B1

Ah, ça faisait longtemps, tiens, que je n'avais pas parlé de Blondie ici. Le plus drôle, c'est qu'il n'y à, sur le blog, qu'un seul album de ce groupe d'abordé. Celui que j'avais fait en 2011, dans une chronique qui était vraiment minable (courte comme un mois de février non-bissextile), et à ce propos, ne la cherchez plus, car il n'y à toujours qu'un seul album de Blondie sur le blog, celui-ci, que je réaborde. L'ancienne chronique était donc nulle, elle n'existe plus, ah ah ah (rire sardonique). Bon, Blondie, vous connaissez forcément, ce groupe de rock (tendance new-wave, mais la new-wave des débuts) américain fondé en 1974 et dont le premier album, éponyme, date de 1976. On y trouvait déjà deux classiques : In The Flesh et X-Offender, morceau au parfum très rétro. Blondie, c'est le groupe de sa chanteuse, Deborah Harry, et de son mec, le guitariste Chris Stein. Il paraît que les autres membres du groupe (le claviériste Jimmy Destri, le batteur Clem Burke, le guitariste Frank Infante qui apparaîtra dès le deuxième album Plastic Letters de 1977, le bassiste Nigel Harrison qui, lui, fait son apparition sur le troisième album, celui que je réaborde) ne pouvaient pas saquer la chanteuse, et s'énervaient totalement quand on faisait l'amalgame entre Blondie et Deborah Harry, allant jusqu'à porter des badges sur lesquels il y avait marqué "Blondie, c'est le nom du groupe". Il paraît que les sessions d'enregistrement, sous la houlette de Mike Chapman, en 1978, de ce Parallel Lines, seront des plus tendues, engueulades, bastons évitées, crises de nerfs, claquages de porte, du vrai Abbey Road

B2

Le groupe a l'air soudé sur la pochette aux rayures parallèles blanches et noires (fameuse pochette, d'ailleurs), mais c'est une façade. Que l'album ait été difficile à faire, je pense que c'est clair (Chapman dira d'Infante qu'il était un excellent guitariste, mais aura des mots très durs sur les autres musiciens, Destri meilleur auteur/compositeur que musicien, Burke jamais dans les temps, Deborah Harry bonne chanteuse, mais un caractère de merde, une vraie diva...), et selon le producteur, le groupe avait envie de s'éclater à faire leur musique, sans trop chercher à se crever pour la faire. Une attitude éminemment punk, le groupe a été un petit peu punk dans ses débuts d'ailleurs. Mais Parallel Lines a peut-être été enregistré dans des conditions dignes d'un album punk (synthétiseur jeté à la gueule, etc), il n'est absolument pas punk, musicalement, mais juste, rock, avec ce qu'il faut de pop un peu rétro, et même, aussi, de disco, pour plaire à tout le monde. C'est probablement le meilleur album du groupe, c'est, en tout cas, le seul que je connaît, et ça me va très bien comme ça (même si j'aime bien leurs tubes des autres albums, comme Atomic). Des tubes, il y en à beaucoup ici : la moitié de l'album est sortie en single, et en consultant les pages consacrées aux singles, je constate que, faces A et B des singles, seule une chanson de l'album, Pretty Baby, n'a pas été commercialisée en 45-tours, sinon tout le disque y est passé. C'est assez rare pour être signalé. Tout l'album n'est pas parfait : je ne suis vraiment pas fan du tout de I'm Gonna Love You Too (reprise de Buddy Holly, une des deux reprises de l'album) et de Pretty Baby, justement. Et I Know But I Don't Know, écrite par Infante, est amusante, mais semble n'aller nulle part. Par contre, en ce qui concerne les grands moments, ils sont légion parce qu'ils sont nombreux.

B3

Harrison, Infante, Stein, Harry, Burke, Destri

Le quartet d'ouverture est à tomber du haut du Chrysler Building, à se relever et à recommencer du haut de l'Empire State Building. On a d'abord la reprise du Hanging On The Telephone des Nerves (groupe de power-pop), reprise conseillée à Deborah Harry par un fan du groupe qui passera une cassette avec la chanson au groupe, ce fan n'est autre que Jeffrey Lee Pierce, futur leader du Gun Club. Cette reprise, défouraillée en moins de 2,20 minutes, est une buterie punk new-wave juste géniale, ça se branle à une vitesse, c'est jouissif. One Way Or Another, avec ce riff de la mort (et un génial solo de guitare au milieu de la chanson), suit quasiment sans pause, on n'a pas le temps de s'emmerder sur ce disque. Picture This, plus pop, au délicieux parfum un peu rétro dans son refrain, et Fade Away And Radiate, avec la participation amicale et incroyable de Robert Fripp (King Crimson) à la guitare, est un morceau atmosphérique, sensationnel, trop peu connu, Deborah y sonne sensuelle (petite voix de midinette au début) et parfaite. La face A se termine cependant sur deux titres moins épatants. La B s'ouvre sur le furax (cette intro !!) 11:59 (and I wanna stay alive !) sur lequel Debbie chante génialement, et Will Anything Happen ?, un morceau presque punk, en tout cas très speedé. Sunday Girl, morceau assez connu, suit, avant de laisser la place au tube mondial absolu de l'album, ici dans sa version longue, la version album évidemment (le single est non seulement deux fois plus court, mais avec un mix un peu différent), longue de presque 6 minutes : Heart Of Glass. Monumentale chanson de disco-pop/rock, cette chanson sera critiquée par les fans parce que sacrifiant à la vague disco, mais putain, qu'est-ce que c'est bon tout de même ! La batterie est très présente dans la version single (le final...), moins sur la version album qui privilégie les claviers et les choeurs ; les deux versions sont parfaites. Après ce coup d'éclat, on a la reprise de Buddy Holly, déjà parlé plus haut, je passe donc, et l'album se finit en beauté sur un Just Go Away génial et pop. Au final, c'est un disque génial, 39 minutes au paradis de la pop/rock, un disque certes enregistré dans des conditions merdiques (de toute façon, comme les Who, l'ambiance au sein de Blondie sera vraiment merdique...), mais ça ne se ressent absolument pas à l'écoute. Un classique, clairement. 

FACE A

Hangin' On The Telephone

One Way Or Another

Picture This

Fade Away And Radiate

Pretty Baby

I Know But I Don't Know

FACE B

11:59

Will Anything Happen ?

Sunday Girl

Heart Of Glass

I'm Gonna Love You Too

Just Go Away