BS7

Avec un The Eternal Idol correct mais daté, un Headless Cross excellent et un Tyr qui l'était nettement moins, Black Sabbath semble se perfectionner dans le jeu de la chaise bancale. Tony Martin, leur chanteur, décide de s'en aller tenter sa chance ailleurs, tandis que le groupe réengage, ce qui fera probablement un beau buzz à l'époque dans la presse spécialisée (n'ayant que 10 ans au moment de la sortie de cet album, vous m'excuserez de ne pas m'y être intéressé à l'époque), Ronnie James Dio, qui fit les beaux jours du groupe entre 1979 et 1982, via Heaven And Hell et Mob Rules. Leur batteur, Cozy Powell, ayant des problèmes de santé, il ne pourra participer à ce nouvel album, Dehumanizer, qui sortira en juin 1992. Après avoir un temps envisagé de prendre Simon Wrigt (AC/DC au milieu des années 80, Dio), le groupe décide finalement de prendre Vinnie Appice, qui fit partie du groupe à l'époque de Mob Rules. Comme en plus Geezer Butler, l'historique premier bassiste de Sabbath, parti en 1983, est revenu, ça fait qu'avec Dehumanizer, on a le line-up de 1981 (celui de Mob Rules) reconstitué à l'identique. Même Geoff Nicholls, le claviériste, avait fait partie, en membre accompagnateur, de cette formation de Black Sabbath à l'époque. Produit par Reinhold Mack, l'album a été enregistré au Pays de Galles, à Rockfield, entre fin 1991 et début 1992. Durant les sessions, Tony Martin est revenu rapidement, a essayé quelques titres, puis est parti, laissant vraiment la place à Dio. 

BS8

Long de 52 minutes, sorti sous une pochette tapageuse montrant une Faucheuse assez moderne en train de faire son boulot sinistre dans une église apparement vouée au culte de l'ordinateur-Dieu (la première chanson s'appelle Computer God), Dehumanizer est un des albums les plus lourds du groupe. Une des chansons, Time Machine, dans une autre version présente en bonus-track sur certaines éditions, a été utilisée, la même année (et avant la sortie de l'album du groupe !), dans la bande originale de la comédie rock culte  Wayne's World. TV Crimes, qui prend le même sujet que le Holy Smoke d'Iron Maiden (1990) à savoir les télévangélistes, parle plus précisément de scandales ayant éclaboussé ce milieu médiatico-religieux très présent aux USA (touchez cet écran de TV de chez vous et vous serez sauvés !, ce genre de choses). L'album, curieusement sous-estimé (il faut voir la note qu'il se paie sur AllMusic), est pourtant une incontestable réussite de heavy metal couillu, peut-être pas le sommet du groupe mais en tout cas, un album nettement supérieur à Tyr, meilleur aussi, probablement, que Headless Cross (pourtant très très bon), très certainement le meilleur depuis 1983. Et je sais que je vais spoiler un peu, mais il faudra, pour moi, attendre 13, en 2013 (dernier album du groupe, probablement de manière définitive) pour retrouver un Black Sabbath de ce niveau, même si 13 est encore meilleur. En 2009, Black Sabbath, avec Dio, se reformera pour un album (The Devil You Know) et une tournée, mais sous le nom de Heaven And Hell, le groupe n'ayant pas eu l'autorisation d'utiliser, encore une fois, le nom de Black Sabbath. Dio mourra en 2010.

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Dehumanizer, avec ses chansons très bourrines mais efficaces (After All (The Dead), Sins Of The Father, I, Computer God, TV Crimes, Buried Alive) et sa très efficace production de l'Allemand Reinhold Mack (un des producteurs du naufragesque Hot Space de Queen, mais il a aussi bossé comme producteur ou coproducteur sur des albums de qualité comme Come Taste The Band de Deep Purple, Calling Card de Rory Gallagher, It's Only Rock'n'Roll et Black And Blue des Rolling Stones, autant d'albums enregistrés, par ailleurs, en Allemagne, ce qui n'est cependant pas le cas de Dehumanizer), est donc un excellent album de heavy metal. On prend d'autant plus de plaisir à l'écouter que la voix de Dio n'a rien perdu de sa puissance, et qu'il permet de se rappeler une des meilleures périodes du groupe, qui a toujours eu la faveur des fans (pourtant, Dio succédait à l'iconique Ozzy Osbourne, lequel, en 1992, est en tournée de son excellentissime No More Tears de 1991). Ce disque n'a franchement pas mal vieilli du tout, il reste très bourrin, très heavy, très efficace, une des meilleures livraisons du groupe !

Computer God

After All (The Dead)

TV Crimes

Letters From Earth

Master Of Insanity

Time Machine

Sins Of The Father

Too Late

I

Buried Alive