GF1

J'avais abordé ce disque au temps de la préhistoire du blog, vers 2009, et je n'avais pas été des plus tendres. Ce n'est pas le fait qu'il ait été abordé dans le fameux bouquin dont je me fais un plaisir d'aborder ou de réaborder les albums au fil de mes (re)découvertes qui va me faire changer d'avis sur ce Live Album de Grand Funk Railroad (uniquement crédité Grand Funk ici). Granf Funk Railroad est un groupe américain, un trio, de hard-rock (enfin, de rock à tendance assez bourrine, mais aussi boogie/blues), fondé en 1968 et dont le nom s'inspire de la compagnie de transport ferroviaire Grand Trunk Railroad. On voit déjà la subtilité, l'originalité du groupe, qui est constitué de trois chevelus, Mark Farner (chant, guitare, un peu de claviers), Mel Schacher (basse) et Don Brewer (batterie), et dont le premier opus, On Time (dont quatre morceaux finiront sur ce live que j'aborde), sort en 1969, puis Grand Funk en fin d'année 1969 (trois morceaux se trouvent sur ce live), puis Closer To Home en 1970, juste avant le premier live du groupe, ce Live Album double (76 minutes, mais malgré tout, il a longtemps été disponible en double CD, je crois que ce n'est plus le cas) sorti en 1970. L'album est un parfait représentant du son de Grand Funk Railroad, et a été enregistré en plusieurs concerts donnés en Floride en juin 1970. Malgré tout, la photo de l'intérieur de pochette a été prise au cours d'un concert donné à Atlanta... L'album, à sa sortie, a été un beau succès commercial, il conserve même aujourd'hui une certaine renommée dans la catégorie des albums live, mais les critiques de la presse ont été des plus méchantes. 

GF2

Il faut dire que GFR (la flemme de continuer d'écrire en entier ce nom) n'est pas un groupe des plus subtils. Un peu comme Blue Cheer mais quand même en un peu plus maîtrisé, GFR pratiquait un hard-rock vraiment bourrin, machiste, qui déchire velu mais ne cherche pas la subtilité, aussi bien au niveau des paroles que des mélodies. Ils ne sont que trois, mais sonnent comme s'ils étaient cinq. Live Album, aujourd'hui encore, divise la presse et les fans. Soit on adore, soit on chie dessus. Moi, vous avez compris, je ne suis pas fan. Enfin, autant le dire, il y à quand même de quoi apprécier l'écoute pour peu qu'on ne recherche que du gros son bien heavy pour se nettoyer les oreilles ou s'accompagner en musique quand on bricole dans son garage ou qu'on décolle du papier peint dans sa maison. On trouve 11 titres (dont une Introduction de 2,30 minutes, donc, en fait, seulement 10 titres) sur ce double live qui fait la part belle aux deux premières livraisons studio du groupe. Trois morceaux dépassent les 11 minutes (sans toutefois aller jusqu'à 12,20 minutes) et un quatrième n'est pas loin d'atteindre la dizaine de minutes. Evidemment, on a l'inévitable solo de batterie (sur T.N.U.C. qui dure 11,45 minutes), et on a le tout aussi inévitable morceau occupant une face entière, ici, Into The Sun, qui, cependant, est vraiment un candidat impropre à la position de morceau occupant une face entière à lui seul : non seulement il ne dure que 12,10 minutes, ce qui, pour une face entière, est vraiment rikiki, mais en plus, con mais vrai, ce n'est pas le morceau le plus long de l'album (Inside Looking Out dure 10 secondes de plus et se trouve sur la face B, aux côtés des 7 minutes de Heartbreaker, morceau qui n'est pas une reprise de Led Zeppelin). On a donc cette aberration : une face entière occupée par un morceau qui, bien que long, n'est pas le plus long de l'album. Chacune des trois autres faces fait au moins 20 minutes, parlez d'un agencement raté...

GF3

Mais évidemment, ce n'est pas cet agencement foiré qui fait que Live Album est un live certes musclé et viril, mais moyen. Musicalement, comme je l'ai dit, rien n'est génial. Le groupe joue bien, fort et dur, et on trouvera ici tout ce qui fait un live de (hard-)rock. La production de Terry Knight est excellente, le son est vraiment bon, et le groupe semblait en vraie forme durant les trois concerts de juin ayant donné cet album. Les morceaux (Inside Looking Out, Paranoid qui n'est pas une reprise de Black Sabbath, In Need, Into The Sun) sont très bons pour ce qu'ils sont. Cependant, difficile de comparer Live Album avec, disons, Made In Japan. Difficile, aussi, de ne pas ressentir un peu de lassitude à force d'écoutes. Clairement, ce double live est un parfait représentant de ce que le hard-rock pouvait avoir de plus caricatural, des Spinal Tap avant l'heure. C'est bourrin, c'est con, c'est, certes, parfois jouissif, mais c'est boursouflé et jamais totalement trippant, jamais génial. En même temps, Grand Funk Railroad n'a jamais é(é un grand groupe, juste de bons faiseurs limités. A noter que leur discographie est assez imposante, le groupe ayant sorti dans les 13 albums studio, quatre lives... Un de leurs albums (We're An American Band, en 1973), sera un très gros succès. Un autre de leurs albums, Good Singin', Good Playin' en 1976, sera produit par un certain Frank Zappa (qui joue sur un titre ou deux), pour l'anecdote. Zappa produisant GFR, c'est un peu comme Obispo qui produirait Burzum, voyez le genre... Pour beaucoup de fans, cependant, ce double live de 1970 reste le sommet. C'est dire...

FACE A

Introduction

Are You Ready

Paranoid

In Need

FACE B

Heartbreaker

Inside Looking Out

FACE C

Words Of Wisdom

Mean Mistreater

Mark Say's Alright

T.N.U.C.

FACE D

Into The Sun