G1

Ca va sûrement vous trouer le cul, mais Genesis n'a pas cessé sa carrière avec le départ de Phil Collins en 1992 (ou 1993 ? Rhaaaa, je ne sais plus ; mais le dernier album avec lui date de 1991, en tout cas, ça c'est sûr). Il y à eu une troisième période de Genesis (après l'ère Peter Gabriel - 1969/1975 - et l'ère Phil Collins - 1976/1992) : l'ère Ray Wilson (1997/1998). Un seul album sera fait durant cette période méconnue et globalement détestée des fans. J'ai moi-même pendant un bon moment détesté cet album, que je réaborde aujourd'hui, et mon ancienne chronique était vraiment assassine. Avec le temps, j'ai appris à aimer ce disque, et s'il ne fait pas partie de mes préférés du groupe (il est vraiment à part), ...Calling All Stations..., je le dis franchement, mérite quelques kudos. Pourtant, il a tout du disque qui, logiquement, devrait faire trembler de peur et/ou de dégoût les fans du groupe. Non seulement le leader du groupe, leur chanteur/batteur, j'ai nommé Phil Collins, n'est plus au sein de Genesis, mais en plus les deux membres restants (Mike Rutherford à la guitare et la basse - en studio - et Tony Banks aux claviers) engagent le chanteur de l'épouvantable groupe Stiltskin pour le remplacer, Ray Wilson. Et engagent forcément un batteur, ou plutôt deux, en fait, tous deux crédités en invités et non en tant que membres de Genesis : Nick D'Virgilio (qui joue sur 3 titres et demi, oui, et demi) et Nir Zidkyahu (qui joue sur 8 titres et demi, oui, et demi). Sorti donc en 1997, ...Calling All Stations... offre 11 titres, pour une belle bagatelle de 67 minutes. Produit par le groupe et Nick Davis, l'album est sorti sous une pochette représentant un homme au milieu d'ondes sonores.

G2

Vous vous en doutez fortement, mais je vais quand même le dire histoire de confirmer la chose : l'album, à sa sortie, n'a pas marché des masses. Le groupe, qui partira en tournée peu après (il existe un Live In Poland enregistré à Katowice, un semi-bootleg à la qualité audio aléatoire - entre le très bon et le juste correct - édité par Immortal Records) à travers l'Europe (dont la France ; pas mal de dates dans notre pays, d'ailleurs), verra la partie américaine de sa tournée purement et simplement annulée, au vu des résultats commerciaux assez calamiteux de l'album au pays de Trump. Evidemment, cet album ne sera suivi d'aucun autre, Genesis splitte définitivement (ils se reformeront en 2007 à l'occasion d'une tournée, mais avec Phil Collins, pas avec Wilson). Que dire au sujet de cet album, très progressif, assez sombre (le timbre de voix, assez triste, de Wilson, n'y est pas pour rien) ? Sincèrement, si certaines chansons sont soit trop longues (The Dividing Line, Alien Afternoon, sur lequel on a deux batteurs, un sur le début, l'autre sur la fin du morceau) ou un peu moyennes (Uncertain Weather), l'album est, globalement, appréciable, très appréciable à condition de parvenir à oublier qu'on écoute du Genesis (de ce fait, écouter le Live In Poland est plus difficile : entendre Wilson chanter Land Of Confusion, ou The Lamb Lies Down On Broadway, c'est pas évident, même s'il s'en sort avec les honneurs). Je me souviens d'avoir acheté, en 2004, le coffret 3 CD Platinum Collection, best-of imposant de Genesis proposant les morceaux à rebours (d'abord ceux du dernier album avec Collins, We Can't Dance, pour finir, sur le troisième CD, à la période Gabriel, le dernier disque se finissant sur un morceau de Trespass, 1970). Placé en final du premier disque, et donc en totale incohérence  avec le concept de l'ordre à rebours, Calling All Stations. J'ai découvert ainsi que le groupe avait fait un disque, en 1997, avec un certain Ray Wilson. La chanson m'a tellement plu que j'ai acheté le disque, et déchanté.

G3

Par la suite, à force d'écoutes (de temps en temps, pas trop souvent), j'ai commencé à vraiment aimer Congo, Shipwrecked, There Must Be Some Other Way et One Man's Fool, et à force, ...Calling All Stations... est devenu un album que j'ai commencé à vraiment aimer. Le genre de disque que je ressors de temps en temps, presque secrètement, s'il m'arrive de discuter musique avec des amis et que l'on en vienne à parler rock progressif et, tôt ou tard, de Genesis, il peut m'arriver de conseiller au moins une paire d'écoutes de ce disque mal-aimé et méconnu, qui n'est certes pas un chef d'oeuvre du tout (il est trop long, déjà, même si We Can't Dance, le précédent opus, très pop/rock, est plus long encore), mais contient vraiment, surtout dans sa première partie, des chansons vraiment belles, mélodieuses, et sur lesquelles la voix de Wilson fonctionne bien. Sincèrement, j'essaie d'imaginer Collins ou Gabriel chanter Shipwrecked, je n'arrive pas. Wilson a composé trois titres (avec Banks et Rutherford, qui ont, eux, signé en duo les huit titres restants, dont Shipwrecked), qui ne se distinguent pas, en bien comme en mal, des autres. Uncertain Weather, le moins percutant de l'album, ne fait pas partie de ces trois titres ayant Wilson en co-auteur. There Must Be Some Other Way, lequel est, lui, un des meilleurs de l'album, en fait, en revanche, partie. Tout l'album, bien produit, alterne entre mélodies progressives mélancoliques et quelques envolées assez rock, limite hard (Stiltskin, le groupe de Wilson, faisait du grunge). Dans l'ensemble, c'est vraiment un disque à écouter quelques fois, de temps en temps. Si vous parvenez à faire abstraction du fait que vous écoutez un disque de Genesis (dites-vous plutôt que vous écoutez un disque d'un groupe de rock progressif inconnu, qui fait ici son premier - et unique - album, ça marchera mieux), vous pourrez sans doute apprécier l'écoute. C'est sûr que si on compare avec A Trick Of The Tail, Duke ou Selling England By The Pound, ça coince pas mal...

Calling All Stations

Congo

Shipwrecked

Alien Afternoon

Not About Us

If That's What You Need

The Dividing Line

Uncertain Weather

Small Talk

There Must Be Some Other Way

One Man's Fool