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#1 Record est un disque culte. Tous les albums de Big Star sont des disques cultes. Big Star est un groupe culte. Non, je ne touche pas 500 € à chaque fois que j'écris le mot culte, culte, culte, culte, culte, culte, culte, sur ce blog. Culte. Mais j'énonce juste une vérité, laquelle est cependant bien connue des fans de rock. Bien nombreux sont les groupes de rock actuels (disons, depuis les années 80 : Replacements, REM) à se revendiquer de la Grosse Etoile. Et bien nombreux sont les gens à clamer que ces trois albums, #1 Record, Radio City, Third/Sister Lovers, sont des albums de chevet et donc, cultes, cultes, cultes, cultes, cult...euh, OK, j'arrête. Big Star est un groupe originaire de Memphis, Tennessee. Ville importante, car celle des studios Ardent, celle de la première chaîne de supermarchés aussi : Big Star. Oui, le groupe leur a piqué le nom ! Big Star a été fondé en 1971 par Chris Bell (chant, guitare, claviers) et Alex Chilton (chant, guitare, claviers), accompagnés du bassiste  Andy Hummel et du batteur Jody Stephens, lequel est par ailleurs, en 2018, le dernier rescapé. Bell est mort en 1978, Chilton et Hummel, à deux mois d'intervalle, en 2010... Et ils ne sont pas morts d'overdose. Chris Bell est mort dans un accident de voiture, il venait d'enregistrer I Am The Cosmos, un disque solo immense qui ne sortira qu'en... 1992. Les autres sont morts de causes naturelles ou de maladie. Chilton venait des Box Tops, groupe de pop des années 60 qui avait obtenu un immense succès en 1967 ou 1968 avec The Letter, 2 minutes de bonheur absolu. Il avait dans les 16 ans. A la fin des Box Tops, il rentre à Memphis, retrouve un ami d'enfance (Andy Hummel), qui vient de fonder un groupe avec Jody Stephens et Chris Bell : Ice Water. Chilton les rejoint, et le groupe devient Big Star.

BS1

#1 Record est, comme son nom l'indique, leur premier album, et il date de 1972. Il est sorti sur le label Ardent Record, hébergé par Stax, et a été produit par John Fry. Long de 37 minutes, il offre 12 titres et parmi eux, 25 sont des classiques absolus. Manière humoristique de dire à quel point cet album est réussi. Plus sérieusement, cet album, qui offre des chansons interprétées soit par Bell, soit par Chilton (en alternance) avec une exception, The India Song, écrite et interprétée par Hummel, est un régal de ce que l'on appellera de la power-pop. L'album sera acclamé par une presse assez dithyrambique, mais hélas, de gros soucis de distribution du label feront que l'album foirera dans les charts : il sera en effet difficile de se le procurer, Stax ayant été dans l'impossibilité d'en assurer correctement la distribution dans les magasins. Cette rassrah poursuivra le groupe jusqu'à la fin, Radio City bidera dans les charts aussi pour à peu près les mêmes raisons, et le troisième album, enregistré difficilement, sortira, entre 1978 et 1992, dans plusieurs versions quelque peu différentes... Pour en revenir à ce premier Big Star, et le seul avec Bell qui quittera l'aventure juste après, échaudé par cet insuccès commercial, c'est donc une pure merveille qui aligne les classiques. Les chansons de Bell sont remarquables (Feel, In The Street, Don't Lie To Me, Try Again), celle de Hummel est excellente, celles de Chilton prouvent que c'est bien lui le pilier de Big Star, malgré qu'il soit arrivé le dernier dans le groupe. 

BS3

Chilton et Bell

Rien que Thirteen suffirait à classer ce songwriter dans le haut du panier. Cette chanson est une splendeur inusable qui représente si bien les désarrois et états d'âme de l'adolescence qu'on se demande si Chilton ne l'aurait pas écrite à 13 ans (précisons que toutes les chansons de l'album ont signées Bell/Chilton, sauf The India Song signé Hummel, et My Life Is Right, signé Bell et Tom Eubanks ; une collaboration à la Lennon/McCartney, et comme pour eux, c'est le principal auteur qui chante). Sommet d'un album qui regorge quand même de tueries (autres grandes chansons de Chilton ici : The Ballad Of El Goodoo, Watch The Sunrise, When My Baby's Beside Me), elle a été reprise par, notamment, Elliott Smith, Garbage, Wilco, Deus, Albert Hammond Jr des Strokes... C'est une chanson acoustique aux choeurs sublimes, une perfection qui file les frissons dès les premières notes. Aujourd'hui encore, on parle de #1 Record comme de l'écrin à Thirteen. Mais tout l'album est immense, même la minute de ST 100/6, qui achèvé étonnamment (mais magnifiquement) l'album. On a ici affaire à un disque qui soutient l'épreuve du temps, et qui sonne aussi frais et majeur en 2018 qu'en 1972. Il sonnera toujours aussi frais et majeur en 3257, croyez-moi. Le plus dingue dans cette histoire est que, malgré sa réussite totale et vertigineuse (The Ballad Of El Goodoo, Thirteen, Feel, Don't Lie To Me...), ce premier opus de Big Star, qui s'est vendu à moins de 10 000 exemplaires à sa sortie, est probablement le moins grandiose de la trilogie. Tout ça pour vous dire à quel point les deux suivants sont monstrueux de réussite (Radio City, surtout) ! Le groupe se reformera dans le mitan des années 2000 pour un ultime album franchement pas génial, puis la mort de Chilton et Bell marquera évidemment la fin. Mais la Grosse Etoile ne cessera jamais de briller dans le firmament du ciel rock. Culte, culte, culte, cult...OK, j'arrête !

FACE A

Feel

The Ballad Of El Goodoo

In The Street

Thirteen

Don't Lie To Me

The India Song

FACE B

When My Baby's Beside Me

My Life Is Right

Give Me Another Chance

Try Again

Watch The Sunrise

ST 100/6