TC1

A la base, ce groupe s'appelait Southern Death Cult. Britanniques, ces mecs faisaient du rock à tendance assez musclée, mais à prédominance new-wave gothique. Leur chanteur, Ian Astbury, très intéressé par la cause Native American, fera en 2002 partie d'une controversée reformation (sans leur batteur, qui leur intentera un procès pour utilisation abusive du nom du groupe, procès gagné) des Doors, se glissant dans la peau de Jim Morrison. Le premier album du Cult, car le groupe changera rapidement de nom, date de 1984 : Dreamtime. Très bon album. Puis, en 1985, Love, disque mémorable (She Sells Sanctuary, Nirvana). The Cult, aussi géré par le guitariste Billy Duffy, va ensuite entrer en studio pour y accoucher de leur troisième album, Peace. Disque qui ne sortira qu'en 2013, en tant que disque bonus d'une réédition CD et vinyle d'un autre album. Cet autre album, c'est Electric. Mais en fait, c'est compliqué. Le groupe enregistre Peace en studio, sous la houlette du producteur Steve Brown, qui avait produit Love. Les sessions vont jusqu'au bout, le disque est quasiment prêt à sortir, mais le groupe n'aime pas ce qu'ils ont fait, ou plutôt, la manière dont ce fut produit. Contre l'avis de leur management (ils sont signés sur le label Beggars Banquet), The Cult va chercher un nouveau producteur. Ils découvrent l'oeuvre de Rick Rubin, producteur d'albums de hip-hop, mais aussi de Slayer, groupe de thrash-metal bien violent. Rubin, qui produira les Red Hot Chili Peppers par la suite (et, le temps d'un bien raté album, AC/DC), accepte de produire l'album. Le groupe réenregistre donc Peace, en font un disque de pur hard-rock zeppelinien, et le titre de l'album est dès lors tout trouvé : Electric. L'album sort en 1987, année aussi du premier Guns'n'Roses. 

TC2

Que dire ? Electric, tout du long de ses quasi 39 minutes, offre du méga lourd dans son genre, et ne sera surpassé, dans un sens, que par le disque suivant du groupe (Sonic Temple, 1989, produit par Bob Rock ; et j'avoue sans aucune honte adorer celui qui suivra encore après, Ceremony, produit par Richie Zito). On tient ici tout simplement un des joyaux du hard-rock (à tendance un peu glam, comme les Guns'n'Roses), y'à pas à tortiller du Q pour chier droit, comme on dit. Les 11 titres (dont une reprise efficace du Born To Be Wild de Steppenwolf, aussi peu subtile que vous pouvez l'imaginer, mais c'était déjà le cas de la version originale de Steppenwolf, en même temps) se suivent, peuvent se ressembler par des riffs, mais sont tous absolument dantesques. Comment essayer de retranscrire par des mots ce que j'ai ressenti la première fois que j'ai entendu le si peu original (certes) mais si monstrueusement jouissif riff inaugural de la première chanson de l'album, Wild Flower ? Tadada-ta, tadada-ta... la batterie qui déboule au bout de quatre riffs, la voix très morrisonnienne, très hutchencienne (de Michael Hutchence, chanteur d'INXS) d'Astbury qui sussurre hey you...c'est monumental. Les chansons suivantes, Peace Dog, Lil' Devil (ce riff, bordel de zut !!!), Love Removal Machine, un Memphis Hip Shake final tétanisant, King Contrary Man, toutes les chansons suivantes, sont du même niveau, rien à jeter.

TC3

A sa sortie (je n'avais que 5 ans alors), Electric cartonnera, et fera du Cult un des titans du hard-rock de l'époque. Suprème ironie quand on sait qu'à la base, ce n'était pas un groupe de hard-rock ! Mais le groupe va en devenir un, les albums suivants enfonceront le clou d'un gros rock bien nerveux, heavy, riffard, jouissif (écoutez Fire Woman, Sun King, Ceremony, Wild Hearted Son...), souvent avec cette iconographie un peu Native (la pochette de Ceremony : un jeune Native ; celle de Sonic Temple montre notamment Astbury avec un couvre-chef indien, sur scène ; et les titres des chansons seront parfois sans équivoque, Soldier Blue, American Horse, Ceremony). Si pour moi le sommet du groupe est le suivant, Sonic Temple, parce que plus étendu sans qu'il soit trop long (moins d'une heure, mais de peu), Electric est tout de même un album rigoureusement indispensable à tout amateur de hard-rock. Voilà, c'est dit !

FACE A

Wild Flower

Peace Dog

Lil Devil

Aphrodisiac Jacket

Electric Ocean

Bad Fun

FACE B

King Contrary Man

Love Removal Machine

Born To Be Wild

Outlaw

Memphis Hip Shake