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John Lennon n'a, on le sait, pas fait que jouer au sein des Beatles. Sa discographie solo, qui contient quelques merveilles, est détaillée ici (sauf les compilations) !

49447642_pUnfinished Music #1 : Two Virgins(1968) : 28 minutes de boucan inaudible enregistré par John et Yoko Ono. Le premier vrai album solo d'un Beatles, qui a en quelque sorte anticipé les 9 minutes avant-gardistes de Revolution 9 sur le Double Blanc de la même année. Que dire, sinon que c'est inaudible, ridicule et abominable ? Mais c'est, aussi, totalement culte, et la pochette, scandaleuse, fera énormément parler d'elle et de l'album. 

49482684_pUnfinished Music #2 : Life With The Lions(1969) : John  et sa Yoko ne sont pas fatigués, la preuve avec ce disque foutralement long, contenant un morceau interminable en face A (Cambridge 1969) et, sur la face B, des titres plus courts, et tout aussi inaudibles. On notera, en revanche, un passage assez déchirant, qui se passe de commentaire, l'enchâinement Baby's Heartbeat/Two Minutes Silence. Sur le premier, on entend la respiration du foetus que portait Yoko. Sur le second, deux minutes de silence total, en deuil de ce foetus, qui ne survivra pas (Yoko fera une fausse couche, et la pochette la montre sur son lit d'hôpital, après ce drame de la vie).

49483544_pWedding Album (1969) : Encore pire que les deux premiers albums expérimentaux : ici, deux titres de plus de 25 minutes, un par face, dont John & Yoko, sur lequel les nouveaux mariés se répêtent leurs noms sur différents tons. Franchement inaudible, stupide, nul à chier, sans aucun intérêt.

49433535_pLive Peace In Toronto 1969(1969) : Une face constituée de morceaux très rock joués par le Plastic Ono Band (Lennon, Clapton, Voorman...), commeYer Blues, Cold Turkey ou Give Peace A Chance. Et une face constituée de deux titres chantés par Yoko Ono, tous deux terrifiants et inaudibles (Don't Worry Kyoko)... A l'arrivée, un live intéressant, mais totalement inégal.

49487651_pJohn Lennon/Plastic Ono Band(1970) : Le premier vrai album solo de Lennon, sorti en même temps que le premier vrai album solo de Yoko (pochettes similaires, tant recto que verso, et mention Plastic Ono Bandpourlesdeux). L'Histoire ne retiendra pas l'album de Yoko ; l'Histoire fait bien les choses. Produit par Phil Spector, enregistré à l'arrache (live en studio), très introspectif et assez expérimental, difficile d'accès, ce premier opus solo véritable de Lennon est aussi son meilleur. Rien que Mother, God et Working Class Hero sont immortelles, mais Isolation, Love, le court MyMummy's Dead et I Found Out assurent aussi. Rien à jeter, en fait.

42334665_pImagine (1971) : Plus pop que le précédent, un album, selon les dires de Lennon, 'chocolaté'. Encore une fois produit par Spector, avec la participation de George Harrison. Avec la présence, aussi, de King Curtis (saxophone), qui décèdera peu après, malheureusement. Avec la présence de classiques tels que Jealous Guy, Imagine, How Do You Sleep ?(chanson anti-McCartney que Lennon regrettera par la suite) ou How ?. Avec, aussi, il faut le dire, quelques chansons moins fortes (It's So Hard, Crippled Inside), rendant le disque, malgré son statut légendaire, assez inégal. Mais c'est probablement son deuxième meilleur album solo en studio.

53405959_pSome Time In New York City(1972) : Double album (toujoursen CD, et la réédition CD la plus récente propose enfin tout le deuxième disque, le dernier morceau, , avait en effet été retiré des anciennes rééditions) à la fois studio et live (le deuxième disque est live, avec notamment des morceaux enregistrés au Fillmore East en juin 1971, pendant le concert de Frank Zappa & The Mothers, concert ayant donné Fillmore East, June 1971de Zappa). Le disque live, malgré les interventions de Yoko, est correct (immense version de Cold Turkey).Le disque studio est meilleur, mais assez daté (trop de chansons politiquement engagées sur des sujets très en phase avec leur époque, mais aujourd'hui oubliés ou presque : libération du leader gauchiste John Sinclair sur le morceau du même nom, chanson sur Angela Davis (Angela), sur les émeutes carcérales (Attica State), sur l'Irlande (Sunday Bloody Sunday, sur le même sujet que la chanson homonyme de U2, qui est meilleure). On notera, cependant, deux réussites, New York City et Woman Is The Nigger Of The World. Mais ce disque, dans l'ensemble, et surtout les chansons chantées par Yoko (Sisters, O Sisters), est daté et moyen, pour ne pas dire médiocre.

53196350_pMind Games (1973) : Bien meilleur que le précédent, avec une ou deux chansons franchement remarquables (la chanson-titre, Aisumasen (I'm Sorry), notamment). Après, ce disque est hélas tombé plus ou moins dans l'oubli, aucun tube pour le lancer... Aujourd'hui assez méconnu, il reste un assez bon cru, à découvrir. Sous-estimé, sans être immense. Meilleur que ce que l'on en dit souvent !

