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On est ici en face d'un monstre, quel que soit le format : vinyle, CD ou même K7. Cet album, sorti en 1986, est un live, le premier live officiel de Bruce Springsteen, et je n'ai pas besoin de dire quand il a été enregistré, son titre dit tout : Live/1975-1985. Voilà. Même si, en fait, il n'y à qu'un seul titre (le premier, sur lequel le Boss s'accompagne au piano, le seul morceau de la sorte sur l'ensemble du live) qui a été enregistré en 1975. Le reste date de 1978 à 1985. Mais ça aurait été un peu mensonger d'appeler ça Live/1978-1985, des gens auraient pu dire ouiiii, mais Thunder Road, qui ouvre le disque, date d'un show de 1975, et puis ça sonne moins bien que Live/1975-1985, qui symbolise une décennie de mainmise springsteenienne sur le rock U.S., voilà tout. Ou alors il aurait fallu attendre encore quelques années (disons 1988 ou 1989) pour le sortir, après avoir rajouté des extraits live de 1987/88. Putain, j'ai mal au crâne. Allez, on va dire qu'on s'en fout, voici donc ce live dantesque du Boss, lequel, en CD, offre 3 disques bien remplis, et en vinyle (j'ai la chance, et depuis peu de temps, de l'avoir sous ce format, avec le gros livret des paroles et photos), 5 disques d'une bonne quarantaine de minutes chacun, soit environ 220 minutes (216 en fait, c'est à dire 3h36) de live. Et d'un total de 40 morceaux, tous live, enregistrés donc à des époques et endroits divers (c'est indiqué dans le livret), et pas forcément dans des endroits mythiques. Bon, on a le Winterland Ballroom de San Francisco (lieu de La Dernière Valse du Band) et le Roxy à Hollywood, mais aussi le Meadowsland Arena d'East Rutherford (New Jersey). 

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Un coffret cartonné bien épais avec, dedans, cinq sous-pochettes illustrées d'une belle photo et un beau livret, voilà ce que l'on a ici, avec ce live. Qui, du début à la fin, offre une qualité audio absolument remarquable. On navigue entre 1975 (pour, OK, OK, un seul morceau) et 1985, mais on a l'impression, souvent, que tout a été enregistré au cours d'un même soir. Le Boss a toujours été une bête de scène, du genre à faire des concerts de plus de 3 heures parfois, et ce coffret, s'il a été enregistré en divers endroits et époques, symbolise sans doute ce qu'était un concert de Bruce Springsteen. A sa sortie, ce coffret a été une vente colossale malgré son poids et, sans doute, son prix (le Boss et sa maison de disques Columbia ne pouvait pas faire vendre le tout au prix d'un simple voire d'un double album). On parle d'un des coffrets les plus vendus de tous les temps (et du seul coffret 5 vinyles à avoir été classé dans les meilleures ventes), ainsi que de la seconde meilleure vente (pour les USA) d'album live de tous les temps. Comme, en plus, le contenu musical est, du début (un Thunder Road délicat au piano, sublime) à la fin (une incroyable reprise du Jersey Girl de Tom Waits, captée en 1981 dans le New Jersey, Etat de naissance du Boss), absolument tuant, on a donc affaire à un essentiel absolu. 

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Une double-page du livret

On peut juste reprocher qu'il manque des morceaux, mais c'est vraiment chipoter que de dire ça, parce qu'avec 40 titres et plus de 3h30 de musique, on a vraiment de quoi faire. Mais il est vrai que Prove It All Night, Dancing In The Dark, Downbound Train, Lost In The Flood, Blinded By The Light, Highway Patrolman, Atlantic City et Kitty's Back manquent à l'affaire. Mis on se console vraiment avec le reste. Entre un No Surrender acoustique de toute beauté, un The River agrémenté d'une longue et poignante intro parlée et autobiographique du Boss, un Rosalita (Come Out Tonight) au cours duquel Bruce présente ses musiciens (morceau capté en 1978), restant longuement sur Clarence 'Big Man' Clemons, son saxophoniste qu'il annonce comme un champion de boxe, un Adam Raised A Cain enragé qui, placé juste après le calme de Thunder Road, fout une patate totalement monstrueuse, un Cover Me (avec la voix de Patti Scialfa, future Madame Springsteen, en complément) qui est cent fois meilleur que sur l'album studio, un mini-set acoustique (toute la sixième face) avec une reprise du This Land Is Your Land de Woody Guthrie et trois extraits du lo-fi et poignant Nebraska...Live/1975-1985 est une perfection absolue. On notera la présence de quelques inédits : Fire (issu des sessions 1978 de Darkness On The Edge Of Town, offert aux Pointer Sisters en 1979, et que le Boss proposera enfin en album studio en 2010 via The Promise, album d'inédits de 1978), l'instrumental Paradise By The ''C'' qui fait la part belle au saxophone, Seeds, une reprise du War d'Edwin Starr qui sortira en single promotionnel, et une reprise de Because The Night, morceau de Patti Smith qui fut co-écrit par Patti et Springsteen. On notera une cinquième face entièrement dédiée à l'album Darkness On The Edge Of Town (plus la chanson de Patti Smith datant de la même époque ; la version studio interprétée par le Boss se trouve sur The Promise), qui est incroyable. On notera un Spirit In The Night endiablé, un Independence Day sublime, un Tenth Avenue Freeze-Out génial... Définitivement, en fait, on notera TOUT. 

FACE A

Thunder Road

Adam Raised A Cain

Spirit In The Night

4th Of July, Asbury Park (Sandy)

FACE B

Paradise By The C

Fire

Growin' Up

It's Hard To Be A Saint In The City

FACE C

Backstreets

Rosalita (Come Out Tonight)

Raise Your Hand

FACE D

Hungry Heart

Two Hearts

Cadillac Ranch

You Can Look (But You Better Not Touch)

Independence Day

FACE E

Badlands

Because The Night

Candy's Room

Darkness On The Edge Of Town

Racing In The Street

FACE F

This Land Is Your Land

Nebraska

Johnny 99

Reason To Believe

FACE G

Born In The U.S.A.

Seeds

The River

FACE H

War

Darlington County

Workin' On The Highway

The Promised Land

FACE I

Cover Me

I'm On Fire

Bobby Jean

My Hometown

FACE J

Born To Run

No Surrender

Tenth Avenue Freeze-Out

Jersey Girl