42497754_pIn The Court Of The Crimson King (1969) : De sa pochette à ses morceaux, cet album est mythique et quasiment indépassable dans le genre. Certains disent qu'il y à trop de mellotron (Epitaph en est gorgé), ce qui est sûrement vrai, mais il se dégage de cet album un parfum à la fois relaxant et terrifiant, le plus souvent dans le même morceau. Un must-have absolu et un des joyaux du groupe et du rock progressif.

42629548_pIn The Wake Of Poseidon (1970) : Ce disque a ses fans et ses détracteurs, et je fais partie des seconds, même si je l'aime beaucoup. Mais ce deuxième Crimso est un calque éhonté du premier album (surtout la première face, la seconde se démarquant un peu quand même), de son titre à sa structure. Le Crimso tourne un peu en rond, obnubilé par le succès du premier album, succès si frappant que la première mouture du groupe n'y survivra pas (moult changements de musiciens de 1969 à 1973). Bon disque, mais grand disque ? Je ne pense pas. Reste le terrifiant et magistral The Devil's Triangle.

42324228_pLizard (1970) : Cette fois-ci, King Crimson a compris la leçon et change radicalement de style. Proche du jazz expérimental, unique album avec le chanteur Gordon Haskell (aussi basse), Lizard, avec sa pochette en enluminures illustrant les chansons (l'une d'entre elle, éponyme, fait 23 minutes et toute la face B), est un disque aussi difficile d'accès (plusieurs écoutes sont requises) que sensationnel, et personnellement un de mes grands chouchous du groupe. Encore un classique !

42222882_pIslands (1971) : Nouveau chanteur/bassiste avec l'arrivée de Boz Burrell, dont la voix assez atone (par moments) accentue encore un peu plus le côté relaxant et zen de cet album à nouveau très différent du précédent. Souvent sous-estimé et décrié à cause de son accessibilité évidente (un comble : Lizard avait été décrié pour être le contraire !), Islands est un joyau pur et apaisant, certes très accessible, trop sans doute, mais musicalement parfait. 

42923152_pEarthbound (1972) : Le line-up de l'album Islands pour cet album live fantastique, mais possédant une des qualités sonores les plus exécrables qui soient, le rendant assez difficile d'accès et même insupportable par moments (les giclées de synthés de Groon, la voix amplifiée par un vocoder sur 21st Century Schizoid Man). Avec une meilleure qualité sonore, ce live (que le groupe a longtemps renié) aurait facilement pu être un trésor. Il n'est qu'un disque mal-aimé et malchanceux, car le groupe, quoi qu'on en dise, est en forme sur ces 5 morceaux, dont deux inédits.

42821375_pLarks' Tongues In Aspic (1973) : On change de style, place au métal progressif avec cet album qui marque un nouveau départ pour Crimso, définitivement devenu le groupe de Robert Fripp (guitare, claviers). Nouveau parolier après le départ de Pete Sinfield en 1971, nouveaux musiciens, et tous sont de grande envergure. Un disque complexe, terriblement enivrant, composé de trois chansons et de trois instrumentaux le plus souvent très oppressants. Culte, mythique, sensationnel, les mots me manquent pour qualifier ces 46 minutes d'intensité malade...Un des joyaux du groupe.

42159118Starless And Bible Black (1974) : Plus qu'à moitié live, mais tout a été retravaillé pour en faire un disque studio. Un album froid, calculateur, oppressant et en grande partie instrumental, que l'on peut voir comme une sorte de version amplifiée, violente de Larks' Tongues In Aspic. Autrement dit, c'est malsain, furieux, glauque et toujours passionnant. Mention spéciale aux 11 minutes terrifiantes de Fracture, LE morceau crimsonien. Sans doute le sommet du groupe, toutes périodes confondues, mais un disque assez controversé aussi.

42832651_pRed (1974) : Aucune progression pour Red. Le groupe, réduit à trois (Fripp, Wetton, Bruford, ou plutôt, selon la pochette, Wetton, Bruford, Fripp !), n'existe plus au moment de la sortie de l'album. Un disque sensationnel, là n'est pas la question, mais qui n'apporte rien de plus par rapport aux deux précédents, dont il semble une synthèse parfaite (oppression des instrumentaux métalliques, ambiance grunge et dépressive pour les morceaux chantés). Un disque aussi noir que sa pochette le dit, et aussi rouge que son titre le dit. Un album-phare, à défaut d'être un disque innovant. 

43177306_pUSA (1975) : Sorti un an après le split du groupe, c'est un live assez réussi, malgré quelques fausses notes (pourquoi avoir amputé Easy Money de son final et avoir placé un effet de fade out à la place ? Ce bidouillage studio, car il est impossible, en live, de finir un morceau en fade out ,est nul ; idem pour avoir remplacé le violon de David Cross, sur certains morceaux, par celui d'Eddie Jobson, réenregistré en studio). Mais de bonnes versions de Lament, Exiles, et, à noter, deux bonus-tracks sur le CD, Fracture et Starless, excellents aussi. Mais depuis la sortie, en 1992, du longbox The Great Deceiver : Live 1973/1974 (4 disques), ce USA fait pâle figure. Fripp le reniera quelque peu, d'ailleurs ! 

