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Tomorrow Morning est donc le dernier disque du groupe Eels et de son chanteur torturé, Mark Oliver Everett. L'air de rien, le songwritter délivre son neuvième album en 16 ans d'existence.
On peut véritablement parler de compositeur prolifique. Après un premier album hésitant, qui reste (et à mon avis, qui restera) le plus gros succès du groupe, et deux autres livraisons brillantes et fascinantes, Eels s'est taillé une certaine réputation.

En effet, certains fans évoquaient un grand groupe en devenir, dont les qualités sonores s'amélioraient d'album en album. Pourtant, malgré des qualités évidentes, Mister E (c'est le surnom de Mark Oliver Everett) aura du mal à trouver un second souffle.
Certes, le musicien et chanteur tentera de se diversifier avec un quatrième disque plus rock, Souljacker puis variera les plaisirs sur les livraisons suivantes.

Mais depuis quelques albums, à savoir El Hombre Lobo et End Times, Eels semblait se répéter, parvenant même à désarçonner certains fans de la première heure, certains lui reprochant d'être incapable de se renouveler. En même temps, c'est vite oublié le magnifique double album, Blinking Lights and other revelations, le meilleur cru du groupe depuis le troisième opus (Daisies of the Galaxy).
En vérité, Tomorrow Morning s'inscrit dans une trilogie et constitue le dernier chapitre d'un état thymique aux humeurs variées.

Eels est donc passé par Hombre Lobo, un disque sympa mais sans surprise, Mark Oliver Everett livrant le minimum syndical. Ensuite, viendra le magnifique End Times, un disque de dépressif et un album réussi qui provoquera tout de même les hostilités.
En un sens, End Times pourrait se rapprocher d'Electro-Shock Blues par ses sonorités mélancoliques et son refus de céder à toute tendance commerciale.

Après avoir évoqué le deuil, la dépression, la séparation et la douleur, l'heure est à la joie et à la bonne humeur. Telle est le mot d'ordre de Tomorrow Morning.
Un disque franchement désarçonnant, qui a le mérite de varier la palette musicale de l'artiste. Caricaturer Eels à un groupe uniquement triste et désespéré est donc une grave erreur !
Mais au moins, avec Tomorrow Morning, le groupe montre qu'il est capable de varier les plaisirs, certaines chansons étant franchement surprenantes.

Par exemple, comment ne pas citer le single Spectacular Girl ? Pour le reste, l'album est composé de chansons tantôt funk, tantôt pop voire électroniques.
Un vrai coup de maître pour un disque totalement réussi, Mark Oliver Everett livrant ainsi son meilleur disque depuis Blinking Lights and other revelations.
Ce qui n'est pas un mince compliment.

Eelsoliver