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On dit souvent qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. En un sens, c'est pas plus mal pour cette nouvelle livraison Pearl Jamienne car je trouve l'artwork assez,... enfin bref ! L'album n'ests ensé sortir que lundi, mais par un hasard bienvenu l'album m'est parvenu aux oreilles cet après-midi. N'espérez pas une chronique détaillée et précise après ces deux écoutes furtives. Il s'agit plutôt là d'impressions fugaces et spontanées.

L'album semble avoir muri au cours de l'année 2008. Brendan O' Brien est toujours aux commandes, et le groupe est soudé comme rarement (Gossard et McCready font rugir les grattes comme il n'est pas permis), ce qui va se révéler tout au long du disque : un des plus simples en apparence, mais d'une efficacité devastatrice.

Dès le morceau d'ouverture, Gonna See My Friend, les choses sont claires : le groupe n'est pas là pour rigoler. Sur une trame très garage-rock, Cameron pilonne les lignes enemies avec force roulements mooniens. De toute évidence, Pearl Jam adresse ici un salut amical aux mecs de Mudhoney avec qui Ament et Gossard ont reformé Green River l'an dernier. Court, concis, le morceau donne le ton de l'album : 11 titres, 36 minutes, no bullshit.

L'intro volontaire de Got Some conforte l'auditeur avec un Cameron dopé aux stéroïdes et des guitares qui mordent comme il faut. Vedder est particulièrement en voix et semble avoir des comptes à regler avec un homme politique, mais lequel ? (Bush ? Obama ?). L'orientation pop "burnée" est toujours marquée, et ce morceau ferait un excellent single.

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The Fixer. Le voici justement ce premier single ! Assez déroutant au premier abord, il voit PJ fricoter du côté de la... new-wave ! En effet, ce morceau ne dépareillerait pas sur un album de certains groupes britanniques de la vague 2005 comme Bloc Party. Testé sur scène depuis le début du mois d'août, il parvient peu à peu à se frayer un chemin  dans le crâne.

Johnny Guitar remet l'affaire au niveau "rock ricain basique", et satisfait malgré un pont franchement moyen à 1min20... Toujours un morceau de moins de 3 minutes...

Just Breathe est une vraie respiration, cette très belle ballade acoustique sur les plaisirs simples et l'amour tout con semble anodine au premier abord, mais Vedder remporte le morceau grâce à sa sincérité. On est loin des splendeurs désolées de la B.O d'Into the Wild toutefois. A noter la présence de violons qui tirent l'affaire vers la pop la plus pure.

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Amongst The Waves est un morceau de Stone Gossard qui ne convainc pas vraiment. Pop encore une fois, mais raté... Plus qu'anecdotique, ça m'étonnerait que l'on l'entende souvent sur scène, celle-là... Presque 4 minutes, et on se surprend dèja à regarder le minuteur dès les 40 premières secondes, mauvais signe...

Unthought Known sollicite encore une fois des éléments un peu new-wave... C'est définitivement une orientation délibérée, foin des engagements politiques et de la sollenité. Pearl Jam a envie de choses simples... Et à l'écoute de ce titre, c'est justifié ! Encore une réussite à mettre à l'actif de Vedder.

Non, Supersonic n'est pas une reprise de qui-vous-savez ! Rock speedé propulsé par un duo Cameron-Ament à l'épreuve des balles. Riff légérement punkisant-garage, refrain réussi... Pont sympa tirant vers le métal à 1.25 min, solo biscornu, Cameron matraque sa caisse claire, on est en terrain connu et ça fait du bien !

Speed Of Sound n'est pas une reprise de qui-vous-savez ! (décidement...). Deception pour les premières écoutes... Vedder commet son seul faux-pas du disque. C'est mou du genou, et prêt à tapiner certaines radios selon moi.

Force Of Nature de McCready replace le curseur vers un rock mid-tempo solide et bienvenu (mais toujours très pop !). On ne nage pas en pleine originalité, mais bon qu'est ce qu'on en a à foutre ? Hein ?

L'ultime frisson vient de la merveilleuse chanson de fin, la bien-nommée The End (ce n'est pas une reprise de qui-vous-savez, héhé !). Proche des climats de la B.O d'Into the Wild, elle envoûte littéralement et referme de très belle façon cet effort qui, s'il ne saurait se classer tout de suite parmi les sommets du groupe, risque de laisser une trace positive dans leur carrière. Malgré deux-trois chansons en dessous du reste.

Critique complémentaire de ClashDoherty :

Sorti en 2009, Backspacer est à ce jour le dernier (et neuvième) album studio de Pearl Jam. Comme Leslie Barsonsec l'a dit plus haut, c'est un disque très court, même pas 36 minutes pour une onzaine de titres, dont certains, comme Leslie aussi l'a fait remarquer, plagient, au niveau de leurs noms, des chansons d'autres groupes (Supersonic, The End, Speed Of Sound). Avec sa pochette colorée, sorte de No Code animé, l'album avait la lourde tâche de succéder à la réussite de Pearl Jam, l'album précédent éponyme de 2006. Bilan absolument pas positif pour ce Backspacer franchement nul, que seul sa courte durée vient sauver du carnage intégral. Les chansons font entre 2,48 minutes et 4 minutes, on ne s'emmerde pas vraiment à l'écouter, mais le pire est qu'une fois l'album fini, on ne se souvient plus de ce qu'on a écouté !

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Backspacer, qui se vendra très bien (11ème place des ventes françaises, 1ère place en Australie, USA et Canada), est du niveau de Riot Act, mais musicalement proche de Vs ou Ten : moins prise de tête (selon Vedder), plus au feeling, plus simple, moins de solos de guitare et de recherche musicale. Le son est brut, l'album est court, speedé, aucun répit, malgré qu'il y ait des ballades dignes de figurer dans Into The Wild, comme Leslie l'a dit (The End, Just Breathe), mais ces chansons, pour jolies, sont aussi assez oubliables, du moins, elles ne percutent pas comme les classiques du groupe. Je ne vois, pour ma part, à l'exception peut-être de Just Breathe pour en citer une, aucune bonne chanson ici. Heureusement que je n'ai pas payé cher cet album ! Dommage de l'avoir acheté, aussi !

Backspacer ne plaira qu'aux fans ultimes de Pearl Jam, et même là, je suis sûr que la banalité des morceaux et la courte durée de l'album les décevra. En un mot, Backspacer est un ratage pour le groupe de Vedder. Franchement, après un album éponyme aussi bon, ça fait mal ! Mais en même temps, n'étant as fan, je préfère en rigoler, et me dire que depuis 1994, PJ n'est plus un bon groupe, à part leur sursaut de 2006...

  1. Gonna See My Friend (2:48)

  2. Got Some (3:02)

  3. The Fixer (2:57)

  4. Johnny Guitar (2:50)

  5. Just Breathe (3:35)

  6. Amongst The Waves (3:58)

  7. Unthought Known (4:08)

  8. Supersonic (2:39)

  9. Speed Of Sound (3:33)

  10. Force Of Nature (4:04)

  11. The End (2:57)