49334946_pRomans-Photos (1977) : Coup d'essai dans le long-format pour Bashung, qui s'était essayé, dans les sixties, à la chanson (singles), sans succès. Coup d'épée dans l'eau avec ce disque franchement mauvais, sur lequel Balavoine (alors inconnu ou presque) pose des choeurs, et qui marque la première collaboration avec le parolier Boris Bergman. Seule chanson, éventuellement, à sauver, C'Est La Faute A Dylan, et encore...Bashung refusera qu'on réédite cet album en CD, il le reniera (mais il se trouve dans le coffret intégrale posthume ; pas séparément, en revanche). Franchement à oublier.

49364901_pRoulette Russe (1979) : Meilleur que Romans-Photos, mais c'était pas dur non plus. Trois classiques bashungiens ici : Toujours Sur La Ligne Blanche, Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois et surtout Bijou Bijou. Le reste est assez plat, passable, voire même nul (Y'A Un Yéti). En 1980, il sera réédité avec Gaby Oh Gaby et Elle S'Fait Rougir Toute Seule en lieu et place de Les Petits Enfants et Milliards De Nuits Dans Le Frigo (désormais, le CD propose l'album de 1979, sans ces modifications, et offre aussi C'Est La Faute A Dylan, de 1977, en bonus).

49291147_pPizza (1981) : Réédité en CD avec les deux chansons de 1980 qui avaient, jusqu' là, été placées sur Roulette Russe (voir plus haut), ce troisième Bashung est largement meilleur, et offre Vertige De L'Amour, Fan, Privé, Rebel, Ca Cache Kekchose, bref, du bon, du lourd, avec des textes hilarants signés Bergman. Mais, aussi, parfois, une musique très proche de la pop variétoche de l'époque, qui a bien mal vieilli...Un bon disque, mais pas un sommet. Cependant, un disque crucial pour Bashung.

54042211_pPlay Blessures (1982) : Défoncé à sa sortie, ce disque va faire ploner Bashung pendant trois ans. Pourtant, c'est son meilleur (ce que la majorité des critiques l'ayant enfoncé à l'époque admettent aujourd'hui). Fortement influencé par le rock expérimental, la new-wave et surtout le cold-wave (Joy Divison, Bauhaus, Kraftwerk, Suicide ne sont pas loin), écrit en quasi totalité (sauf Junge Männer, par Bergman) par Serge Gainsbourg, excusez du peu, Play Blessures est un disque aussi court (34 minutes) que puissant, inoubliable et complexe, froid (et glauque) et magnifique, regorgeant de joyaux bruts. Oui, le meilleur de l'Alsacien !

46698021_pFigure Imposée (1983) : Sorte de Play Blessures bis, sans le feeling, sans Gainsbourg non plus (Pascal Jacquemin, un quasi inconnu, signe les textes, sauf Imbécile, de Bergman), mais cependant loin d'être raté. Elégance, What's In A Bird, Imbécile, Chaque Nuit Bébé sont excellentes. A noter, la réédition CD a viré Lou Ravi et l'instrumental Nuits Halloween, tous deux moyens, pour les remplacer par l'instrumental White Spirit et Spiele Mich An Die Wand (en allemand, à la Junge Männer). Dommage d'avoir amputé l'album de deux titres alors qu'ajouter deux bonus-tracks aurait été préférable ! Pour l'album initial, voir le vinyle (même réédité) !

49841345_pLive Tour 85 (1985) : Mon live préféré de Bashung, en partie parce qu'il possède une version implacable de Toujours Sur La Ligne Blanche, mais pas seulement. Tout est extraordinaire ici, y compris la reprise, en studio et en français, de Hey Joe. Double album à sa sortie (simple CD depuis), même s'il est d'abord sorti en album simple. Bashung et son groupe en forme !

46691737_pPassé Le Rio Grande... (1986) : Le retour de Boris Bergman aux textes pour un album conçu comme un disque gag, un disque solaire, pour fêter les retrouvailles des deux compères. Un album dont la production a terriblement vieilli (mid-80's...), et rempli de jeux de mots alternant entre le foiré (Mes rognons 1515, j'eusse aimé qu'elle revinsse, avant que Monseigneur n'me pince) et la réussite (Sur le perron parfois tu m'évitas). Au final, un disque limite nanar, assez amusant dans certains cas, assez consternant dans d'autres. J'ai une étrange relation amour/haine avec ce disque !

