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Revoilou Bétonne John (tu m'étonnes, John !) sur le blog. Ca faisait longtemps, tiens, que Sir Reginald Hercules Dwight n'avait pas été abordé ici ! Cet album l'avait déjà été (abordé), d'ailleurs, mais ma précédente chronique, de 2010, était a) ridiculement petite en terme de mots et b) totalement en accord avec ce que je pensais de l'album en 2010, et autant le dire, je ne pense plus la même chose en 2014. Pour info, je disais, en assez peu de mots (la chronique tout comme celles de Madman Across The Water et Don't Shoot Me, I'm Only The Piano Player, deux autres albums (de 1971 et 1972, respectivement) d'Elton que je vais réaborder ici bientôt, était vraiment courte), que je n'aimais pas, à l'exception de deux-trois chansons, cet album, par ailleurs le troisième d'Elton John, et sorti en 1970. Cet album, c'est Tumbleweed Connection. Cet album, c'est cet album (ah oui, je sais, c'est facile), que voici. Ce n'est pas un album qui a révolutionné les charts, il n'a pa été un aussi fort succès que le seront Goodbye Yellow Brick Road, Captain Fantastic & The Brown-Dirt Cowboy ou Blue Moves, qui sont respectivement de 1973, 1975 et 1976. Il ne contient aucun tube de la trempe de Bennie & The Jets, Someone Saved My Life Tonight ou (Dieu ait pitié de nous) Don't Go Breaking My Heart. Mais il contient son lot de classiques ('tube' ne veut pas dire 'classique' : on a des tubes qui sont insupportables, et pas mal de classiques qui n'ont jamais été des tubes). Et je dois dire que j'ai été plutôt salopiaud à son sujet, lors de ma précédente chronique désormais virée et remplacée ad vitam blogus aeternam par celle-ci.

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La pochette de l'album peut prêter-à-confusion-à-condition-qu'elle-me-le-rende : on dirait un disque de country western à la Willie Nelson. Une photo aux teintes sépia représentant une devanture de magasin (ou une gare de type Far West), avec deux personnages (la photo est dépliante, à la fois pour la pochette vinyle gatefold et le livret CD), l'un est Elton (recto de pochette), et l'autre, son pote et parolier Bernie Taupin (verso de pochette). La photo n'a pas été prise aux States, ni aux studios de cinéma Cinecitta (Rome) sur le tournage d'un ouestèrne, ni même à la Mer de Sable d'Ermenonville, mais en Angleterre. Ce sont les teintes sépia qui font tout, on peut dire ! Et non, ce disque n'est pas de la country, même si sa pochette, les titres de certains morceaux (deux allusions, dans les titres, à un flingue), et le titre de l'album ('tumbleweed' : le nom de ces petits buissons qui virevoltent dans le vent, un des symboles des westerns, des buissons d'amarante) peuvent faire la farce. En réalité, ce disque assez généreux (un petit peu moins de 48 minutes, 10 titres) est de la pure folk/pop dans la lignée du précédent opus (Elton John, 1969, avec Your Song), mais en moins baroque quand même. Après un premier opus (Empty Sky, 1968) vraiment fadasse et un second (que je viens de citer) franchement réussi, Tumbleweed Connection fait, quelque part, vraiment entrer Elton dans la cour des grands, même si, me concernant, je pense plus que c'est l'album suivant, Madman Across The Water (1971, là aussi un disque sans tube, mais avec des classiques : Levon, Tiny Dancer, la chanson-titre), qui changera tout. Mais Tumbleweed Connection offre son lot de petites merveilles : Burn Down The Mission (qui, en live, sera prétexte à des envolées de près de 20 minutes, voir le live 17/11/70), Ballad Of A Well-Known Gun qui sera reprise par la suite par Rod Stewart, Love Song ou bien Amoreena (prénom d'une nièce d'Elton), chanson que l'on retrouvera, en 1975, dans la bande-son du film Un Après-Midi De Chien de Sidney Lumet, on entend la chanson dans la séquence d'ouverture.

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Premier album d'Elton avec le bassiste Dee Murray (en revanche, le batteur Nigel Olsson était déjà sur Empty Sky, mais pas sur Elton John) qui sera par la suite un fidèle (Olsson aussi, d'ailleurs), Tumbleweed Connection n'est pas un disque parfait : certains titres manquent de panache (Come Down In Time, Son Of Your Father), d'autres sont un peu trop longs (My Father's Gun, Country Comfort, Talking Old Soldiers), et le côté faussement country, parfois, peut agacer, mais c'est tout de même un excellent petit album ; j'ai mis du temps à m'en rendre compte, il faut dire que ce n'est pas l'album de John que j'ai le plus souvent écouté, les premières écoutes furent frustrantes, ennuyeuses, et j'ai mis du temps avant de le ressortir de son boîtier CD (des albums de l'Âge d'Or - 1969/1976 - d'Elton, c'est un des rares, avec Caribou et Madman Across The Water, que je n'ai pas en vinyle). J'ai quasiment redécouvert le disque, ce fut pareil pour Captain Fantastic & The Brown-Dirt Cowboy, qu'au départ je détestais, la chanson-titre et Someone Saved My Life Tonight exceptées. Voilà pour Tumbleweed Connection, un très bon album d'Elton, pas son meilleur (ça c'est clair), ni un de ses plus grands, mais c'est quand même du très bon niveau. Et à noter qu'un très joli livret (avec paroles, crédits des musiciens, photos, dessins divers) se trouvait dans la pochette, et a été heureusement reproduit à l'identique dans le livret CD (aussi bien le livret de l'édition classique que la réédition 2 CD Deluxe) !

FACE A

Balald Of A Well-Known Gun

Come Down In Time

Country Comfort

Son Of Your Father

My Father's Gun

FACE B

Where To Now St Peter ?

Love Song

Amoreena

Talking Old Soldiers

Burn Down The Mission