FRONT

Sorti en 1968 alors que le hard-rock n'existait pas encore (Led Zeppelin n'avait pas encore sorti son premier album), Steppenwolf, parfois retitré Born To Be Wild en honneur à sa plus fameuse chanson, est le premier album du groupe de rock canadien Steppenwolf. Steppenwolf, anciennement The Sparrows (nom bien moins agressif que Steppenwolf, qui signifie Le Loup Des Steppes et tire son nom d'un roman de Herman Hesse), était constitué du chanteur John Kay, de nationalité allemande (né en Lituanie), du batteur Jerry Edmonton (frère de Dennis, alias Mars Bonfire, qui incorporera le groupe en 1970 et a signé Born To Be Wild), du guitariste Michael Monarch, du bassiste Rushton Moreve et du claviériste Goldy McJohn. John Kay tient aussi harmonica et guitare.

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L'album, long pour son époque (46 minutes, 11 titres), est une bombe artisanale à fusion ultra rapide, contenant les deux plus grandes chansons de Steppenwolf, Born To Be Wild (qui servira, on le sait, de musique pour Easy Rider de Dennis Hopper, un an plus tard) et The Pusher (qui sera aussi dans le film, et parle de came), aux riffs de folie furieuse. Mais avec Sookie Sookie, The Ostrich, Desperation ou la reprise de Hoochie Coochie Man de Willie Dixon (Sookie Sookie aussi est une reprise, mais de Don Covay et Steve Cropper), le groupe assure aussi ses arrrières avec un son purement démoniaque pour l'époque. La voix de Kay est tuante, les guitares sont machiavéliques ; clairement, Steppenwolf ne sonne comme rien à l'époque. Il faudra attendre Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, Pink Fairies, Blue Öyster Cult ou The Stooges pour avoir un son aussi violent. Oui, le hard-rock est né avec ce disque.

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Ce Steppenwolf premier du nom, sous sa pochette on ne peut plus banale (nombreuses sont les éditions CD à indiquer fièrement Born To Be Wild sur la pochette, en sticker ou directement imprimé sur le visuel) est donc une réussite incontestable, et mis à part leur Steppenwolf Live de 1970 (double - en vinyle - avec un loup grognant sur la pochette) et éventuellement leur deuxième album studio (Steppenwolf The Second, en 1968) avec l'immense Magic Carpet Ride, mis à part ces deux albums, donc, aucun autre disque du groupe n'atteindra de tels sommets. Rien à jeter, un disque indispensable, et bravo à Rock'n'Folk de l'avoir enfin abordé dans leur Discothèque Idéale (numéro paru en mi-janvier, il y à quelques jours donc) !

FACE A

Sookie Sookie

Everybody's Next One

Berry Rides Again

Hoochie Coochie Man

Born To Be Wild

Your Wall's Too High

FACE B

Desperation

The Pusher

A Girl I Knew

Take What You Need

The Ostrich