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Fireball, sorti en 1971, est le cinquième album de Deep Purple, et leur second à obtenir un vrai succès (après In Rock, de 1970, premier vrai album de la formation la plus connue du groupe, MkII). Sous une pochette interstellaire et un titre assez énergique ("boule de feu") se cache un album assez aventureux. Produit par le groupe (alors constitué du chanteur Ian Gillan, du guitariste Ritchie Blackmore, du bassiste Roger Glover, du batteur Ian Paice et du claviériste Jon Lord), Fireball est un disque assez différent de In Rock. In Rock était furieux, heavy, bien speedé et énergique. Fireball, lui, est assez expérimental par moments, il mélange certains styles, et pas toujours avec une subtilité et une réussite absolues. En fait, Fireball, qui ne se vendra pas très bien (comparé aux deux monstres qui l'entourent : In Rock et Machine Head), est limite un ratage pour le Pourpre.

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On trouve, franchement, de bonnes chansons ici : The Mule (qui, sur le double live mythique Made In Japan de 1972, sera agrémenté d'un superbe et long solo de batterie), No One Came, Fools...bref, la face B, dans sa globalité, est sensationnelle, je ne dirai pas le contraire. Trois titres plutôt longs (entre 5,20 minutes et 8, 20 minutes) et très réussis, Ian Gillan chante excellemment bien, le groupe assure. Le problème, c'est que Fireball, c'est aussi une face A. S'il n'y avait que la B, on aurait un mini album de 20 minutes franchement grandiose. Mais les 4 titres de la première face (qui totalisent une vingtaine de minutes aussi) sont assez inconsistants. Passons encore sur Demon's Eye, énergique mais sans intérêt majeur. No No No est trop longue (7 minutes à peu de choses près), mais pourrait être meilleure si on l'avait raccourcie de, disons, 2 minutes. En revanche, Fireball est moyenne, et Anyone's Daughter est une honte absolue, une chanson country pépère totalement ridicule et qui semble aussi à l'aise sur ce disque qu'une reprise d'une chanson de Charles Trenet le serait sur un album de Burzum (lequel groupe est, je le précise, un groupe de black-metal norvégien extrêmement malsain et violent).

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L'album déçoit, même si certains apprécient son côté aventureux. Mais Fireball, aventureux ou pas, n'en mène pas large si on le compare avec In Rock ou Machine Head. Pour tout dire, de cette période du groupe, je préfère même Who Do We Think We Are de 1973 (pourtant moyen) ! S'il n'y avait pas, sorti en même temps en single (mais absent de l'album, sauf de la réédition CD), le grandiose Strange Kind Of Woman... Pour tout dire (le retour), sur Made In Japan, à part, justement, Strange Kind Of Woman et le solo de batterie basé sur The Mule, vous n'avez pas de titres de Fireball. Pas de Fireball, de No One Came, de No No No... comme si le groupe, malgré que la seconde face de l'album soit excellente, avait tenté d'oublier ce semi-échec.

FACE A

Fireball

No No No

Demon's Eye

Anyone's Daughter

FACE B

The Mule

Fools

No One Came