49603657_pNovice (1989) : Pure cold-wave, mâtinée de rock industriel à la NIN, pour ce disque fantastique, sorte de suite à Play Blessures, et dont le succès sera franchement minime (Novice passera inaperçu). Dernière collaboration avec Bergman (Alcaline ne parle que de ça), première avec Jean Fauque, grand ami depuis des lustres. Participations de guests hallucinants : Colin Newman (Wire), Blixa Bargeld (Nick Cave, Einsturzende Neubauten), Phil Manzanera (Roxy Music), Dave Ball (Soft Cell), Jean-Marie Aerts...Au final, un disque culte, puissant, froid comme la tombe et totalement maîtrisé, un des sommets du Bash' !

49334600_pOsez Joséphine (1991) : En route pour les zuhéssa. Bashung, qui collabore avec Bernie Leadon (Eagles) et Sonny Landreth (tous deux guitare) ici, a enregistré une grande partie de ce disque aux studios Ardent de Memphis, là où furent faits les albums de Big Star (le studio appartient d'ailleurs au batteur du groupe, Jody Stephens). Le reste a été fait à Bruxelles. Un disque court (39 minutes) est magnifique, sorte de croisement entre country et chanson française, avec classiques à la clé et quatre reprises en anglais de standards. Un des jalons de Bashung.

49407169_pChatterton (1994) : Avec entre autres la participation du guitariste américain Link Wray, ce Chatterton économe en tubes (Ma Petite Entreprise, c'est tout) est une relative déception. Certes, on y trouve de bonnes chansons, mais dans l'ensemble, cet album est à moitié rongé par une production un peu datée et semble le cul entre deux chaises. On s'y ennuie souvent, malgré l'excellence de A Ostende, A Perte De Vue ou Un Âne Plane. Disque mineur, selon moi, et même celui que j'aime le moins, si on oublie Romans-Photos !

50613572_pConfessions Publiques (1995) : Très bon double live issu de la tournée promotionnelle de Chatterton. D'excellentes versions des classiques de Bashung. Dans l'ensemble, rien de négatif à dire !! Pas mon live préféré de lui, sinon.

46192041_pFantaisie Militaire (1998) : Faut-il vraiment redire ici tout ce qui a déjà été dit cent fois au sujet de Fantaisie Militaire ? Nombreuses Victoires de la Musique en 1998 (dont le meilleur album), ce qui est amplement mérité...Victoire des Victoires (pour les 20 ans) en 2005, du meilleur album de ces 20 dernières années, ce qui est amplement justifié aussi...Nombreux classiques (quasiment tout l'album)...Excellente production et interprétation...Un sommet. Pourtant, je le place second dans mon Top 3, derrière Play Blessures !

49642221_pL'Imprudence (2002) : Difficile d'accès, très expérimental et sombre, album le plus long du chanteur (67 minutes) et proposant sa plus longue chanson (la chanson-titre, presque 10 minutes)...Encensé par la critique, bien accueilli par les fans, ce qui est une chose étonnante et miraculeuse en raison de son côté très hermétique, L'Imprudence, album gothique et sombre, est une merveille obscure, un des cinq sommets bashungiens. Plusieurs écoutes sont requises. A côté, Novice semble la bande-son des "Télétubbies" !

49915167_pLa Tournée Des Grands Espaces (2004) : Probablement le meilleur album live (double, comme les autres) d'Alain Bashung, un disque rempli de versions époustouflantes de ses meilleures chansons, dont des extraits de L'Imprudence et du Cantique Des Cantiques (suite musicale classique que Bashung a enregistré avec sa femme Chloé Mons, le jour de leur mariage, en 2001). Inoubliable et essentiel !

46694135_pBleu Pétrole (2008) : Ultime oeuvre studio, avec collaborations avec Gérard Manset, Gaëtan Roussel...Malgré une reprise malheureuse du Suzanne de Leonard Cohen (dans sa version francisée, par Graeme Allwright) cet album est parfait. Les 9 minutes de Comme Un Légo, Hier A Sousse (ma préférée de l'album), Résidents De La République et sa ligne prémonitoire (Un jour, je parlerai moins, jusqu'au jour où je ne parlerai plus), Je T'Ai Manqué, le poétique Vénus...Inoubliable, le troisième meilleur album de Bashung.

50727590_pDimanches A L'Elysée (2009) : Sorti en novembre 2009 (donc, en posthume), ce live fait la part belle aux titres de Bleu Pétrole, mais ne néglige bien entendu pas le reste de la discographie du chanteur, alors quasiment en phase terminal de son putain de cancer des poumons (les extraits proviennent de concerts à l'Elysée-Montmartre, en fin 2008). La pochette, d'un goût criard (couleurs), fait mal, mais musicalement, c'est remarquable, une fois de plus. Bien que diminué, il était encore au sommet, ici...