43091324_pDiscipline (1981) : Le retour du Roi Pourpre, avec ce disque désormais mythique et devant pas mal de choses, apparemment, aux Talking Heads (vocalement, surtout, mais les rythmiques un peu world aussi sont semblables). D'ailleurs, Fripp participera à un album des Heads, ainsi qu'Adrian Belew, ici au chant et guitare (première fois que deux guitaristes sont dans Crimso). Remarquable bassiste que ce Tony Levin, et ne parlons pas de Bill Bruford à la batterie, présent depuis 1973. En conclusion, un disque détonnant, bien que trop orienté new-wave et plus trop progressif. Changement de style pour un excellent album, best-seller en son temps.

44956365_pBeat (1982) : Deuxième volet de la trilogie pop progressive, cet album est à moitié influencé par le courant littéraire de la Beat Generation (Kerouac, Ginsberg, Cassady, Burroughs), ce qui ne l'empêche pas d'être moyen. Trop pop, ce Beat contient de bons moments (Sartori In Tangier, Neal And Jack And Me, Waiting Man), mais est, dans l'ensemble, un des moins bons du groupe. Bon, aucune chanson n'est à chier non plus ! A noter, premier album du groupe que Crimso n'a pas produit, et première fois que deux albums du groupe sont faits par le même line-up (et le prochain album aussi sera du line-up Fripp/Belew/Levin/Bruford) !

44956828_pThree Of A Perfect Pair (1984) : Meilleur que Beat, presque meilleur que Discipline, un album controversé mais au final très innovant, assez expérimental dans sa seconde face (tandis que la première est très pop). Pochette hideuse, indéniablement la pire du groupe, pour cet album qui achève la trilogie pop progressive et marquera la seconde fin du groupe (qui se réunira à nouveau 10 ans plus tard), 10 ans après le premier split (décidément). Un disque à écouter plusieurs fois ; perso, je ne l'aimais pas trop avant, mais maintenant, je l'adore !

45666297_pTHRAK (1995) : Retour de Crimso en 1994 avec un live (B'Boom), puis cet album studio un an plus tard. Désormais, six musiciens (Trey Gunn et Pat Mastellotto, respectivement basse et batterie, accompagnent le line-up des années 80) pour une musicalité très proche du métal industriel à la Nine Inch Nails (la pochette fait d'ailleurs penser à celle de The Downward Spiral). Un disque complexe et inégal, trop long (56 minutes), mais contenant de vraies merveilles : VROOM, Dinosaur, Walking On Air, VROOM VROOM. Au final, un disque difficile à apprécier en totalité, mais loin d'être aussi foiré que ce que certains en disent. Le Pourpre a fait mieux, quand même, et c'est parfois cacophonique.

45815807_pTHRaKaTTaK (1997) : Un live terrifiant et controversé, instrumental à 100% et qui pourrait facilement être utilisé comme bande-son d'un film d'angoisse, tant il distille cette sensation. Sorte de Starless And Bible Black des années 90, en plus oppressant et expérimental encore, il ne sera pas un gros succès du tout, et est le plus souvent considéré comme merdique. Au contraire ! Il est juste très très expérimental, et un poil trop long. Mais le Pourpre y va à fond dans son trip malsain ! Très méconnu, et difficile à dénicher à bon prix actuellement car pas réédité.

46040046_pThe ConstruKction Of Light (2000) : Tout simplement le pire du groupe, la seule chose à sauver ici est Larks' Tongues In Aspic IV, scindée en trois sous-parties, et largement meilleure (sans être immense non plus, et c'est là le pire) que le reste de cet album épouvantablement longuet (58 minutes). Limite hilarant par moments tant il est ridicule (ProzaKc Blues, The World's My Oyster Soup Kitchen Floor Wax Museum), et insupportable de cacophonerie dans d'autres (Into The Frying Pan, FraKctured). A fuir, sauf si vous êtes ultra fan intégriste.

46548592_pThe Power To Believe (2003) : Le Pourpre ne pouvait pas faire pire que The ConstruKction Of Light. Rassure-vous, The Power To Believe, actuellement dernier opus du groupe (je ne pense pas qu'il y en aura d'autres, malheureusement...enfin, sait-on jamais...) est donc largement meilleur. Sans être immense non plus. De très grands moments, comme Eyes Wide Open, The Power To Believe II ou Happy With What You Have To Be Happy With, mais aussi des passages plus moyens (Level Five, les autres The Power To Believe). Un disque assez électronique, étrange et au final peu attachant, il faut l'écouter plusieurs fois. Il ne sera jamais dans mes favoris, mais j'avoue qu'il se laisse écouter sans trop de problèmes !