BS4

En 1985, Tony Iommi enregistre, avec le chanteur Glenn Hughes (à la base bassiste, il a fait partie de Deep Purple sous l'ère Coverdale) et quelques musiciens n'ayant jamais bossé avec Black Sabbath, un disque solo. Enfin, il n'a de solo que son intention, car le management imposera à Iommi de sortir ce disque, Seventh Star, sous le nom du groupe, qui n'est plus un groupe à l'époque, tous les membres ayant quitté le navire (sauf Iommi). Le disque sort en 1986 (la pochette représente Iommi, son nom est indiqué sous celui du groupe, le titre de l'album est indiqué en beaucoup plus petites lettres), ne marche pas super bien, n'est pas terrible d'ailleurs. La tournée se passera mal : Glenn Hughes se barre au beau milieu, et Iommi engagera un certain Ray Gillen. Après la tournée, le groupe (désormais, oui, on reparle de groupe, de Black Sabbath, officiellement) se prépare à enregistrer un nouvel album, avec Gillen. Avec aussi les musiciens ayant bossé sur Seventh Star : le claviériste Geoff Nicholls, le bassiste Dave Spitz, et le Eric Singer. Mais en guise de Dave Spitz, qui est crédité, c'est en réalité Bob Daisley qui tient la basse (de même, Eric Singer tient bien la batterie, mais c'est Bev Bevan qui est crédité). Mais, pendant les sessions, Gillen se barre. Iommi recrute alors un certain Tony Martin, qui réenregistre les morceaux sur faits par Gillen, modifiant aussi quelques paroles.

BS5

Produit par Jef Glixman (déjà producteur du précédent opus), enregistré entre 1986 et 1987 à Londres et Montserrat, l'album, The Eternal Idol, est sorti en novembre 1987 sous une pochette qui reprend une fameuse sculpture de Rodin, du même nom que l'album, mais, n'ayant pas eu l'autorisation d'utiliser une photo de la vraie oeuvre d'art, le groupe l'a reconstituée avec des modèles recouverts de...terre ? de cirage ? de chocolat ? de merde ? Une pochette étrange pour un album qui, personne ne pouvait le prédire, annonce une nouvelle période pour le groupe. Après avoir eu deux chanteurs en autant d'albums (Ian Gillan, Glenn Hughes, deux anciens de Deep Purple), le groupe va trouver, avec Tony Martin, une sorte de stabilité : si on met de côté Dehumanizer en 1992, qui verra le retour de Dio au chant, tous les albums suivants, jusqu'à 1996 et Forbidden, seront avec Martin, dont le timbre vocal n'est vraiment pas sans rappeler celui de Lou Gramm, chanteur à bouclettes du groupe de rock FM Foreigner. The Eternal Idol (43 minutes, 9 titres) est d'ailleurs un pur disque de hard-FM, pas du heavy metal, non, du hard-FM purement et simplement. Si vous êtes allergique aux claviers suintant des atmosphères symphoniques, passez votre chemin, ce disque en dégueule de partout. La batterie est typique du hard-FM de l'époque, le chant est lui aussi typique. Ce Black Sabbath n'a plus rien à voir avec celui de Sabotage ou de Born Again

BS6

Les morceaux sont dans l'ensemble, autant le dire, très bons. Je suis peut-être un peu con, un peu bizarre, mais j'adore Hard Life To Love, c'est extrêmement putassier comme chanson, je le reconnais, et venant de Black Sabbath ça fait un peu bizarre, car la chanson fait très groupe de rock qui s'essaie pour la première fois de sa vie à faire du gros hard qui tue, mais il y à une certaine alchimie dans la chanson, les claviers, le chant de Tony Martin, l'ambiance, tout fonctionne parfaitement ici. Le morceau-titre, Ancient Warrior et l'instrumental Scarlet Pimpernel sont également sympathiques au possible, tandis que The Shining fait, elle, très putassier encore une fois, mais cette fois-ci, le trait est un peu trop lourdingue ; ou alors, c'est parce que c'est la première chanson de l'album, et quand on écoute The Eternal Idol pour la première fois, sans trop savoir à quoi s'attendre, on est limite choqué du ton très pop FM de l'album. Ca m'a fait penser à du Rainbow de la période Joe Lynn Turner (1981/1983), à du Foreigner encore une fois, au Deep Purple de Slaves And Masters (1990, avec Joe Lynn Turner), bref, pas à du grand art, même si j'adore Foreigner. The Eternal Idol se vendra aussi bien qu'un livre sur le PSG dans les quartiers nord de Marseille, ce qui n'empêchera pas le groupe de conserver Tony Martin pour un nouvel album qui sortira en 1989, Headless Cross, mais ça, j'en reparle bientôt.

FACE A

The Shining

Ancient Warrior

Hard Life To Love

Glory Ride

FACE B

Born To Lose

Nightmare

Scarlet Pimpernel

Lost Forever

Eternal Idol