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En 1978, Johnny Thunders, après le split des Heartbreakers (son groupe de punk-rock fondé en 1975 après le split des New York Dolls), se lance en solo. Il sort, entre deux prises d'héroïne (Thunders décèdera en 1991 des conséquences ajoutées d'une overdose et d'une leucémie), son premier album solo, So Alone. Sur la pochette, un Johnny Thunders (John Antonio Gonzale de son vrai nom, Newyorkais du Queens pure souche) avachi sur une chaise, dans un coin, comme un peu stone, déguingandé, le regard qui fixe l'horizon bien mort dans ses yeux pas délavés. Sur le disque, un grand assortiment de merveilles, punk ou rock. Notamment le grand, l'immense, le quintessentiel You Can't Put Your Arms Around A Memory, sans doute une des plus belles chansons que le rock ait offertes depuis qu'un certain camionneur de 19 ans du nom d'Elvis Aaron Presley est entré chez Sun Records en 1954 pour graver un single pour sa maman chérie.

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You Can't Put Your Arms Around A Memory, avec sa mélodie directement inspirée par le Lonely Planet Boy des New York Dolls (autoplagiat, vu que Thunders a fait partie des NY Dolls et qu'il a cosignée Lonely Planet Boy avec le chanteur du groupe, David Johansen ? Et alors ?), est une ballade magnifique portée par la voix fragile, hésitante et suraigüe de Thunders. Certains diront qu'il chante mal, à ceux-là, on leur répondra que ce n'était pas un chanteur à la base. Et ce petit défaut (voix hésitante) en rajoute à l'aspect touchant de la chanson, aux paroles assez belles. Le sommet de So Alone (album, au fait, produit par Johnny Thunders et Steve Lilliwhite), indéniablement. Autre sommet, ce London Boys qui défonce allègrement les Sex Pistols, groupe qui, tout en adulant (comme tout groupe punk qui se respecte) les New York Dolls, se permettait de les enculer à sec sur leur New York (album de 1977 Nevermind The Bollocks, Here's The Sex Pistols ; de toute façon, je ne sais pas pourquoi je redonne ne nom de l'album, car les Pistols n'en ont fait qu'un seul...). Thunders renvoie la balle avec force sur ce titre cosigné avec Billy Rath et Walter Lure, des Heartbreakers.

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On a aussi une reprise du Subway Train des NY Dolls (que Thunders, déjà, interprétait sur l'album de 1973), aussi bonne que l'originale, et des reprises : Pipeline (des Chantays, un groupe de surf music), Daddy Rollin' Stone (d'Otis Blackwell), Great Big Kiss (des Shangri-La's), et une chanson cosignée avec Johansen, Downtown. Le reste est signé de Thunders seul (Ask Me No Questions) et est excellent. A noter les musiciens présents sur l'album : Paul Cook (batterie), Steve Jones des Pistols (guitare), Chrissie Hynde (des Pretenders) aux choeurs sur Subway Train, Phil Lynott et Steve Marriott aux guitares, Walter Lure (guitare), Steve Lilliwhite (claviers), Billy Rath (basse), John Earl (saxo)... Entouré de ces musikos (il n'est, donc, pas so alone), et tenant lui-même la guitare principale, Thunders, en état de grâce, offre un splendide album punk, et le meilleur album de sa carrière solo.   

FACE A

Pipeline

You Can't Pur Your Arms Around A Memory

Great Big Kiss

Ask Me No Questions

Leave Me Alone

FACE B

Daddy Rollin' Stone

London Boys

(She's So) Untouchable

Subway Train

Downtown