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Après trois albums quasi irréprochables et un immense succès à la clé, Pearl Jam est devenu, avec Nirvana, le groupe grunge des années 90. Hélas, en 1994, Kurt Cobain se suicide et entraîne avec lui la fin ou presque du grunge. De son côté, la bande à Eddie Vedder veut afficher sa marginalité.
Ce qui a le don d'agacer certaines critiques musicales. C'est dans ce contexte que sort No Code en 1996, quatrième livraison du groupe américain. Leurs tendances anti-commerciales les rattrapent : les fans se plaignent du manque de concerts, dû à la bataille menée contre Ticketmaster.

Ensuite, le groupe refuse de promouvoir l’album à la télé (clip et interviews). No Code se vend à 367 000 exemplaires en une semaine, ce qui est faible par rapport au million de Vs. et surtout par rapport à Ten. Malgré cela c'est un des albums les plus vendus en 1996 et le groupe entreprend une tournée à travers l’Europe et les Etats-Unis, les billets étant vendus par un numéro vert.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que No Code divise les fans. En gros, il y a ceux qui adorent No Code et le considèrent comme le meilleur album de Pearl Jam, et ceux qui le considèrent comme un disque moyen, voire complètement raté.

Personnellement, j'appartiens à la première catégorie. Indéniablement, No Code reste le disque le plus étrange mais aussi le plus varié de Pearl Jam. Véritable fourre-tout musical, No Code porte magnifiquement son nom, à savoir cette volonté de casser et de ne suivre aucune ligne directrice. On navigue sans cesse entre du Pearl Jam à la sauce classique (l'excellent Hail Hail) et des morceaux à l'ambiance quasi tribale (In My Tree).
Oui, le concept est pour le moins casse gueule. Pourtant, curieusement, la magie opère encore et toujours.

Premier constat: No Code est rythmé par cette alternance entre des titres très calmes, l'image de cette introduction très réussie, Sometimes, et des morceaux beaucoup plus bourrins. J'ai déjà cité Hail, Hail mais comment ne pas évoquer Habit ou encore Lukin ?
L'album passe parfois par des balades superbes, très ifluencées par Bruce Springsteen (l'excellent Off He Goes), ainsi que par des morceaux encore une fois assez étranges. A ce titre, Present Tense constitue l'une des plus grandes réussites du disque.

 

Autre constat: la pochette est vraiment superbe. Il s'agit d'une série de clichés (150 au total). Certains de ses clichés sont présents en grand format à l'intérieur de la pochette du disque. No Code marque également une étape importante dans la discographie de Pearl Jam.
Cette fois-ci, les choses sont claires. Plus question de céder à la tendance commerciale et à la promotion via MTV, avec des titres ravageurs tels que Alive. Pearl Jam veut suivre son bonhomme de chemin tout en s'écartant des grands sponsors.

Paradoxalement, No Code marque aussi la fin d'une discographie de rêve. En effet, No Code est également la dernière grande livraison du groupe à Eddie Vedder, à l'exception de l'album éponyme, publié bien des années plus tard.
Après No Code, le groupe cherchera pendant longtemps un second souffle, avec des albums médiocres (Yield et Binaural), voire assez mitigés (Riot Act). Toujours est-il que No Code reste un album sincère, au concept encore une fois casse gueule, et qui nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. En tout cas, pour moi, il s'agit à ce jour du meilleur disque (en tout cas, le plus accompli et le plus culotté) de Pearl Jam. 

Critique complémentaire de ClashDoherty :

Comme l'a dit Eelsoliver, No Code, sorti en 1996 sous une pochette polaroïdaire à la Achtung Baby (U2), est un disque controversé. D'après ce que j'ai pu lire sur le Net, c'est l'album qui divise le plus les fans de Pearl Jam. Il y en à qui adorent, d'autres qui chient dessus. C'est un des albums qui s'est le plus vendu en 1996, malgré le fait que la bande à Vedder a refusé de promouvoir l'album à la TV (pas d'interviews, pas de clips), ce qui est toujours problématique quant au succès d'un album. De plus, peu de concerts, le groupe étant en brouille avec une société de vente de billets, qui fait des prix trop élevés pour Pearl Jam (le groupe estime qu'une place de concert ne devrait pas coûter trop cher).

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No Code est l'album à partir duquel je n'aime plus du tout Pearl Jam. Je n'aime que trois chansons ici (il y en à 13...) : Around The Bend, qui est superbe ; Off He Goes ; et Habit. Le reste m'emmerde au plus haut point, que ce soit Hail, Hail, Sometimes, Lukin ou Who You Are. Je ne comprend vraiment pas ce que les gens trouvent à cet album (ou plutôt, je comprend que ce soit un disque controversé, car il y en à qui ne l'aiment pas, et je comprend pourquoi) ! Une chanson comme I'm Open est tout simplement nullissime, je ne trouve pas d'autre terme qui convienne mieux. Le groupe, ici, se perd dans un rock tout sauf couillu, à mi-chemin entre ballades (Around The Bend) et énergie primale (Red Mosquito, Lukin). On dirait du Vs ou du Vitalogy à la sauce repos du guerrier, il n'y à aucune vraie recherche là-dedans.

Le pire ? Pearl Jam fera encore plus mauvais avec Yield et Binaural, deux grosses merdes musicales sans aucun intérêt. Mais ce No Code m'est vraiment insupportable. Si Vs m'avait plu, si Vitalogy pouvait, à la rigueur, me permettre, si le groupe avait poursuivi sur la même qualité, d'aimer le groupe, No Code m'a fermé ses portes, et je peux vous assurer que la clé est irrémédiablement perdue.   

Sometimes

Hail, Hail

Who You Are

In My Tree

Smile

Off He Goes

Habit

Red Mosquito

Lukin

Present Tense

Mankind

I'm Open

Around The Bend