Eels_Daisies_Of_The_Galaxy

Enfin, avec son second album, Electro-Shock Blues, Eels a trouvé son identité et presque sa raison d'être. En effet, Electro-Shock Blues marque une étape importante dans la discographie de Mark Oliver Everett, alias Mister E, et principal compositeur du groupe.
En effet, l'artiste a connu une période pour le moins tragique et douloureuse avec le suicide de sa soeur et le cancer en phase terminale de sa mère. Mister E a même songé à arrêter sa carrière. Mais son proche entourage le poussera à continuer.

D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, même si Electro-Shock Blues ne rencontrera pas le succès escompté, il reste le ou l'un des disques préférés des fans. Pas facile de passer après un tel album. Pourtant, deux ans plus tard, donc en 2000, Eels apporte la meilleure des réponses, avec Daisies of the Galaxy.
Sur les forums tenus par les fans, il existe un vaste débat pour départager ce troisième effort avec le précédent, à savoir quel est le meilleur des deux. En vérité, les deux albums sont très différents et finalement peu comparables.

Si Electro-Shock Blues était le disque de la mort, de la peine, de l'abandon et de la solitude, Daisies of the Galaxy est celui du deuil accompli et de la libération. Attention, cela ne signifie pour autant que Daisies of the Galaxy soit un album joyeux, loin de là.
Mais Mister E a délaissé l'ambiance morbide d'Electro-Shock Blues pour composer un disque beaucoup plus pop rock dans sa tonalité. En résumé, ça va tout de même beaucoup mieux pour ce qui est de la santé morale. Il suffit de prendre la pochette du disque pour s'en rendre compte.

D'ailleurs, la pochette est absolument sublime (enfin, perso, j'aime beaucoup). Il s'agit d'un dessin ou alors d'une peinture (probablement un dessin) qui montre quatre gosses dans une forêt, l'un d'entre eux (une fillette) tient une baguette devant deux chiots.
Plutôt généreuse, cette troisième livraison se décompose en 15 titres. Moins sombre et plus accessible que son précédesseur (pas trop difficile en même temps), Daisies of the Galaxy aligne les singles en puissance. Clairement, la plupart des titres pourraient très bien tenir leur place et connaître le succès sur les ondes radios.

C'est par exemple le cas de Packing Blankets, Grace Kelly Blues, Flyswatter, I Like Birds ou encore Jeannie's Diaries. Certes, dans l'ensemble, l'humeur se veut beaucoup plus joyeuse. Néanmoins, Daisies of the Galaxy reste teinté par une certaine mélancolie.
On note encore ici et là quelques chansons bien tristounettes, entre autres, It's a motherfucker et Selective Memory. La mort reste tout de même assez présente sur ce disque. En dehors des titres déjà évoqués, on note également de nombreuses petites merveilles.

Au hasard, nous citerons Tiger in my tank, A Daisy through concrete et surtout Mr E's Beautiful Blues, qui conclut magistralement l'album. En résumé, et vous l'avez compris, Daisies of the Galaxy est une véritable merveille. Personnellement, je le considère comme le chef d'oeuvre absolu de Eels.
En vérité, par la suite, Mister E appliquera peu ou prou la même formule, à savoir ce mélange entre l'aspect mélancolique d'Electro-Shock Blues et l'aspect beaucoup plus lumineux de Daisies of the Galaxy. Force est de constater que cette formule fonctionne à merveille
.

Liste des titres:

Grace Kelly Blues
Packing Blankets
The sound of fear
I like Birds
Daisies of the Galaxy
Flyswatter
It's a motherfucker
Estate stale
Tiger in my tank
A daisy through concrete
Jeannie's diary
Wooden nickels
Something is sacred
Selective Memory
Mr E's beautiful blues