme S.S. In Uruguay, Nazi Rock, la reprise de Smoke Gets In Your Eyes ou le court Yellow Star. Pochette signée Gainsbourg, et album, donc, à écouter.

42897511_pL'Homme A Tête De Chou (1976) : Si l'album suivant est le dernier bon Gainsbourg, celui-ci est le dernier monument du chanteur. Rien à dire, 32 magistrales minutes alternant entre reggae, chanson, pop, rock, progressif, world...Un album conceptuel, assez sexuel par moments (Variations Sur Marilou), assez sombre aussi. Avec la fameuse sculpture en pochette, acquise par Serge, et qui lui a donné l'idée de l'album. Immense.

47784007_pAux Armes, Et Caetera (1979) : Un très bon disque de...reggae, première des deux incursions de Serge dans le genre, même si, sur son précédent album, Marilou Reggae était un bel exercice de style sur ce genre musical (d'ailleurs, Serge la reprend ici). Scandale absolu de la chanson-titre, version reggae de La Marseillaise...Présence de Vieille Canaille, de Brigade Des Stups, de Des Laids, Des Laids... Il faut aimer le reggae (disons qu'il ne faut pas détester ce genre) pour aimer l'album, mais honnêtement, c'est son dernier album réussi, enregistré à Kingston (Jamaïque) avec des musiciens du cru (Robbie Shakespeare, Sly Dunbar) et les I Threes (choristes de Bob Marley).

49573623_pMauvaises Nouvelles Des Etoiles (1981) : Moins connu et estimé que Aux Armes Et Caetera, c'est son follow-up, sa suite, plus sombre (Bob Marley est mort, le reggae a perdu son leader). Peu de classiques (Evgenie Sokolov, qui est aussi un roman de Gainsbourg sur un pétomane ; Ecce Homo), mais un album assez correct, sans être un chef d'oeuvre. Un album peu connu, moyennement réussi, et accessoirement le plus long de Serge : 40 minutes. Pour les fans de l'artiste, mais pas pour le découvrir.

49527356_pLove On The Beat (1984) : Si la chanson-titre de 8 minutes, Sorry Angel et I'm The Boy sont excellentes, si Lemon Incest est écoutable, le reste l'est nettement moins (Harley David Son Of A Bitch, la pire chanson de Serge). Un disque encensé à son époque, assez sexuel, pornographique même (Love On The Beat : Une décharge de 6000 Volts vient d'gicler dans le pylône). Un disque terriblement mineur. Mais, de temps en temps (mais vraiment de temps en temps), il peut être appréciable. N'empêche, pas terrible !

49647577_pYou're Under Arrest (1987) :  J'adore Aux Enfants De La Chance (une des meilleures chansons anti-came qui aient été faites), la reprise de Mon Légionnaire et Dispatch Box. J'aime assez la chanson-titre et la reprise de Gloomy Sunday (un standard). Ca fait 5 chansons sur les 10 de l'album. Les 5 autres ? Nulles. A. Chier. Des. Briques. En. Plastique. Le pire de Gainsborug, et le pire, dans tout ça : ce sera son dernier album. Il finit bien mal sa carrière...