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Ah, Pulp...Un excellent groupe que j'ai bien failli aborder quand, en septembre dernier (fin août/début septembre, en fait), j'ai fait mon cycle consacré à la britpop. Mais j'avais décidé de ne pas aborder d'albums qui avaient déjà été abordés sur le blog, de ne pas faire de réécritures, que des nouveautés. Or, si Pulp a sorti trois albums (tous sur le blog) emblématiques de ce mouvement musical, c'est à peu près tout ce qu'il y à à retenir d'eux, ces trois albums. Qui, au moment du cycle, avaient donc déjà été faits. Le début de leur carrière, dans les années 80, avant la britpop, n'est non seulement pas vraiment représentatif de la britpop, mais, aussi, pas terrible. Donc, pas de Pulp dans le cycle, j'imagine que certains ont dû être frustrés. Mais je me rattrape un peu, quelques 6 mois plus tard, en réabordant ce que je considère être le meilleur album du groupe, et un des, allez, 5 meilleurs albums de britpop avec le Dog Man Star de Suede, le (What's The Story) Morning Glory ? d'Oasis, le Parklife de Blur et...celui que vous voulez pour le dernier. Moi, il y en à tellement que je voudrais citer, donc ce Top 5 ne rimerait plus à rien. En première position ce de Top 5, c'est clairement le Pulp, Different Class, sorti en 1995, que je placerais. Carrément. Définitivement pas peut-être, pour presque citer un autre album d'Oasis. Different Class est un chef d'oeuvre, un album qui laisse pantois, admiratif, un disque que le nombre important et insensé d'écoutes que j'ai pu en faire n'a pas érodé la moindre parcelle de maestria. 

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Un truc sympa avec Jarvis Cocker, chanteur du groupe : sa diction est si parfaite, si claire (et si typiquement britannique), qu'il n'est nul besoin de lire les paroles dans le livret pendant qu'on écoute les morceaux (il est de toute façon gentiment demandé, dans le livret, de ne pas lire les paroles pendant l'écoute, suggestion placée, souvent, dans les livrets des albums de Pulp) pour les suivre, ces paroles. Ce mec, on pourrait diffuser ses chansons en cours d'anglais, pour servir de base pour la prononciation, la diction, pour l'apprentissage de l'anglais parlé/écouté. Et comme les paroles sont, souvent, d'un cynisme, d'une ironie rafraîchissant(e)s, c'est d'autant plus appréciable. On suit cet album comme si c'était un film pour les oreilles (disons, une série TV pour les oreilles ; ce n'est pas un disque conceptuel qui raconte une histoire, mais une séie de petites vignettes, et les photos du livret en rajoutent un peu dans ce sens) plutôt qu'on l'écoute comme un vulgaire album de pop/rock. 52 minutes absolument parfaites, 12 chansons (dont quatre chansons sorties en singles et ayant, dans l'ensemble, vraiment bien marché) géniales, de Mis-Shapes ("A quoi ça sert d'être riche si on ne sait pas quoi foutre de tout son pognon ?", nous dit Jarvis...ben, t'as qu'à me le donner, ton pognon, je saurais bien quoi en faire, va !) à Bar Italia en passant par les hits, donc : Sorted For E's & Wizz, qui sera censuré à la BBC en raison de paroles sans équivoque sur la prise de drogue (ecstasy) en soirées. In the middle of the night, it feels alright but in the morning, oooh, oooh you come down... ; I Spy, génial morceau issu de la bande-son du film Mission : Impossible de De Palma, et son ambiance 007 à mort ; Something Changed ; Disco 2000, réjouissante en diable ; et Common People.

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Aaah, cette chanson, notamment... Hilarant tube qui monte en puissance, sur un homme de condition modeste qui rencontre une charmante jeune femme d'origine grecque, de bonne famille, riche même, avec qui il va vivre une histoire d'amour...disons compliquée. La lutte des classes en pop. I Took her to the supermarket, I don't know whay, but I had to start it somewhere. So it started...there. I Said "pretend you've got no money" and she just laughed and said "oh you're so funny". I said "Yeah ? I can't see anyone else smile in here"... ("Je l'ai emmenée au supermarché, je ne sais pas pourquoi, mais il fallait bien que je démarre quelque part, alors j'ai commencé par ça. Je lui ai dit "fais comme si tu n'avais pas de pognon", elle a rigolé et a dit "oh tu est si drôle". "Ah oui ? pourtant, je ne vois personne d'autre qui rigole, ici...") C'est super bien écrit, cynique bien comme il faut, et la voix froide, volontairement morne, et typiquement british de Jarvis Cocker fait le reste. Le refrain frénétique est fantastique. Common People est une des meilleures chansons du groupe, mais l'album offre aussi des morceaux plus 'secondaires' mais remarquables, comme Pencil Skirt, Underwear, Monday Morning et cet incroyable F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E. qui explose dans un refrain tapageur et sensationnel, mais sinon offre une atmosphère presque glauque et est tout en monologue parlé/chanté. C'est une autre des meilleures chansons (avec aussi I Spy, Disco 2000...) d'un album majeur, éclatant et puissant, une pure petite perfection à la mécanique horlogère dont on ne se lasse pas. 

FACE A

Mis-Shapes

Pencil Skirt

Common People

I Spy

Disco 2000

Live Bed Show

FACE B

Something Changed

Sorted For E's & Wizz

F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E.

Underwear

Monday Morning

Bar Italia