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Là, ça va envoyer du lourd. Parce que je vais parler du septième album studio des Kinks, et pour moi, probablement leur meilleur, malgré l'excellence absolue de The Kinks Are The Village Green Preservation Society, lequel, sorti en 1968, est leur...sixième album. Récemment (le mois dernier, et donc, l'année dernière), j'ai réabordé l'album de 1968 en terminant ma chronique par, grosso merdo, c'est mon préféré d'eux, et certainement leur meilleur, avec Arthur... juste derrière. Quel con je suis, moi qui commence ma chronique (une nouvelle chronique, qui remplace l'ancienne, très médiocre, de 2010) de ce même Arthur... par une phrase qui est l'exact opposé de ce que je disais il y à un mois ! Non, je ne me contredis pas, c'est juste que je ne sais pas lequel mettre en premier, voilà tout. Et dire que je ne suis pas fan des Kinks...si c'était le cas, je serais vraiment bien emmerdé à l'idée de choisir mon préféré d'eux ! Tout en restant des plus objectifs, je reconnais que ...Village Green... est plus mythique, mais que Arthur Or The Decline And Fall Of The British Empire, sorti en 1969, est un peu plus accessible au premier abord, il semble plus maîtrisé en ce qui concerne son concept (car c'est aussi un album conceptuel, qui ne tourne pas autour de la légende arthurienne, mais d'un certain Artuhr Morgan, inspiré par le beau-frère du leader du groupe, Ray Davies, beauf' qui s'appelait Arthur Anning), et, bon, question de goût hein, mais en tant que non-fan des Kinks (bien que je ne les déteste pas du tout pour autant), je suis directement entré dedans dès la première écoute de ses 50 minutes, alors qu'il m'a fallu du temps pour enfin apprivoiser leur mythique précédent opus, qui n'en est pas moins des plus dignes d'éloges (pour le minimum). Ca va, vous vous en sortez ?

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Sorti donc en 1969, Arthur Or The Decline And Fall Of The British Empire est un régal total à la pochette étrange et pas vraiment des plus réussies (voir le chien gigantesque, cartoonesque, grotesque qui orne l'intérieur de la pochette gatefold), centré autour d'un concept imaginé par Ray Davies et le romancier Julian Mitchell. Ce projet devait, en plus d'être un album, devenir un téléfilm produit par une chaîne de TV britannique, Granada Television. En fait, à la base, ça devait être un TVfilm, et l'album en aurait été tout simplement la bande originale. Mais la production du TVfilm fut annulée avant le premier jour de tournage. Davies ne s'est pas démonté pour autant et les Kinks ont enregistré leur album, plus une bande originale désormais (ceci dit, dans les crédits, Granada est cité, sans doute par obligation légale et contractuelle, vu la provenance du projet) mais un album-concept. Ce ne fut pas un succès commercial, déjà que le précédent opus n'avait pas marché du tout (ce n'est que bien des années plus tard qu'il deviendra culte), mais en revanche, la critique fut unanime et dithyrambique à son égard, et il faut dire qu'il y avait de quoi. Tout du long de ses 50 minutes (et 12 titres), Arthur... est un chef d'oeuvre de pop 60's au prfum indélébilement british, les Kinks étant un des rares groupes de rock britanniques dont on peut directement deviner la provenance en les écoutant, sans rien savoir d'eux. Ils sonnent anglais, tout simplement, plus encore que les Beatles. 

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Le concept de l'album, c'est l'histoire, romancée, d'Arthur, beau-frère de Ray Davies (il a épousé sa soeur) qui, en 1964, a émigré vers l'Australie afin de recommencer sa vie après avoir lutté, durant l'après-guerre, pour s'en sortir. Tout l'album est une sorte de série de vignettes sur l'Angleterre du XXème siècle, plus ou moins inspirées par des détails de la vie d'Arthur (décès de son frère, tué pendant la Première Guerre Mondiale (Some Mother's Son) ; la Seconde Guerre Mondiale (Mr. Churchill Says) ; départ pour l'Australie (Australia) ; la vie en Angleterre, une Angleterre qui n'existe plus (Shangri-La, Young And Innocent Days)... Tout du long, de l'immense Victoria à l'immense Arthur, en passant par Brainwashed et She Bought A Hat Like Princess Marina, l'album est un régal de mélodies pop/rock sublimement produites et arrangées, et de textes majestueux qui, c'est encore heureux, se trouvent sur la sous-pochette de l'album. En plus d'un texte au dos de pochette, qui parle vaguement du concept (commençant d'ailleurs par mettre les points sur les i avec les acquéreurs de l'album : non, ça ne parle pas de l'Arthur des légendes arthuriennes, Table Ronde et Excalibur) et de quelques illustrations (recto de pochette, intérieur, et un dessin de la reine Victoria, par le même artiste, sur la sous-pochette). Le tout sonne agréablement et irrésistiblement british, et malgré les années, malgré les presque 50 ans du projet, Arthur Or The Decline And Fall Of The British Empire n'a pas pris un seul coup dans l'aile gauche (ni la droite), il sonne toujours aussi parfait qu'autrefois ! C'est donc vraiment difficile de dire lequel, entre The Kinks Are The Village Green Preservation Society (très pop baroque et psychédélique) et celui-ci (plus rock), lequel est le sommet du groupe. Sans doute les deux. Mais entre les deux, je pense qu'au final, malgré ce que j'ai dit le mois dernier, mon coeur balance plus pour ce mythique album de 1969 !

FACE A

Victoria

Yes Sir, No Sir

Some Mother Son

Drivin'

Brainwashed

Australia

FACE B

Shangri-La

Mr Churchill Says

She Bought A Hat Like Princess Marina

Young And Innocent Days

Nothing To Say

Arthur