Bon, ce ne fut certainement pas le concert le plus drôle de l'année (The Jim Jones Revue gagne cette palme haut la main, grâce à sa violence rockab' - garage qui sent la sueur et la Motul). Mais ce fut certainement un des plus historiques : aujourd'hui, Dieu seul sait si l'on reverra cette armada fantasmagorique sur une scène française... Le Zénith... On a souvent emprunté le chemin de la Villette ces dernières années : pour les White Stripes, pour QOTSA, pour Christophe Maé... (hin hin !!!). Mais rarement je n'ai ressenti une aussi grande excitation. L'instant est grave et solennel : la Sainte Trinité sur scène, épaulée par un disciple surdoué (Alain Johannes). J'en connais qui chopent des demi-molles à l'idée de voir des pantins vingt fois moins doués et mythiques.

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La délégation amiénoise était au grand complet : les Purple Monkey Washing Machine aux taquets, François, Magalie, Emilie, et votre serviteur sont montés dans le minibus Serena. Avec les packs de bière, et Led Zeppelin à fond. Peu d'emmerdes sur le périph' : il faut dire que le Zénith est à la 3e porte en arrivant d'Amiens ! Pour le retour, ce fut une autre histoire all around the 93 ! Mais revenons en à nos moutons. La prmeière partie assurée par Nosfell n'a pas pesé bien lourd face à nos estomacs de soiffards incorrigibles. D'où positions stratégiques près des stands à pisse, euh pardon à Kronenbourg !

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Et il fallait bien ça : une chaleur infernale (ma chemise tenait littéralement debout toute seule après le concert, ou peu s'en faut), un public largement trans-générationnel (j'ai vu des gosses de 10 ans, des sexagénaires...), ambiance chaude sans être débile (comprendre par là : pas de djeunes idiots juste venus pour le pogo viril, voir les concerts QOTSA) permettant d'intégrer le devant de la fosse en bénéficiant d"une bonne vue, la même Kronenbourg dégueulasse débitée aux stands...

Sinon, pour parler du concert en lui-même,  le show dure deux heures, avec moult jams : ce qui est parfois assommant sur le disque ("Warsaw..."...) prend une dimension atomique sur scène ("Warsaw..."...) par la grâce de MONSIEUR Dave Grohl. Voir ce bucheron épileptique fracasser ses futs deux heures durant sans répit, tout en assurant les choeurs de fort belle façon, et en déconnant à qui mieux mieux, est un véritable enchantement. A plusieurs reprises, j'ai senti comme un petit picotement dans la région occulaire. Je vais mettre ça sur le compte de l'émotion... Le seul descendant crédible de Bonham, c'est lui. Et je ne blasphème pas, c'est l'évidence même. Ses interventions sur les breaks de "No One Loves Me..." ou sur le final de "Bandoliers" laissent les grincheux sur le carreau.

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Homme semble en bonne forme, et laisse tomber son comportement parfois lourdaud des concerts QOTSA (les insultes, tout ça...). L'ennui, c'est que le mix honteux et le son gerbax du Zénith (vieille habitude) ne rend pas justice aux joutes qu'il impose à Alain Johannes (quel excellent musicien sous-estimé...). Il se permet quelques blagounettes (d'entrée, "Nous sommes les Petits pois !"), boit sa bouteille de Grey Goose le temps du show, mais sans jamais perdre le fil. Ce mec va prendre une dimension encore plus importante dans les années à venir... Et cette voix à la Jack Bruce sur "Scumbag Blues"... Homme est l'alpha-mâle avec une voix de fausset, peu de gens en serait capables !

JPJ est à son image : posé mais content d'être là (il balance des clins d'oeil au public en jouant, pointe des personnes du doigt...), mais un foutu goût de cochon pour les instruments (sérieux, c'était quoi cette basse clignotante ?). A ma grande surprise, il a reçu une ovation équivalente de celle de Grohl (sur le mode stade de foot : "John Paul Jones" scandé...). Et Alain Johannes occupe une place équivalente aux trois légendes : pas question de le planquer derrière les amplis comme un vulgaire sideman de Placebo (le pire c'est que c'est vrai, ils osent planquer les mecs qui épaississent le son du groupe, c'est la lose absolue).

La setlist est constituée de l'album entier, de deux "inédits" ("Highway One" et "You can't possibly..."), et d'un solo de Johannes. Trois morceaux ont droit au traitement "étendu" : "Scumbag Blues" (très sympa...), "Spinning In Daffodils" (très bon, malgré le solo de clavier interminable de JPJ à la fin...) et un "Warsaw" qui prend enfin une dimension énorme en final du concert.

Les meilleurs moments : un enchainement "No One Loves..."-"Gunman" d'entrée absolument terrible, "Dead End Friends" (redoutablement efficace), et un "Reptiles" chaud comme la braise.

Palme du moment décalé pour "Interlude with Ludes" où Homme lâche la guitare pour se livrer à un hallucinant numéro de chant-danse à mi-chemin entre l'ours pataud, une Zaza Napoli stoner, et un tueur en série... C'en était trop pour certains autour de moi qui ont sifflé à ce moment, pourtant grand moment de rigolade !

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On peut reprocher leur tendance à l'auto-complaisance, mais on ne peut remettre en cause leur enthousiasme et leur entrain. Certains crétins ont cru nécessaire de regretter l'absence de morceaux de Led Zep (véridique ! et ce, chez les plus jeunes, pas chez les quinquas !), l'absence de rappel (eh ! ils ont tout joué ! Pendant deux heures bien tassées... Et puis quel rituel de plus en plus bidon et convenu à l'avance).  Mais bon, l'un dans l'autre, j'ai pas regretté ma soirée moi... (malgré le sandwich infect après le concert qui m'a collé la chi...). C'est con, vous auriez dû venir !

Allez, je ne suis pas chien, et je cesse ma provoc' à deux centimes d'euros ! Voici quelques liens de vidéos du concert, souvent d'excellente qualité :

http://www.youtube.com/watch?v=QF47TCMjPo8

http://www.youtube.com/watch?v=w8X6au5we-o (Raaaah ! "Interlude"...)

http://www.youtube.com/watch?v=yMKU6kyirFc