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Et voilà, le cycle consacré au Band est terminé. Et je suis vraiment désolé qu'il se terine avec cet article, avec cet album, parce que si tous les précédents opus du groupe étaient des réussites (enfin, Cahoots n'en est pas une, mais ce n'est pas une merde pour autant), j'ai le regret de dire que cet album-ci, lui, est clairement le moins réussi de tous leurs albums, de loin, et d'ailleurs, aujourd'hui comme autrefois lors de la première chronique (en 2010), il est classé dans les ratages musicaux. Croyez-moi, moi qui suis fan du Band, ça me fait vraiment de la peine de ranger un de leurs albums dans cette infâme catégorie, mais franchement, je ne vois pas où le mettre, sinon, cet Islands. Bon, hier, j'ai réabordé Northern Lights - Southern Cross, excellent album sorti en 1975, le premier album de chansons originales inédites du Groupe en quatre ans. L'année suivante, 1976 donc, le Band organise un gigantesque concert agrémenté de plein de leurs amis musiciens (Dylan, Neil Young, Clapton, Van Morrison, et d'autres), concert qui sera filmé par Martin Scorsese et enregistré sur bandes, et qui sortira en 1678 sous le titre de The Last Waltz. Mythique (film musical et album, un triple live à la base, qui existe depuis en coffret plus généreux encore), ce concert sera le dernier du Band, le chant de départ, le baroud d'honneur, ils ont en effet décidé de cesser leur carrière. En fait, en 1983, ils se reformeront pour des concerts, jusqu'à 1986, la mort d'un de leurs membres, Richard Manuel, mettra totalement fin au groupe (deux autres sont morts depuis).

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Mais il restait, alors, au Band, un album à sortir afin de respecter les clauses de leur contrat avec la maison de disques Capitol Records. Cet album, il va sortir en mars 1977, c'est Islands, donc. Très belle pochette représentant le soleil couchant sur la mer (ou le soleil levant) avec, tout autour, formant comme les parois d'une grotte, les profils, en ombres chinoises, des cinq membres du Band. Robertson en haut au centre. Manuel et Helm en haut, Hudson et Danko en bas, gauche et droite. Très court, cet ultime album du Groupe : 35 minutes. Il offre des morceaux enregistrés entre 1972 et janvier 1977, et Garth Hudson (claviers, accordéon, un des deux survivants avec Robertson) qualifiera un jour ce disque de version Band du Odds & Sods des Who, disque de raretés et outtakes que j'ai abordé il y à quelques semaines. Seulement, si le Who est une réussite, ce n'est hélas vraiment pas le cas de Islands, qui contient certes deux-trois chansons plutôt correctes (Right As Rain, Let The Night Fall, toutes deux interprétées par Manuel, et Livin' In A Dream, interprétée par Levon Helm), mais est, dans l'ensemble, totalement insipide. Ce n'est même pas un ratage éhonté dnt on peut se foutre allègrement, c'est un disque insignifiant qui achève bien mal et minablement une discographie jusque là franchement remarquable. Heureusement que le triple live The Last Waltz déboule derrière en post-scriptum de luxe pour redresser tout ça, parce que sinon...

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Entre le morceau-titre, instrumental en grande partie composé par Hudson et franchement irritant, ou bien cette reprise, relativement soupasse, du standard Georgia On My Mind de Hoagy Carmichael qui fut enregistrée pour servir en soutien à la candidature présidentielle de Jimmy Carter, sans parler de The Saga Of Pepote Rouge et Christmas Must Be Tonight (le Band a lui aussi participé à l'effort de guerre en écrivant et interprétant une chanson de Noël, comme on peut le constater, et ce n'est vraiment pas une réussite, chiant comme la pluie, ce morceau), la quasi totalité de cet ultime opus du Band est vraiment raté. Cet album n'est à réserver qu'aux fans du groupe qui veulent tout posséder et/ou écouter de leur part. Mais sachez que vous ne le ressortirez vraiment pas souvent de sa (très belle) pochette...

FACE A

Right As Rain

Street Walker

Let The Night Fall

Ain't That A Lot Of Love

Christmas Must Be Tonight

FACE B

Islands

The Saga Of Pepote Rouge

Georgia On My Mind

Knockin' Lost John

Livin' In A Dream