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Sorti en 1972, Chicago V (tous les albums du groupe, à l'exception du quatrième album et du 12ème, Hot Streets en 1978, sont nommés par leur position discographique, par numéros) est, comme son nom l'indique, le cinquième album de Chicago, et leur quatrième album studio (le précédent, Chicago IV, étant le fameux live At Carnegie Hall). Bien que très réussi, Chicago V a deux raisons d'être un peu décevant. La première raison est qu'il est quand même mois abouti que les trois premiers albums studio du groupe. La seconde est qu'il est simple. Or les trois premiers albums studio du groupe étaient tous trois des double-albums, et leur quatrième album, le live, était quadruple (performance discographique insensée et toujours inégalée) ! Après une telle débauche de disques en à peine trois ans (1969 à 1971), un disque simple comme Chicago V a de quoi décevoir. On accusera sans doute Chicago d'avoir ralenti la cadence. Mais en même temps, quelle aurait été la prochaine étape, sinon ? Un triple album studio ? Un quadruple album studio ? Ou un quadruple album à la fois studio et live ? Il fallait quand même mieux que le groupe se mette à sortir des albums lambda (et il ne fera quasiment plus que ça) !

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Si V déçoit sur la forme, il ne déçoit pas sur le fond : les 45 minutes présentes sur cette galette vendue sous une pochette 'imitation bois' sont très bonnes, on trouve ici quelques une des plus belles chansons du groupe : Saturday In The Park, A Hit By Varèse (toutes deux du pianiste Robert Lamm), Alma Mater (de Terry Kath, guitare) ou State Of The Union (de Lamm). Sans oublier les deux parties de Dialogue. Dialogue sortira en single, comme Saturday In The Park (cette chanson se placera 3ème du Billboard). Le groupe, inchangé (Lamm, Kath, bassiste Peter Cetera, batteur Danny Seraphine, trompettiste Lee Loughane, cuivriste Walter Parazaider, tromboniste James Pankow), assure.

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Peter Cetera (basse)

Par la suite, Chicago offrira une musique de plus en plus ancrée dans la pop (alors que les débuts sont totalement jazz-rock), et à partir du septième album (le double Chicago VII), les choses commenceront à se gâter un peu, musicalement parlant. Même si Chicago ne sombrera vraiment et définitivement qu'à partir de Hot Streets (1978), leur premier album sorti après le décès accidentel (roulette russe ayant mal tourné) de leur guitariste légendaire, Terry Kath. Une fois Kath mort, le déluge, mais entre temps, leurs albums, s'ils ne seront jamais aussi grandioses que les trois premiers, resteront hautement écoutables. Ce V est une belle réussite.

FACE A

A Hit By Varèse

All Is Well

Now That You're Gone

Dialogue (Part 1)

Dialogue (Part 2)

FACE B

While The City Sleeps

Saturday In The Park

State Of The Union

Goodbye

Alma Mater