UFO1

Vous pouvez me dire pourquoi je suis le seul sans boules sur la pochette ? Il paraît que cette réflexion (émise avec l'inévitable accent bas-saxon) du guitariste Michael Schenker, au moment de visionner ce qui sera la pochette de cet album, fera bien rigoler ses comparses du groupe... Comparses qui ne le resteront plus très longtemps, vu que l'Allemand, frangin de Rudolf des Scorpions, quittera le groupe après la tournée, pour rejoindre les Scorpions justement (Lovedrive) avant de fonder son propre groupe, le Michael Schenker Group (ou MSG). L'ère Schenker, la plus réussie et importante de la carrière de UFO, s'arrête donc ici (le monumental double live Strangers In The Night sorti en 1979 mis à part), en 1978, avec cet album qui, à sa sortie, est le huitième opus du groupe (et leur septième studio) : Obsession. Un album à la pochette assez curieuse, aux teintes glaciales, sur laquelle les membres du groupe sont tous bien fringués et coiffés, et ont tous de petites villes argentées sur les yeux, les narines, la bouche. Sauf Schenker, au centre du recto, en chemise en partie ouverte, sortie du futal, bras ballants, chevelure blonde pas trop dégagée sur les oreilles, expression bah, et moi, je fais quoi ? sur le visage, l'air un peu con de se trouver là. On ne va pas se creuser le cerveau, surtout un 22 mai (mais même demain, pas la peine de se casser le cul, les mecs), à essayer de chercher une explication pour cette pochette signée, ça se sent à mille kilomètres, Hipgnosis. Elle est sympa, cette pochette, et surtout, curieuse, et donne envie d'écouter le disque, lequel, avec 36 minutes, est bien tassé comme il faut et est produit par Ron Nevison, ingénieur du son ayant notamment bossé pour Led Zeppelin et les Who.

UFO2

UFO a vraiment connu une renaissance, quand Schenker est arrivé dans le groupe, courant 1973. Avant son arrivée, le groupe, qui existe depuis la fin des années 60, avait usiné deux albums studio et un live, tous trois dans le style space-rock heavy à la Hawkwind. Le premier album est sympa, sans plus au final. Le live, très bon, mais mal produit (qualité sonore assez médiocre). S'il y en à un à conserver de cette première période, c'est le deuxième opus, UFO 2/Flying, une heure de space-rock (sur un seul disque bien rempli). Mais c'est sans commune mesure  avec ce que le groupe deviendra dès le quatrième opus, Phenomenon, sorti en 1974, le premier avec Schenker : un groupe de hard-rock mélodique à la Scorpions/Thin Lizzy, qui va sortir des albums prodigieux pendant tout le reste de la décennie. Rien à jeter nulle part, même sous le tapis, même en cherchant bien à la cave. Si No Heavy Petting (1976) restera à vie mon préféré du groupe, Obsession, le dernier de cette période donc, n'est sans doute pas loin derrière. Il semble moins percutant que Force It 1975) ou Lights Out (1977), deux écrins à classiques UFOliens (sur le double live de 1979, fait pendant la tournée de Obsession, un seul de ses morceaux est présent, Only You Can Rock Me), mais c'est une façade. Parfois plus rock que hard-rock (l'instrumental Arbory Hill, la très orchestrale ballade Lookin' Out For N°1 et sa reprise, Born To Lose, lui aussi très orchestral), Obsession est une belle réussite.

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On ne sent vraiment pas la fin arriver, en fait (je parle de la fin de la période Schenker) en écoutant ce disque qui fut, apparemment, enregistré en partie dans un bureau de poste désaffecté de Los Angeles (!!!). Certains albums ont été faits dans des endroits vraiment spéciaux, une ancienne église (Neon Bible d'Arcade Fire), une villa dans laquelle un massacre fut commis (The Downward Spiral de NIN), etc, bon, ben là, c'est dans un bureau de poste ! L'album, avec son alternance entre morceaux furax (Pack It Up (And Go), Hot'n'Ready, One More For The Rodeo) et morceaux plus posés (Cherry, Lookin' Out For N°1, Born To Lose), est un excellent cru, quoi qu'on en dise (il n'est pas rare de lire des choses plutôt négatives à son sujet). Une fois le live sorti, une fois Schenker parti (il reviendra à, je crois, deux reprises, au sein du groupe, rapidement), UFO va engager le guitariste Paul Chapman. La période Chapman, vraiment pas du même niveau, à quand même ses fans. Malgré tout, et malgré le nom de George Martin (excusez du peu) aux commandes, l'album suivant, sorti en 1980, No Place To Run, sera non seulement leur premier mauvais album, mais reste sans doute un de leurs pires à ce jour...

FACE A

Only You Can rock Me

Pack It Up (And Go)

Arbory Hill

Ain't No Baby

Lookin' Out For N°1

FACE B

Hot'n'Ready

Cherry

You Don't Fool Me

Lookin' Out For N°1 (Reprise)

One More From The Rodeo

Born To Lose