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UFO est un groupe de rock britannique mené par le chanteur Phil Mogg, et ayant longuement accueilli en son sein le guitariste allemand Michael frère du Rudolf des Scorpions Schenker. Mais pas au début de leur carrière. Au commencement, UFO (pour Unidentified Flying Object, soit, en anglais, OVNI) était un groupe de space-rock tendance heavy, un peu comme Hawkwind (groupe dans lequel a évolué Lemmy avant qu'il n'en soit lourdé et ne fonde Motörhead) ou les Pink Fairies. Leurs trois premiers albums (dont un live), sortis dans le tout début des années 70, sont totalement différents (avec de longs morceaux, dont un, notamment, de quelques 26 minutes, ce genre de choses...) de ce que le groupe fera dès 1974, année de l'arrivée de Michael Schenker dans le groupe et de leur revirement hard-rock pur et dur. En 1974, Phenomenon sera le premier album du UFO retrouvé. Quatrième album du groupe et troisième opus studio, il offrira le hit Doctor Doctor, mais est quasiment parfait, il n'offre, pour ainsi dire, que des merveilles, comme Crystal Light, Too Young To Know (crédité Too Young To No sur la pochette !), Oh My, Rock Bottom, Queen Of The Deep... Un an plus tard, le groupe sort Force It, avec sa pochette qui fera scandale (un couple de sexe indéterminé, à moitié nu, dans une baignoire, dans une salle de bains remplie de tuyaux, et en train de s'embrasser follement), sera une autre réussite de hard-rock, avec Let It Roll, This Kid's/Between The Walls ou Mother Mary. Encore un an plus tard (1976, donc), le groupe recrute le claviériste Danny Peyronel (dont ça sera l'unique album d'UFO) et sort son sixième album (et cinquième studio), un disque peu étendu (35 minutes, 9 titres) mais parfait de bout en bout, et sorti, lui aussi, sous une pochette qui fera polémique (et est signée, comme pour le précédent, par Hipgnosis) : No Heavy Petting. La pochette représente un singe rhésus relié, par des tuyaux, à la nuque d'une jeune femme torse nu sur l'épaule de laquelle il est juché, une transfusion de sang assez peu orthodoxe...

UFOO

No Heavy Petting est rarement cité dans les meilleurs albums de hard-rock (si un album de UFO est cité dans ce genre de classements, c'est soit Phenomenon, soit le double live Strangers In The Night de 1979, qui est démentiel et contient deux extraits de No Heavy Petting et deux de Phenomenon), et croyez-moi, je pense que c'est une putain de sérieuse grave injustice. Car le disque est un régal qui offre absolument tout ce qu'on peut attendre et espérer d'un disque de rock/hard-rock de l'époque : une interprétation à la hauteur (Phil Mogg est un chanteur d'exception), une alternance entre morceaux furax et belles ballades, et même une reprise. En l'occurrence, ici, A Fool In Love, reprise du Frankie Miller Band, morceau ultra sympathique qui reste longtemps en mémoire (son refrain est addictif), pas le meilleur morceau de l'album, mais vraiment excellent. L'album s'ouvre sur Natural Thing, I'm A Loser (les deux titres présents sur le live) et Can You Roll Her, une triplette de chansons qui fait férocement durcir le calbute, UFO y montre toute sa puissance et sa gloire. Après ces trois chansons démentoïdes, le tempo va considérablement se ralentir avec une chanson purement géniale, sans doute une des plus belles ballades rock (même si ici c'est plus le terme de 'complainte' qui correspondrait) qui soient : Belladonna. Je vais être clair, cette chanson toute douce (une guitare acoustique de toute beauté, Phil Mogg qui chante magnifiquement) est un sommet. Out of reach, out of touch, how you've learned to hate so much... Après cette pure tuerie émotionnelle qui me file les yeux piquants à chaque fois, Reasons Love semble presque incongru, intrus ; excellente chanson, mais il aurait mieux valu la mettre juste avant Belladonna et laisser celle-ci finir la première face.

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La seconde face, elle, démarre par Highway Lady, chanson très efficace, et se poursuit par On With The Action, chanson au sujet alors assez polémique : l'homosexualité. Phil Mogg est très efficace dans cette chanson au rythme assez sombre. A Fool In Love suit, on en a déjà parlé, c'est une reprise, chanson très pop et efficace, courte et vraiment sympa. Mais arrive le final, 5 minutes de bonheur, la deuxième meilleure chanson de l'album (et même la meilleure, en fait, juuuuste devant Belladonna, mais il y à match entre les deux) : Martian Landscape. Ecrite par Danny Peyronel, le claviériste, cette chanson parle du pays natal de Peyronel, qui n'est donc pas né sur Mars (car la chanson ne parle absolument pas de la planète rouge, en dépit de son titre), mais en Argentine. Une chanson tout simplement tuante, ballade rock (nettement plus énergique que Belladonna, qui restait dans le calme, avec un peu de synthés pour accompagner la guitare) au refrain opératique, une chanson qui achève avec puissance et maestria un album éclectique et remarquable. Non, vraiment, dire que No Heavy Petting est aussi méconnu, dire que UFO, même, est aussi méconnu (de nos jours, par rapport à autrefois)... Il y à de ces injustices, vraiment. Pour moi, clairement, No Heavy Petting est un indispensable pour tout amateur de rock et de hard-rock 70's.

FACE A

Natural Thing

I'm A Loser

Can You Roll Her

Belladonna

Reasons Love

FACE B

Highway Lady

On With The Action

A Fool In Love

Martian Landscape