1259061156_depeche_mode_violator

Historiquement, ma rencontre avec Depeche Mode remonte à...je ne sais plus trop (je ne tiens pas un journal précis de ce genre de trucs), mais on va dire vers 1992. Oui, aux alentours de 1992. J'avais 10 ans en 1992, et le groupe était probablement en plein enregistrement (ou préparation) de leur futur Songs Of Faith And Devotion qui sortira en 1993. Leur album le plus récent était Violator, sorti en 1990, et qui sera un triomphe commercial. C'est la chanson Enjoy The Silence, qui en est issue, qui me fera tilter, gamin, sur ce groupe. J'ai dû me faire offrir Violator peu après, j'ai toujours le CD d'époque. Une belle pochette noire avec une rose rouge, assez glam/gothique, et un titre brutal en allusion aussi bien à la violation de la loi qu'aux groupes de heavy metal qui prenaient des noms barbares (Metallica, Megadeth, Slayer, Cannibal Corpse, je continue ou vous avez compris où je voulais en venir ?). Le contraste entre la brutalité du nom de l'album et la douceur de la rose (sur fond noir, ceci dit ; les teintes colorées de la fleur sont les seules notes de couleur du disque, livret inclus) est total. Produit par le groupe et Flood (qui, l'année suivante, assistera Eno et Lanois sur le Achtung Baby de U2), Violator est donc sorti en 1990 et il fait suite à deux cartons : Music For The Masses en 1987 et le double live 101 de la tournée de l'album que je viens de citer (1989). Il sera lui aussi (Violator) un immense succès et est toujours considéré comme le sommet de la carrière du groupe de Dave Gahan et Martin Gore ; personnellement, j'ai une préférence pour l'album de 1987, mais reconnaissons que...

DM5

...que ce Violator est monumental. Mais je ne m'en étais pas rendu compte à l'époque. J'avais été déçu par ce disque, Enjoy The Silence me plaisait à mort (c'est toujours le cas), et World In My Eyes me plaisait (et me plaît, là aussi, toujours) beaucoup, mais le reste m'ennuyait, surtout vers la fin de l'album (Blue Dress). A l'époque, il m'arrivait, par le biais d'une compile, d'écouter un peu de new-wave, qui me plaisait (mais à 10 ans, on n'a pas des goûts musicaux très affûtés, hein), mais sans doute trouvais-je que c'était un peu trop, Depeche Mode. Ce n'est que bien des années après que j'ai vraiment écouté l'album attentivement, et j'ai commencé à aimer ses 47 minutes (oui, l'album n'est pas trop long). Violator est un robinet à classiques : Personal Jesus (qui sera magnifiquement repris par Johnny Cash bien des années plus tard ; par Marilyn Manson, Tori Amos, Shaka Ponk et Nina Hagen aussi et, moins glorieux, par Hilary Duff) est remarquable avec son chant de prédicateur robotique (Reach out and touch faith !), Waiting For The Night est une douceur absolue dans un album globalement très très sombre (mais le groupe fera encore plus sombre avec les deux disques suivants, Ultra en 1997 étant de ce côté-là un vrai point de non-retour), Enjoy The Silence est un classique intouchable (ce qui n'a pas empêché Linkin' Park de remixer ce morceau en 2004), Clean, qui achève le disque, est inspiré par One Of These Days de Pink Floyd... 

DM6

Notons aussi World In My Eyes, magnifique ouverture, et ce Sweetest Perfection interprété par un Martin Gore en grande forme et qui chante ce morceau d'une voix plus dure que d'ordinaire (sa voix est souvent assez suave), ce qui fait que pendant longtemps, j'ai cru qu'en fait, c'était Dave Gahan qui chantait. Notons encore Halo, qui fut et reste un de mes préférés de l'album ; The Policy Of Truth, qui sortira en single (Personal Jesus aussi, évidemment) ; Au final, il n'y à que Blue Dress qui ne me plaît pas des (music for the) masses ici, je ne l'ai jamais aimée et je n'y arriverai sans doute jamais, mais la mélodie de claviers est entêtante quand même. Musicalement, le groupe offre un album très sombre, comme sa pochette, et avec une petite innovation : l'arrivée non négligeable de guitares. Je ne dis pas qu'il n'y en avait pas avant, mais si c'est le cas, franchement, on ne s'en rendait pas vraiment compte. Là, on les entend bien sur Enjoy The Silence, notamment. Violator est, à sa sortie, le disque rock de Depeche Mode. Leur premier. Leurs sonorités vont s'amplifier, les prismes se dilater, l'album suivant, d'une noirceur telle qu'à côté Violator ressemble à du Alvin & The Chipmunks sous amphètes, sera purement rock (à tendance électro/gothique). Sans doute est-ce pour ça que les premiers fans commenceront à se dissocier du groupe, pour ne revenir vers eux qu'à partir d'un Exciter plus électro/pop/dance en 2001. Mais le groupe aura entre temps trouvé une autre catégorie de fans, qui ne sont, eux, jamais partis, et ils sont donc totalement gagnants. 

FACE A

World In My Eyes

Sweetest Perfection

Personal Jesus

Halo

Waiting For The Night

FACE B

Enjoy The Silence

Policy Of Truth

Blue Dress

Clean