A1

On ne va pas revenir, encore, sur la carrière d'Aerosmith ; il y à quelques semaines (presque deux mois), j'ai pris sur moi et réabordé Nine Lives, leur album de 1997, lequel n'est pas leur premier album raté (n'oublions surtout pas le Rock In A Hard Place de 1982, minable jusqu'au bout de ses ongles sales), mais est le celui à partir duquel le groupe ne va, hélas, plus parvenir à remonter la pente. Le début de la fin. Beaucoup estiment que le dernier disque intéressant du groupe, c'est Pump (1989), mais j'avoue avoir une tendresse totale et particulière pour le suivant, Get A Grip (celui qu'ils ont fait avant Nine Lives, d'ailleurs), qui est pour moi le dernier sursaut d'orgueil d'un groupe devenu caricatural, des toons vivants. Nine Lives n'est pas parfait du tout du tout du tout (du tout), mais offre tout de même, il faut le dire, quelques bons moments : le morceau-titre, Hole In My Soul, Fallin' In Love (Is Hard On The Knees), et je rajoute I Don't Want To Miss A Thing, chanson du film Armageddon, absente de l'album original mais présent sur la réédition 1998, qui est la plus facile à se procurer désormais. Après, c'est vrai que A Taste Of India ne va nulle part, c'est vraiment pas terrible, et des chansons comme ça, sur l'album, il y en à d'autres. Mais disons que l'album, bien que long (plus d'une heure), surchargé et inégal, se laisse, de temps en temps, écouter, parfois en grinçant des dents l'air de dire quand je pense que dans les années 70, ils déchiraient, ces cons, mais ça se laisse écouter. 

A2 

Ce n'est vraiment pas le cas de l'album suivant, que les Duponts qui Volent sortiront en 2001. Just Push Play, qu'il s'appelle. Je ne vais pas insister lourdement sur la pochette de l'album (mais en fait, me connaissant, peut-être bien que si) : entre ce rose infâmement Barbie, ce graphisme débile, ce robot en robe posant comme une Marilyn Monroe cybernétique tirée d'un roman d'Asimov, on aurait pourtant de quoi dire, et ça ne serait vraiment pas du bien. C'est une des pires pochettes d'albums que j'ai vu dans ma vie, et j'en ai vu des sévères. On dit souvent qu'il ne faut pas juger un livre sur sa couverture, et donc un album sur sa pochette, un film sur son affiche, etc, etc. Parfois, c'est vrai, des albums sortent sous des pochettes hideuses à faire avorter un panda femelle (Bandwagonesque de Teenage Fanclub, Tempest de Bob Dylan pour ne citer que deux exemples, mais il y en à d'autres), mais le contenu musical, lui, est imparable, remarquable. Parfois, aussi, c'est l'inverse (Tonight de David Bowie : belle pochette, au fond, mais contenu globalement déplorable), même si c'est plus rare. Avec cet album d'Aerosmith, c'est fromage et dessert : pochette de merde, contenu ad hoc. Le seul truc de positif à dire ici c'est que Just Push Play n'est pas très long, c'est même assez étonnant : après deux albums qui atteignent ou dépassent l'heure de musique (et le dernier album en date, Music From Another Dimension ! sorti en 2012, dure 68 minutes), Just Push Play ne dure que 49 minutes. 

 

A3 

Mais rarement 49 minutes auront été aussi longues. Joe Perry (guitare) dira, en 2010, que de tous les albums du groupe, c'est celui qu'il aime le moins, parce que c'est celui qui sonne le moins comme un album du groupe. Selon lui, au moment de faire ce disque, Aerosmith était dans une crise interne telle que les membres du groupe se se sentaient vraiment pas impliqués dans le projet. Et ça se ressent. Que dire ? Je n'ai pas encore parlé du contenu musical de l'album, pas encore cité la moindre de ses 13 chansons. Pas envie. Franchement, avez-vous envie de savoir laquelle des chansons est la pire, ou la moins pire ? Le contenu musical de cet album est très auto-cohérent, l'album est mauvais du début à la fin, aucun titre ne surnage, strictement rien, on s'emmerde absolument partout. Le groupe tente parfois de sonner un peu moderne, avec des éléments un peu hip-hop ou nu-metal, le résultat est déplorable. Une purge immonde, pire encore, je pense, que l'album de 1982. Le disque suivant, Honkin' On Bobo en 2004, sera un album de reprises de standards de blues et de blues-rock, et ça sera assez rafraîchissant, même si ça sent aussi, beaucoup, le disque contractuel et la fin de parcours. Puis l'album de 2012, cité plus haut, pas génial du tout mais, comparé à Just Push Play, c'est Back In Black, clairement. Et depuis, plus rien, mais on est relativement peu nombreux, je pense, à espérer un nouvel album, parce que si c'est pour en avoir un du niveau de ce cru 2001, ou de celui de 2012, vaut mieux passer son tour...

Beyond Beautiful

Just Push Play

Jaded

Fly Away From Here

Trip Hoppin'

Sunshine

Under My Skin

Luv Lies

Outta Your Head

Drop Dead Gorgeous

Light Inside

Avant Garden

Face