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La pochette ne paie pas de mine, Tim Buckley avec son blazer négligemment posé sur son épaule, regard assez neutre et même un peu ennuyé, main dans la poche de pantalon (blanc), adossé à un mur blanc. Buckley semble incertain du succès du début de son aventure musicale, sur la pochette. On a envie de lui crier de s'accrocher, mais aussi de ne pas trop s'attendre à un succès fulgurant, car on sait, nous, avec le recul, que ce fabuleux chanteur (quelle voix !) n'aura que peu de succès de son vivant, excepté, à la rigueur, son deuxième album, Goodbye And Hello. Un artiste maudit qui décèdera en 1975, même pas 10 ans après son premier album. Le voici, ce premier album de Buckley, intitulé sobrement Tim Buckley (et, donc, éponyme), et il date de 1966. J'ai mis beaucoup de temps à l'aimer.

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Il doit probablement exister une édition CD propre à cet album (il n'en existe plus pour Blue Afternoon et Starsailor, tous deux extrêmement difficiles à trouver en CD à un prix abordable actuellement), mais la majeure partie du temps, vous le trouverez combiné avec, sur le même CD, Goodbye And Hello (album suivant, 1967), une édition CD proposant d'ailleurs la pochette de Goodbye And Hello en principal visuel (des deux albums, c'est le plus connu et réussi, autant miser sur lui), totalisant 22 titres pour 77 minutes. Offre généreuse, deux albums pour le prix d'un. Donc, si vous ne possédez pas encore Tim Buckley mais que vous possédez déjà Goodbye And Hello dans une édition CD simple (car le fameux album de 1967, lui, existe en CD pour lui tout seul), vous risquez d'avoir un doublon. Mais le jeu en vaut la chandelle, car ce premier album, honnêtement, s'il est moins abouti que Goodbye And Hello, Happy Sad ou Starsailor (ou Lorca, pour moi un grand disque et mon préféré de Tim) n'en demeure pas moins sublime. 34 minutes (12 titres) le plus souvent on ne peut plus réussies.

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On a droit à de vraies merveilles, ici, comme Aren't You The Girl, le court It Happens Every Time, Wings, ou le très étrange Strange Street Affair Under Blue (avec sa mélodie assez slave, par moment, on dirait un air traditionnel russe, par endroits). N'oublions pas I Can't See You, Song Of The Magician, et le sublimissime et assez sombre Song Slowly Song. Après, dans ce disque se trouvent aussi quelques (rares) chansons d'un niveau inférieur, je n'ai jamais accroché à fond aux deux derniers titres, She Is et Understand Your Man. Valentine Melody est un peu trop sirupeuse aussi, pour moi. Mais dans l'ensemble, ce disque, sur lequel participe déjà le parolier Larry Beckett (7 des 12 titres sont cosignés avec lui, les 5 autres sont de Buckley seul) et le guitariste Lee Underwood, est franchement bon. Notons aussi, comme musiciens, le batteur Billy Mundi (des Mothers Of Invention de Zappa), le bassiste James Fielder et le pianiste et arrangeur Van Dyke Parks (qui est resté célèbre pour sa collaboration avortée avec les Beach Boys, pour Smile).

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Dans l'ensemble, donc, ce Tim Buckley premier du nom, s'il n'est pas aussi quintessentiel que Goodbye And Hello, Happy Sad, Starsailor et Lorca, n'en demeure pas moins très recommandable. Du même niveau que Blue Afternoon (le quatrième album) selon moi, autrement dit, un très très bon niveau ! 

FACE A

I Can't See You

Wings

Song Of The Magician

Strange Street Affair Under Blue

Valentine Melody

Aren't You The Girl

FACE B

Song Slowly Song

It Happens Every Time

Song For Janie

Grief In My Soul

She Is

Understand Your Man