JohnLennon_albums_wallsandbridgesWalls And Bridges(1974) : Sous sa pochette utilisant des dessins d'enfant de Lennon (avec un système de rabats sur le vinyle, pour changer les dessins), idée de pochette à la base prévue pour le disque suivant, se cache un disque encore moins réputé que Mind Games, mais aussi nettement supérieur. Enregistré pendant le 'lost weekend' (période d'errance personnelle, à Los Angeles, d'un Lennon temporairement séparé de Yoko, en 1973/75), Walls And Bridges est une réussite, qui offre notamment #9 Dream (la plus belle chanson de Lennon en solo ?), Whatever Gets You Thru The Night (avec Elton John, qui pariera avec Lennon, et gagnera, que cette chanson sera un N°1 dans les charts), Steel & Glass qui reprend les arrangements de cordes de How Do You Sleep ? et, ici, démantibule violemment Allen Klein, ou bien encore Scared, Old Dirt Road... Un album parfois sous-estimé, souvent, même, mais quelle réussite, 46 immenses minutes !

53275987_pRock'n'Roll(1975) : Album entièrement constitué de reprises de classiques du rock'n'roll (You Can't Catch Me de Chuck Berry, que Lennon avait d'ailleurs plagié pour Come Together),enregistré pendant une assez longue période (1973/74, enregistrement étendu et vaguement chaotique). Rock'n'Roll, qui utilise une sublime photo d'un Lennon jeune à Hambourg (Allemagne), on distingue vaguement certains des Beatles en personnages flous, n'est pas mauvais comme je le pensais avant, mais clairement pas un grand cru. Dans le genre 'disque de reprises', c'est pas mal, on sent que Lennon s'est éclaté, mais on ne qualifiera pas ce disque de chef d'oeuvre (on le qualifiera, en fait, de 'grand pas en arrière' pour Lennon), et on aura raison. Son dernier album officiel en 5 ans. A noter que sa gestation (le pourquoi du comment il a fait ce disque, etc...) est très embrouillée, c'est à moitié pour des raisons juridiques à cause de son plagiat de la chanson de Chuck Berry : Morris Levy, détenteur des droits des chansons de Berry, lui intentera presque un procès, Lennon sera 'obligé', pour se faire pardonner, de reprendre officiellement la chanson, et l'idée d'un disque de reprises de standards lui viendra à l'esprit. En 1975, peu avant la version officielle, Levy en sortira une version non-mixée, officieuse, désormais collector, John Lennon Sings Rock'n'Roll Hits - Roots. Il trouvait sans doute que Lennon traînait à sortir l'album...

53313890_pDouble Fantasy(1980) : Dernier album sorti du vivant de Lennon, mais juuuuuste avant qu'un certain cinglé du nom de Mark Andrew Chapman (qu'il pourrisse en enfer) ne décide de stopper net la carrière du binoclard. Dommage, car ce disque enregistré avec Yoko (14 chansons, 7 par interprète/auteur) marquait le début de ce qui aurait été une renaissance, avec le bien nommé (Just Like) Starting Over que Jean-Louis Aubert pompera pour son Les Plages, et avec aussi le sublime Woman. Un très bon disque. Son meilleur depuis Imagine, ceci dit, et c'est pas rien ! A noter que Yoko est, ici, en état de grâce, littéralement ; elle offre certes la chanson la moins bonne du lot (Yes, I'm Your Angel, très kitsch, style chanson de dessin animé de Disney), mais il n'y à, sinon, vraiment rien à dire de négatif sur elle ici, elle chante bien, est sobre dans ses effets vocaux dans l'ensemble, et ses chansons ne dépareillent pas de celles de Lennon : toutes se répondent, en fait, faisant de cet album une sorte de concept sur un couple se déchirant, puis se retrouvant (A Heart Play est d'ailleurs son sous-titre). Fort, très fort. Trois semaines plus tard...

milk_and_honey_coverMilk And Honey (1984) : Album de chutes de studio des sessions de Double Fantasy (la pochette elle aussi est issue de la même session photographique), premier album posthume de Lennon. Un disque moins réussi que le précédent, mais franchement, pas mal du tout. On y trouve 12 titres, 6 par Lennon et 6 par Yoko, en alternance comme pour l'album de 1980. Yoko y est moins bonne, mais ses trois dernières chansons (celles de la face B) sont sublimes. Pour Lennon, rien de négatif à dire, à part qu'il manque, putain, il manque, depuis un peu plus de trois ans au moment de la sortie de ce disque généralement mal-aimé (des fans et de la critique).

John_Lennon_liveinNycLive In New York City (1986) : Concert de 1972, sorti en 1986, deuxième album posthume donc. D'excellentes interprétations de ses classiques (Mother, notamment) et, au final, un live très recommandé et réussi.