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Plusieurs bandes originales de films ont été faites, ou refaites, sur le blog depuis plusieurs mois. Des Tarantino en mars, des bandes originales de films d'horreur par la suite... En voici une qui, comme celle de La Fièvre Du Samedi Soir (mais dans un registre totalement différent !!) que j'ai également réabordé récemment, fait partie des albums m'ayant pas mal "accompagnés" durant mon enfance et une partie de mon adolescence, grâce au vinyle paternel, que j'ai toujours en ma possession, le même visuel que ci-dessus (je précise ça pour le lettrage du titre, qui selon les éditions, peut changer). Il est un peu patiné, il craquette un petit peu de temps en temps, mais il ne saute pas, n'est pas rayé, bref, compte tenu de son âge (mon père a vu le film en salles en 1976 et, comme à l'époque dans les cinémas c'était souvent possible, a acheté l'album de la bande-son sur place, en sortant), il est en excellent état. Hélas pour moi, la mention 'contains a poster' sur le recto de pochette a toujours été frustrante, je n'ai jamais vu ce poster, mon père l'avait sans doute, autrefois, mis au mur, et puis il a dû s'abimer, ou il l'a décroché et jeté... Mais c'est pas grave. Vous l'avez compris, on va parler de la bande-son de King Kong. La deuxième version, car tout le monde sait qu'il y à eu plusieurs versions de ce film. La version originale en 1933, un chef d'oeuvre absolu qui, malgré son âge, conserve totalement son charme. La version 1976 (celle-ci) où l'Empire State Building est remplacé par les tours jumelles du regretté World Trade Center, et qui comporte d'autres différences avec l'histoire originale (ce remake a eu droit à une suite épouvantable, un nanar monstrueux et oubliable), l'héroïne n'est plus une actrice mais une naufagée, on ne va plus sur l'île du Crâne pour y tourner un film mais pour chercher du pétrole... ; la version 2005 de Peter Jackson qui, un poil trop longue, reprend la trame et l'époque du premier film, et est techniquement sublime ; et un Kong : Skull Island assez moyen en, je crois, 2016 ou 2017. 

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La version 1976, réalisée par John Guillermin et interprétée par Jeff Bridges, Jessica Lange (dans son premier rôle) et Charles Grondin, est datée pour ce qui est des effets spéciaux (Kong est à la fois constitué d'un pantin, d'un bras mécanique et d'un torse géants, et d'un homme dans une tenue, selon les plans, et on voit bien les limites de l'époque, ça a mal vieilli), mais conserve un charme 70's absolument efficace, et reste un sacré bon petit moment de cinéma pop-corn sans prise de tête. Sa bande-son, signée du regretté (en disans ça, j'ai l'impression d'annoncer qu'il vient de mourir, mais il est mort en 2011, tout de même) John Barry, est sans doute la meilleure des différents films sur le gros singe amoureux de la belle blonde. Comme je l'ai dit, elle m'a accompagné longuement, avant même que je ne voie le film pour la première fois (comme, entre les années 80 et 90, et même jusqu'à maintenant, ce film n'est pas souvent diffusé, je ne l'ai vu que relativement tardivement ; enfin, je n'ai que peu de souvenirs de mon premier visionnage, s'il était dans les années 80 ou début 90 ; celui dont je me souviens, c'était ves la fin des années 90 ; depuis, je l'ai en DVD). Mais avant même de voir le film, je connaissais déjà bien son accompagnement musical, entièrement instrumental, et tour à tour charmant ou purement terrifiant.

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C'est charmant et même poétique dans des morceaux tels que Maybe My Luck Has Changed, Arthusa (un piano magnifique, cristallin), des morceaux comme Kong Hits The Big Apple ou Blackout In New York - How About Buying Me A Drink sont du pur accompagnement sans prise de tête, sans recherche, pour des passages relativement peu importants du film (pas des moments de suspense). En revanche, pour ce qui est de créer du suspense, John Barry, qui n'a jamais été aussi éloigné de ses musiques des films de la saga 007 qu'ici, sait y faire, clairement. Opening est un morceau menaçant, on sait bien en regardant un film comme King Kong que tôt ou tard un gros singe pas très commode va débouler et commencer à foutre la merde (mais comme on l'a souvent dit, et à raison, Kong nest pas un méchant ; on l'a retiré de son habitat naturel, on l'embarque pour un endroit qu'il ne connaît pas, il panique, cherche à s'enfuir, il sème le désordre compte tenu de sa panique et de sa taille, et on le tue, mais il n'a rien demandé à personne, c'est pas comme s'il avait décidé de venir à New York pour tout détruire), et ce morceau rempli de tension est super efficace. Impossible, surtout, de ne pas parler des 7 minutes de Sacrifice - Hail To The King, morceau qui, dans le film, couvre le passage de la première apparition de Kong. D'abord de la musique tribale, avec accompagnement discret et sournois, puis, à un moment donné, je ne sais jamais où précisément en ce qui concerne le minutage, un immense et terrifiant cri de singe enragé survient, dans le silence total...La première fois que j'ai entendu ça, enfant, je ne vous raconte pas ! Un des meilleurs morceaux d'une bande-son d'une durée correcte (une quarantaine de minutes, 13 titres ; version vinyle, en tout cas). A noter que l'agencement vinyle respecte le film : la face A, c'est tout ce qui se passe sur l'île, et la face B, ce qui se passe à New York dès l'arrivée du bateau transportant Kong. Comme, à ce moment dans le film, plus de la moitié du film est passée, c'est pareil pour l'album : la face A dure environ 24 minutes, et la face B, environ 16, bien plus courte. C'est certes un petit peu bancal en terme de répartition des morceaux sur les faces, mais la progression du film est respectée. Un album super réussi dans son genre, qui fonctionne pleinement séparément du film. En fait, la musique est même meilleure que le film, qui reste sympa, mais est daté, pas la meilleure version, même la moins bonne des trois (pour moi, Kong : Skull Island n'est pas vraiment une nouvelle version). 

FACE A

Opening

Maybe My Luck Has Changed

Arrival On The Island

Sacrifice - Hail To The King

Arthusa

Full Moon Domain - Beauty Is A Beast

Breakout To Captivity

FACE B

Incomprehensible Captivity

Kong Hits The Big Apple

Blackout In New York - How About Buying Me A Drink

Climb To Skull Island

The End Is A  Hand

Ending