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Ce disque a été un de mes premiers Pink Floyd, avec The Dark Side Of The Moon (acheté en CD par mon père, fan du groupe et de l'album, dans les années 90) et Wish You Were Here (acheté par mes soins, peu après, sur conseil paternel ; disons plutôt qu'on me l'a acheté, en fait, j'avais, quoi, 11 ou 12 ans). Peu de temps après, la pochette et le nom du groupe m'attirant, j'achète (pour le coup, je crois l'avoir acheté avec mon propre argent) ce disque, sans savoir que j'allais me faire copieusement avoir. J'aurais du regarder au dos du CD, la (courte : 6 morceaux) liste des titres : deux d'entre eux viennent de Wish You Were Here et un autre, de The Dark Side Of The Moon. Merde, troisième album du Floyd en ma possession (auxquels il fallait rajouter Wish You Were Here, More et Ummagumma en vinyles appartenant à mon père, mais que je ne pouvais pas écouter, on n'avait plus de platine à l'époque), et déjà des doublons ! Cet album, sorti en 1981 sans un vrai accord du groupe (du moins, il me semble), est en effet une compilation, et s'appelle A Collection Of Great Dance Songs. Elle a été mise en place par EMI afin de surfer sur le gigantesque succès que le groupe ne cessait de connaître depuis quelques années, succès encore plus amplifié par The Wall en 1979, double album conceptuel imposant, pas immense mais totalement culte, ayant donné lieu à des concerts-spectacles pharaoniques et qui sera adapté, en 1982, en film par Alan Parker. The Wall, qui a marqué la fin du groupe (Richard Wright sera viré à la fin de la tournée, et les relations entre Waters et Gilmour cesseront pour de bon d'être cordiales), est représenté ici via la version single (c'est à dire, avec intro guitaristique) de Another Brick In The Wall, Pt 2, en final. Pour finir de parler de quel morceau est sur l'album, on a aussi One Of These Days (de Meddle, 1971) et Sheep (d'Animals, 1977).

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Sous sa pochette il est vrai très belle et floydienne représentant un couple de danseurs reliés au sol par des fils, dans un champ au crépuscule, A Collection Of Great Dance Songs est (comme le sera l'autre compilation officieuse sortie par EMI, en 1983, Works), une aberration. Mais là où Works aura quand même l'avantage de proposer Embryo (morceau de 1970 absent de tout album studio ou live du groupe, jamais sorti en single, joué innombrablement en live à l'époque 1970/1971, et qui ne se trouvera sur une compilation officielle qu'en 2016 avec Cr/eation : The Early Years 1966/1972), cette autre compilation, plus ancienne de deux ans, est vraiment la totale aberration. Le sous-entendu du titre est de proposer des chansons du Floyd sur lesquelles, à l'instar du couple de la pochette, on puisse danser. Sincèrement, vous avez déjà dansé sur Sheep, One Of These Days ou Shine On, You Crazy Diamond (ici une sorte de remontage proposant un mashed-up des deux parties, sur environ 11 minutes) ? Vous avez déjà roulé un patin en dansant un slow sur Wish You Were Here, chanson certes lente, mais quand même pas cataloguée slow ? Vous avez déjà dit, en écoutant Sheep (qui dure 11 minutes), putain, ce groove, ce rythme, faut que je danse, c'est trop disco, ce truc ! et foncé comme un malade sur le dancefloor  (feignant de ne pas entendre votre pote décrocher le téléphone et appeler une ambulance psychiatrique pour vous) ? Non, en grande partie parce que dans les boums et les night-clubs, Sheep ne devait très certainement jamais être programmé. Trop long, trop complexe, trop floydien, pas dansable. A la rigueur, Money (remixé pour l'occasion) a du faire danser à l'époque, le morceau a été un tube et est clairement du genre à faire danser. Et à la rigueur, l'aspect tubesque de Another Brick In The Wall, Pt. 2 aussi peut faire la farce, c'est du disco floydien. Mais tout de même, vous vous imagineriez danser et transpirer sur We don't need no education, we don't need no thought control ? Tant mieux, parce que moi, non.

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Quel est l'intérêt de cette compilation qui, hérésie, a cependant été rééditée en vinyle récemment malgré son statut à moitié officieux et tout le bien (c'est à dire le mal) qu'en pense le groupe et ses fans ? Nul. Intérêt totalement nul, sauf pour le fan complétiste qui aura ainsi un disque de plus dans sa collection. Mais un disque batard et qu'il n'écoutera qu'une fois avant de le laisser gentiment prendre sur la lui toute la poussière qui ne touchera jamais ses exemplaires de Wish You Were Here, Animals et The Dark Side Of The Moon, si souvent écoutés qu'ils en sont récurremment dépoussiérés. Cette quarantaine de minutes déjà trouvable (dans des version parfois plus longues, et donc meilleures) sur les albums studio du groupe est donc un gâchis de vinyle, de CD, de temps et d'argent. Reste la pochette, assez iconique, il est vrai. 

FACE A

One Of These Days

Money

Sheep

FACE B

Shine On, You Crazy Diamond

Wish You Were Here

Another Brick In The Wall, Pt 2