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Le Gun Club...Groupe ultra important malgré son relatif manque de notoriété, il a été fondé en 1979 (et durera jusqu'en 1996) par le chanteur Jeffrey Lee Pierce (sa mort entraînera la fin du groupe), aussi guitariste et compositeur, et créateur du fanclub de Blondie à Los Angeles (c'est d'ailleurs lui, véridique, qui proposera à Blondie de reprendre le Hanging On The Telephone des Nerves). Personnalité étonnante et instable, grand amateur de défonce (alcool, drogues...), capable de prestations scéniques invraisemblables (chanter la tête en bas, hurler comme un loup sous la lune, fixer froidement du regard quelqu'un dans le public tout en chantant) qui variaient selon son état avant de monter sur scène, Jeffrey Lee Pierce, au sujet de qui Noir Désir fera une chanson en hommage (Song For JLP, morceau caché en final de leur 666.667.Club en 1996), était vraiment à part. Son groupe aussi, qui, sur ce disque que je réaborde (et qui est leur premier, sorti en 1981), était constitué de Ward Dotson à la guitare et slide, de Rob Ritter à la basse, de Terry Graham à la batterie et, donc, de JLP au chant et à la guitare (essentiellement slide). Le Gun Club, MaxRSS en à parlé ici il y à quelques semaines via leur troisième album The Las Vegas Story (1983), était un groupe, comment dire...je ne sais pas comment le définir. Je classe ça dans le punk, mais en fait, ce n'est pas du punk, pas vraiment. Si vous ne connaissez, en punk, que les Clash, les Sex Pistols ou les Damned, en écoutant le Gun Club, vous ne trouverez (quasiment) pas cette furie expéditive. Si vous aimez le blues et le blues-rock, en revanche, vous y trouverez pas mal de choses qui vous feront penser à votre genre musical de prédilection. 

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Sorti donc en 1981, produit par Tito Larriva (un musicien mexicain) et Chris D. (un musicien et poète/écrivain punk), ça sent bien l'indépendant tout ça, voici Fire Of Love. Ce disque est sorti sous deux pochettes, au moins, voire même trois. L'originale est en haut d'article, rose avec des personnages un peu beaucoup vaudou, et tout un attirail du même ordre. Il existe apparemment une pochette représentant sobrement le groupe devant un bâtiment, rien que de très banal (il se peut aussi que ça soit un bootleg). Enfin, l'édition CD la plus facilement trouvable de l'album, éditée par un label français (cocorico), visuel plus bas, représente un sorcier vaudou, photo retouchée aux teintes glauquissimes. Autrefois, c'était le visuel principal de l'article, car je pensais que c'était la pochette initiale, je n'avais l'album qu'en CD. Long de 40 minutes, l'album offre une reprise de Robert Johnson revampée par Jeffrey Lee Pierce : Preaching The Blues, sur lequel les guitares, et notamment la slide, délivrent une atmosphère totalement louche. On y trouve aussi une reprise d'un morceau de blues de  Tommy Johnson, Cool Drink Of Water, revisitée par le même JLP qui, clairement, réussit à en faire littéralement autre chose. Le reste de l'album est signé Pierce seul (enfin, l'ahurissant For The Love Of Ivy, ode à Poison Ivy Rorschach des Cramps qui n'appréciera pas du tout le morceau, est cosigné par Pierce et Kid Bongo Powers, ami musicien de Pierce, qui sera membre des Cramps, mais aussi de Nick Cave & The Bad Seeds, notamment), et on y trouve, partout, ce mélange entre frénésie punk et ambiances blues/vaudou putrides et glauques. 

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Le CD

C'est un fait, cet album est poisseux, il transpire le malaise tout en était jouissif de bout en bout, et d'ailleurs, ça démarre en fanfare avec un Sex Beat intemporel. Le chant de JLP est parfait, voix jeune qui sonne vieux, narquoise et prenante. We can fuck forever, but you'll never gonna get my soul ! She's Like Heroin To Me est un des grands morceaux rock méconnus du grand public, une bombe totale qui vous pétera à la tronche à chaque écoute, une perfection totale en 2,33 minutes. Que dire aussi du lent Promise Me, hypnotique (cette bon Dieu de slide...coup de génie...) ? De ces Ghost On The Highway et Black Train frénétiques, du génial Jack On Fire, du sensationnel Fire Spirit ? Tout l'album, jusqu'à ce dantesque Good Bye Johnny final qui n'est pas ne reprise de Chuck Berry malgré qu'il y fasse (mais arrangé à la sauce Gun Club) furieusement penser, tout l'album est une réussite de blues-rock teinté de punk, de punk-rock teinté de blues...de punk-blues, quoi. La suite de la carrière du groupe, au moins jusqu'à The Las Vegas Story, est du même tonneau (Miami, l'album suivant, en 1982, produit par Chris Stein, guitariste de Blondie, est tout aussi recommandé, celui abordé par Max aussi évidemment). On tient ici un des meilleurs groupes des années 80, pas très commercial, mais absolument jubilatoire dans son genre. Vraiment mythique !

FACE A

Sex Beat

Preaching The Blues

Promise Me

She's Like Heroin To Me

For The Love Of Ivy

Fire Spirit

FACE B

Ghost On The Highway

Jack On Fire

Black Train

Cool Drink Of Water

Good Bye Johnny