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Kate Bush, Cathy à la base mais Kate depuis 1976, est née en 1958. Son premier album, ce disque-ci donc, que je réaborde avec un sacré temps de retard (en septembre ou octobre, j'ai abordé quelques uns de ses albums, ceux allant de 1980 à 1989), a été enregistré en deux temps, en juin 1975 et en été 1977. Autrement dit, elle était vraiment toute jeunette, la Katette, quand elle a enregistré The Kick Inside. En fait, elle n'avait que 20 ans à la sortie de l'album (même pas, en fait : elle est née en juillet 58, le disque est sorti en février 78), et quand on sait qu'elle a commencé à écrire des textes (des poèmes) vers 11 ans, et qu'à 14 ans, son grand frère Jay (elle en a un autre, Paddy, qui collaborera souvent sur ses albums) a fait passer à un ami qui bosse pour un label musical des bandes démo de Kate au piano ou en solo, chantant ses propres compositions, et que ce dernier, un certain Ricky Hopper, a fait écouter ça à David Gilmour du Pink Floyd, on se dit que sa carrière était déjà bien tracée. Gilmour, en 1973, se rend carrément chez les Bush, rencontre la jeune Kate alors âgée de 14/15 ans, écoute ses compositions, et l'invite à enregistrer une démo dans son home-studio. Mais les labels semblent hermétiques, apparemment soit son n'apprécie pas trop le style de Kate (il faut dire qu'on est en plein glam et/ou rock progressif ; elle assistera au concert final de la tournée Ziggy Stardust de Bowie, à l'Hammersmith Odeon, le concert du film musical), soit son trop jeune âge est un frein pour certains. En 1975, elle a 17 ans, Gilmour décide de financer une séance d'enregistrement professionnel, aux studios AIR (Londres). Puis il fait écouter les bandes au DG d'EMI, qui est emballé ; elle signe un contrat avec la firme en 1976, alors qu'elle apprend la danse. 

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Elle forme un petit groupe qui se produit en live. Le DG d'EMI les voit jouer, et se dit qu'il faut faire un disque. On est alors en été 1977. Elle entre en studio (AIR Studios encore) et c'est Andrew Powell, un habitué du son Floydien, qui produit. Gilmour fait un boulot de producteur exécutif sur deux titres.The Kick Inside est sorti sous une belle pochette nipponisante montrant une petite Kate accrochée à un cerf-volant, allusion à une des chansons, Kite ('cerf-volant' en anglais) et sans doute jeu de mots sur son prénom en se basant sur l'argot londonien cockney (qui fait prononcer, en se basant sur la prononciation anglise évidemment, les 'a' comme des 'i' et les 'i' comme des 'a' : 'face' devient 'fice', 'nice' devient 'néce'...et donc, Kate devient Kite), avec un lettrage et une disposition (à la verticale) assez asiatique. L'album offre 13 titres, pour un total de 43 minutes, c'est assez généreux. Kate joue du piano, et est accompagnée d'Andrew Powell (producteur donc, mais aussi claviériste et un peu bassiste), et des musiciens tels que Ian Bairnson, Alan Parker, Bruce Lynch, David Paton, Duncan Mackay, Stuart Elliott, Barry De Souza. Son frangin Paddy joue de la mandoline sur un titre et pose des choeurs sur un autre. L'album offre une série de pures petites merveilles de pop un peu baroque et arty, pas aussi recherchées que sur certains des albums suivants, mais il est impossible de ne pas ressentir de l'admiration pour Kate, quand on sait à quel âge elle a écrit et composé (paroles et musique, tout est de ses mains !) ces chansons. Elle avait 14 ans au moins. Un morceau comme Wuthering Heights, inspiré par le visionnage d'une adaptation TV des Hauts De Hurlevent d'Emily Brontë, force le respect. C'est son premier tube, et elle le réengistrera par la suite, en une version un petit peu plus 'pop' et avec un autre clip. Et avec une autre voix, car, sur ce premier opus, et sur le suivant Lionheart (1979, que je réaborderai prochainement), sa voix est très juvénile (forcément !), plus aigüe que par la suite, un peu stridente, pas immédiatement accrocheuse. On dirait une banshee en chaleur. Ca en rajoute au charme.

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Le morceau, quelle que soit la version, s'achève sur un sublime solo de guitare de Ian Bairnson (du Alan Parsons Project), lequel solo est peut-être un peu sous-mixé dans la version album, mais sera mieux mis en avant dans la version que Kate refera par la suite (version que ne remplace pas l'ancienne sur les rééditions de l'album). A la base, EMI ne voulait pas qu'elle sorte cette chanson en premier single (ils auraient préféré James And The Cold Gun, qui est remarquable il est vrai) mais Kate tiendra bon, et le succès monumental de la chanson fera que la maison de disques, pour la féliciter et se faire pardonner, lui offrira un piano Steinway (pas de la merde, comme cadeau, donc) ! L'album offre aussi L'Amour Looks Something Like You, mais surtout Kite, Moving, The Man With The Child In His Eyes, Them Heavy People (qui parle de religion, citant Jésus...mais aussi Gurdjieff) et le morceau-titre. Sans oublier Strange Phenomena et The Saxophone Song. Bref, un premier album hautement recommandé, exceptionnel même, un de ses meilleurs (juste derrière Hounds Of Love, Never For Ever et The Dreaming, ces deux-là, je les classe second, ex-aequo). Un grand disque de pop/rock assez bariolée, inventive (mais la Kate montrera qu'elle peut aller plus loin encore dans ce domaine). Un album tout simplement sublime, mais il faudra quelques écoutes, sans doute, pour se l'approprier totalement. A noter que certaines éditions CD oublient le 'the' du titre sur la tranche du CD !

FACE A

Moving

The Saxophone Song

Strange Phenomena

Kite

The Man With The Child In His Eyes

Wuthering Heights

FACE B

James And The Cold Gun

Feel It

Oh To Be In Love

L'Amour Looks Something Like You

Them Heavy People

Room For The Life

The Kick Inside