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Allez, encore un petit peu de Cailloux, ça ne peut pas faire mal, surtout que c'est à un vrai sommet du groupe que je m'attelle aujourd'hui, un disque tellement génial qu'à côté, A Bigger Bang, pourtant magnifiquement réussi, à des allures de Alvin & The Chipmunks Sings The Beauty Of Christmas (ne cherchez pas, j'ai inventé ce titre d'album, même si je sais qu'hélas, il existe un album au titre à peu près équivalent...). Les Rolling  Stones se sont formés en 1962, et leur premier opus, éponyme, date de 1964. En 1965, ils en sortent deux : The Rolling Stones N°2 et le très très réussi Out Of Our Heads. Déjà, on le sait, les classiques abondent : Heart Of Stone, I'm Free, Play With Fire, (I Can't Get No) Satisfaction, The Last Time, Time Is On My Side, Get Off My Cloud, As Tears Go By à la base offerte à Marianne Faithfull), 19th Nervous Breakdown et des reprises à tomber de I Wanna Be Your Man (des Beatles), She Said Yeah, It's All Over Now... Et je n'ai pas tout cité.

Ca fout le vertige. Seul point de comparaison, les Beatles, amis des Stones (les deux groupes s'arrangeaient, quand c'était possible, de ne pas se mettre en concurrence l'un l'autre avec leurs sorties de singles). Bon, tout ce pataquesse en intro d'article parce qu'il faut bien dire que parler pendant trois longs paragraphes des Stones, ce n'est pas facile, parce que tout a déjà été dit plein de fois sur eux, un peu partout, et cet article est loin d'être le premier sur eux sur le blog. C'est même le dernier à ce jour, ah ah ah, et c'est évidemment une réécriture, parce qu'un disque pareil, vous pensez bien qu'il avait déjà été abordé il y à longtemps. C'est de leur quatrième album (original britannique, je précise ; comme pour les Beatles, les albums du groupe ont, aux USA, connu des versions différentes, avec pochettes parfois différentes en plus du contenu qui changeait) que je vais parler, un disque sorti en avril 1966 en Angleterre, et en juin de la même année aux USA : Aftermath. La pochette ci-dessus, en haut d'article, est celle de la version originale, et celle plus bas, de la version ricaine, qui est hélas plus facile à trouver en CD que l'autre (qui, heureusement, a bénéficié d'une réédition vinyle il y à quelques temps, qui est, elle, facile à trouver).

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 Aftermath ("séquelles") est le premier triomphe absolu du groupe, le premier disque de l'Âge d'Or, qui va s'étaler jusqu'à 1973. Même si j'aurais en fait envie de dire que leur Âge d'Or va jusqu'à 1978, personnellement, mais tous les fans du groupe ne seront pas de cet avis. Ce disque produit par leur manager Andrew Loog Oldham est un chef d'oeuvre...dans sa version britannique. Celle-ci dure 53 minutes, offre 14 titres. Pour 1966, un disque de rock de 53 minutes, c'est rare, c'est une durée que l'on trouve surtout pour les albums de jazz à l'époque. Le disque est bien rempli, on a même une chanson qui, à l'heure actuelle, reste toujours la plus longue jamais enregistrée par le groupe, avec 11 minutes : Goin' Home. Un sommet qui achève non pas l'album (ça, c'est pour la version ricaine) mais la face A. Une longue improvisation que le groupe a tenu le plus longtemps possible, s'attendant à tout moment à se faire interrompre par un c'est bon, ça suffit agacé provenant de la cabine d'enregistrement. L'album n'offre évidemment pas que ça comme réussites : Mother's Little Helper, qui ouvre le bal, chanson sur la vie des femmes au foyer et de l'abus de médicaments, pssède un son de guitare très particulier, mélange entre mandoline et slide, pris à tort pour un sitar. Under My Thumb, chanson sur un homme parlant de sa petite amie qu'il traite comme une marionnette, chanson assez machiste, est un autre sommet, tandis que Lady Jane et Out Of Time sont deux superbes ballades qui laissent rêveur. Mais l'album offre aussi des morceaux moins connus mais parfaits, comme I Am Waiting, Dontcha Bother Me (bien bluesy), What To Do et High And Dry.

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Bref, l'album est indispensable...dans sa version originale britannique de 14 titres. Parce que comme je l'ai dit, deux mois plus tard, aux USA, l'album sort dans une autre version. Pochette différente (celle ci-dessus) avec le lettrage bleu et une photo couleur, et  évidemment, surtout, un tracklisting différent. Il n'y à plus 14 mais 11 titres, pour un total de 42 minutes, 11 de moins que la britannique. Et ce n'est pas Goin' Home (d'une durée, je le rappelle, de 11 minutes, soit la différence de timing entre les deux versions) qui manque, il est bien là, dans la même version, et en final d'album. Mais la version ricaine vire Mother's Little Helper, Out Of Time, What To Do et Take It Or Leave It pour les remplacer par un seul titre, placé en intro, Paint It, Black, sorti en single en Angleterre parallèlement à Aftermath. Une chanson géniale, certes. Mais inutile de dire que cette version ricaine n'est vraiment pas aussi extraordinaire que l'originale. Pareille mésaventure arrivera aussi à l'album suivant, Between The Buttons en 1967, et après, il n'y aura plus de différences entre les différentes versions, ricaine et british (pareil pour les Beatles à partir de 1967). La version américaine est hélas celle qui est la plus facile à trouver en CD, ce qui est une totale hérésie, pourquoi ne pas avoir édité la version britannique en y rajoutant Paint It, Black en bonus ? Il faut demander ça à ABKCO, la compagnie qui gère le catalogue 1962/1970 du groupe... Bon, les chefs d'oeuvres sont immortels : même dans sa version courte, cet album déchire. C'est d'ailleurs avec elle que je l'ai découvert. Mais inutile de dire qu'une fois le vinyle originale 14 titres écouté, je n'ai plus jamais ressorti le CD de la version 11 titres...

Edition originale anglaise

FACE A

Mother's Little Helper

Stupid Girl

Lady Jane

Under My Thumb

Dontcha Bother Me

Goin' Home

FACE B

Flight 505

High And Dry

Out Of Time

It's Not Easy

I Am Waiting

Take It Or Leave It

Think

What To Do

Edition américaine

FACE A

Paint It, Black

Stupid Girl

Lady Jane

Under My Thumb

Dontcha Bother Me

Think

FACE B

Flight 505

High And Dry

It's Not Easy

I Am Waiting

Goin' Home